
Orignal : À Matane et Dunière, les populations explosent
Texte et photos Ernie Wells
Les réserves fauniques de Matane et Dunière abritent des densités d’orignaux encore jamais vues au Québec. En 2007, elles ont été le théâtre d'une chasse dite de conservation, une grande première dans les annales de la chasse sportive aux gros gibiers dans notre province. Cette mesure préventive devra vraisemblablement se prolonger durant les huit prochaines saisons.
C’est à la suite des résultats de l'inventaire aérien effectué entre le 22 janvier et le 20 février 2007 dans les réserves fauniques de Matane et Dunière, qui ont stupéfié le biologiste responsable et les techniciens observateurs, que Faune Québec a sonné l'alarme. On a dénombré une densité de 47,6 orignaux aux 10 km2 (ou près de 5 orignaux par km2) dans Matane, et de 40,1 orignaux aux 10 km2 dans Dunière. On parle de populations estimées à 6010 bêtes dans Matane et à 2325 dans Dunière, et des densités les plus élevées jamais rapportées chez ce grand cervidé au Québec.
Selon le biologiste Jean Lamoureux, en pareille situation la densité des orignaux dépasse la capacité de support du terrain et les populations déclinent rapidement en raison de la destruction de leur habitat, car la végétation ainsi que différentes essences de feuillus et le sapin baumier sont surbroutés. De telles densités d’orignaux représentent également une menace en favorisant l'éclosion d'épidémies et de parasites.
Toujours selon le spécialiste, il est urgent de réduire les populations des deux réserves à une densité sécuritaire de 30 bêtes/10 km2 (ou 3 orignaux par km2), et cette réduction passe inévitablement par une chasse de conservation, dirigée vers la récolte de femelles adultes.
La chasse de conservation des orignaux dans les deux réserves de Matane et Dunière, qui a débuté à la fin de la saison 2007, se poursuivra donc jusqu'en 2015. Seulement dans Matane, la mission des chasseurs sera de prélever 650 orignaux (250 mâles et 400 femelles) en 2008, 800 orignaux (300 mâles et 500 femelles) en 2009 et 950 orignaux (350 mâles et 600 femelles) en 2010. Ce niveau de prélèvement demeurera en vigueur jusqu’à ce que les effets escomptés puissent être observés sur le cheptel, des analyses statistiques étant effectuées annuellement et un autre inventaire aérien devant être réalisé pour confirmer l’atteinte de l’objectif.
C’est par la diversification de l’offre de chasse que l’on entend atteindre les objectifs de récolte et de multiples forfaits spéciaux seront offerts.



