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Colletage : manipulez vos lièvres avec précaution
Colletage : manipulez vos lièvres avec précaution
17/12/2010 | Par . Ministère des Ressources naturelles et de la Faune

Alors que la saison du colletage du lièvre bat son plein, il est important de ne pas oublier que ces petits animaux peuvent être porteurs d’une maladie qui peut se transmettre à l’humain.

Qu’est-ce que la tularémie?

 La tularémie est une maladie infectieuse, causée par la bactérie Francisella tularensis, qui affecte surtout les lièvres mais également une centaine d'autres espèces de mammifères dont le castor, le rat musqué, certains poissons et certains oiseaux sauvages et domestiques. Le plus souvent, les lièvres sont contaminés par des tiques et en décèdent rapidement. Occasionnellement, des gens en sont atteints, la plupart du temps après avoir manipulé un lièvre infecté.

 

 Comment la reconnaître chez l'animal?

Souvent, les animaux atteints de tularémie ont un comportement anormal. Les lièvres peuvent devenir apathiques, se rouler en boule avec le poil hérissé et se laisser facilement approcher étant donné leur état de faiblesse avant de mourir. Leurs ganglions dans l'aine, sur le ventre, au niveau du cou et des aisselles sont enflés (bosses). Lors de l'éviscération, on note souvent que les organes ont augmenté de volume et peuvent présenter une multitude de petits points blancs de dimensions variables.

 

   

 

 

 

 

La multitude de petits points blancs de dimensions variables, comme on le voit sur ce foie, permet de reconnaître un animal atteint de tularémie.

 

Qui peut l'attraper?

Les chasseurs, les trappeurs et les personnes qui préparent le petit gibier pour le consommer sont plus à risque. Toutefois, une personne qui manipule, touche ou caresse un animal malade ou sa fourrure peut l'attraper. La tularémie est transmissible de l'animal à l'homme, mais n'est pas habituellement transmise d'une personne à une autre.

 

Comment la maladie se transmet-elle?

La maladie se transmet par contact direct (toucher) avec l'animal infecté, particulièrement si la personne a de petites plaies sur les mains. La contamination est également possible lorsqu'une personne inhale, ingère ou reçoit dans les yeux des poussières ou des gouttelettes contaminées. Plus rarement, la transmission peut survenir à la suite de la consommation de viande de gibier contaminée insuffisamment cuite ou d'eau contaminée ou encore, par une piqûre de tique.

Comment l'éviter?

 

Chasseurs, trappeurs

N'entrez pas en contact avec un animal qui a l'air malade.

Portez des gants de caoutchouc pour manipuler les animaux.

Mettez un tablier et portez un masque et des lunettes pour plus de protection lors des étapes de préparation de l'animal.

Humectez la fourrure avant l'éviscération pour diminuer la suspension de poussière et de poils fins dans l'air.

Lavez-vous immédiatement les mains et les bras (si manches courtes) en savonnant bien.

Enfin, lavez minutieusement le matériel ayant servi aux manipulations et désinfectez-le avec une solution d'eau de Javel (un volume d'eau de Javel pour neuf volumes d'eau), rincez-le et asséchez-le avant de le remiser.

 

Randonneurs, travailleurs en forêt, campeurs, résidents de chalets

Si vous voyez un petit animal sauvage mort ou vivant, principalement un lièvre, évitez de le toucher. Avertissez vos enfants : « Regardez, mais ne touchez pas! »

Il est également conseillé de se protéger contre les insectes piqueurs par l'utilisation d'insecticides contenant du DEET (concentration à 30 % pour les adultes, 3-6 % pour les enfants de plus de 3 ans, ne pas employer sur des enfants de moins de 3 ans) et de porter des manches longues et des pantalons lors de randonnées en forêt.

Faites bien cuire la viande de gibier (sans couleur rosée), puisqu'une telle cuisson détruit la bactérie responsable de cette maladie.

En forêt, n'utilisez que de l'eau embouteillée ou bouillie pendant cinq minutes, pour les besoins domestiques.

Évitez de nourrir les animaux domestiques avec les carcasses suspectes.

Signes et symptômes

Si dans les jours suivant un contact avec un lièvre, un autre animal sauvage ou une piqûre de tique vous avez des poussées de fièvre et des ganglions douloureux, vous devez consulter un médecin et mentionner cet événement.

Généralement, les symptômes débutent abruptement entre 2 et 5 jours (maximum 14 jours) après l'exposition à la bactérie : manifestations de fièvre importante, frissons, douleurs musculaires diffuses, fatigue. La maladie peut évoluer et se présenter sous une forme localisée telle qu'un ulcère sur la main ou des ganglions douloureux au coude et à l'aisselle. Plus rarement, les yeux et la gorge peuvent être atteints. Dans 20 % des cas, une éruption cutanée généralisée peut survenir. Des complications pulmonaires se produisent assez souvent, entraînant même à l'occasion le décès (1-2 % des cas).

 

Le traitement par antibiotique est recommandé.

Pour des renseignements supplémentaires concernant cette maladie, vous pouvez contacter le service Info-Santé du CLSC de votre secteur.

 

Si vous soupçonnez un animal d'être atteint de la tularémie, vous êtes prié de le signaler au bureau du Ministère - Secteur Faune le plus rapproché. S'il y a lieu, les agents de protection de la faune s'occuperont de faire autopsier les animaux suspects par les pathologistes qui collaborent au Centre québécois sur la santé des animaux sauvages (CQSAS).

 

 

 

 

 

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