
Chevreuil : Le prendre au passage
Texte et photos Mark Raycroft
Il est bien connu que les mâles matures ne circulent pas autant que les autres cerfs dans les grands sentiers et préfèrent en employer de moins fréquentés qui courent en parallèle avec les «artères» majeures à une distance de 30 à 40 m. De cette façon, ils révèlent moins leur présence et, comme cette voie conserve moins d’odeurs que le sentier principal, ils réduisent les risques d’attirer les prédateurs.
Avant de tenter de repérer ces sentiers secrets, il faut comprendre ce qui motive ces grands mâles à aller d’un endroit à l’autre en étudiant où, pourquoi et quand ils se déplacent, et comment découvrir ces voies cachées. Pour ce faire, on doit exploiter tous les éléments visuels à notre disposition, comme les frottages, grattages et aires de repos. En assemblant ces indices tel un casse-tête, on peut résoudre le mystère des sentiers cachés de gros bucks et augmenter ses chances de succès.
Les groupes de femelles et les jeunes mâles empruntent souvent les mêmes sentiers entre leur aire de repos et le site nourricier matin et soir, mais c’est rarement le cas des mâles matures qui se nourrissent beaucoup durant la nuit avant le début du rut. Ils regagnent leur lieu de repos isolé à l’arrivée du jour et cette voie matinale différera souvent de celle empruntée plus tôt au début de la nuit.
Mis à part fuir le danger, les bucks ne se déplacent que pour se nourrir et lors des activités liées à l’accouplement. Au début de l’automne jusqu’en octobre, ils se concentrent sur la nourriture. Vers la fin d’octobre, leurs pensées se tournent de plus en plus vers les femelles et de moins en moins vers la nourriture. Ils commencent à voyager beaucoup plus et s’exposent en milieu ouvert durant les heures de la journée. C’est donc une excellente période pour être au poste non loin d’un de ces sentiers secrets de gros bucks.
Un appareil de surveillance est génial pour déterminer à quel moment de la journée un buck se déplace. À l’arrivée du rut, les mâles circuleront dans leurs sentiers secrets respectifs à toute heure de la journée. C’est le moment de faire comme eux, c’est-à-dire chasser sans relâche du lever au coucher du soleil durant le pic du rut en novembre.
Pour trouver ces fameux sentiers, la meilleure méthode consiste à d’abord trouver ceux empruntés par tous les cerfs du coin. Une fois qu’un sentier principal a été déniché, il faut observer à une trentaine de mètres de chaque côté pour déceler une voie parallèle beaucoup moins fréquentée. Il est judicieux de commencer par inspecter le côté où le terrain est plus bas que le sentier maître, surtout si la végétation y est plus dense. À mesure que l’automne avance, les routes secrètes des gros bucks deviennent plus évidentes grâce à leurs passages plus fréquents et à la présence de quelques grattages et frottages fraîchement pratiqués sur les arbres.
Également, il y aura plus de signes de frottages et grattages le long du sentier à l’approche d’une transition importante d’habitat, comme là où le sentier rejoint un champ ou une ligne de tension. Une fois trouvé ce point de traverse d’un habitat à l’autre, et surtout s’il y a une bonne concentration de signes d’un buck, il faut essayer de trouver le «poste frontalier».
Il s’agit souvent d’une petite éclaircie dans le couvert forestier, juste à l’intérieur de la ligne des arbres, où un mâle ou n’importe quel autre chevreuil s’arrête dans sa quête pour s’assurer que rien devant lui ne le menace avant de s’exposer. Ces postes frontaliers sont d’excellents emplacements pour installer une cache au sol ou un mirador.
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