Mouchetée et grise : L’effet des changements climatiques
Par Gord Ellis

Tout indique que notre climat évolue beaucoup plus rapidement que par le passé. Notre insatiable consommation de combustibles fossiles, combinée avec la déforestation à grande échelle et la pollution généralisée de l’eau, créent des conditions comme l’environnement terrestre n’en a jamais connu.

Pour ceux qui aiment bien les grands espaces sauvages et la pêche dans les plans d’eau fraîche, les changements climatiques et tout ce qu’ils entraînent, surtout sur les poissons, sont très troublants. Or, plusieurs chercheurs se penchent sur cette question.

David Schindler, a agi pendant entre 1970 et 1990 à titre de chercheur du Experimental Lakes Project de Pêche et Océans, situé à l’est de Kenora en Ontario. Il a constaté les effets du réchauffement climatique sur une série de plans d’eau fraîche dominés par le touladi : hausse de la température de l’eau de 2 ºC, déplacement de la thermocline, populations de touladis diminuant et celles de brochets augmentant, problèmes de reproduction chez le touladi. Depuis, la situation empire.

John Gunn, de la Cooperative Fresh Water Ecology Unit de l’Université Laurentian à Sudbury, s’inquiète de la hausse de la température de l’eau. Cela favorise l’invasion des plans d’eau à truite par des espèces de poissons d’eau chaude, comme l’achigan, et surtout affecte la reproduction des touladis. À cause de ce surplus de chaleur, le développement embryonnaire des œufs se fait très rapidement et on ne connaît vraiment pas les conséquences de ce phénomène.

Silvia D’Amelio œuvre au sein de Trout Unlimited Canada. Alors que la perte d’habitat et la surpêche continuent à affecter la mouchetée dans bien des régions, la biologiste affirme que le réchauffement climatique complique encore davantage l’aménagement des populations de truites et cite de nombreux exemples. Elle s’inquiète des longues périodes de sécheresse plus nombreuses et de leurs effets sur les populations de truites des estuaires des Grands Lacs.

Rob Mackereth, du Centre de recherche des écosystèmes forestiers nordiques de l’Université Lakehead à Thunder Bay, étudie les truites mouchetées dans de petites rivières d’eau fraîche. Il signale qu’avec les températures d’eau qui augmentent et les sécheresses plus fréquentes et sévères qu’avant, ces populations de truites pourraient chuter rapidement. Également, ce même manque d’eau combiné avec des températures très froides peut constituer des conditions très difficiles pour les truites et les autres espèces de poisson sous la glace hivernale.

 

Le dossier complet dans...