En complĂ©ment Ă cet article, jâai pensĂ© vous en raconter un peu plus relativement Ă cette rĂ©colte. PremiĂšrement, lorsque jâai su quâon faisait un reportage de chasse Ă lâorignal Ă cette pourvoirie, jâai tout de suite fait des recherches pour connaĂźtre le potentiel de chasse de ce territoire. Jâai Ă©tĂ© agrĂ©ablement surpris de constater quâil se rĂ©coltait de superbes spĂ©cimens de plus de 50 pouces de panache Ă chaque annĂ©e. Ainsi, lorsquâon a demandĂ© les attentes du pourvoyeur face Ă notre reportage, je nâai pas Ă©tĂ© surpris de constater quâon avait comme mission de rĂ©colter un mĂąle dâau moins 40 pouces de panache. Jâai alors commencĂ© Ă rĂȘver dâun mĂąle dâexception au point que mon collĂšgue a commencĂ© Ă mâappeler avec une once dâironie Monsieur 53 pouces Ă chaque fois quâon se parlait au tĂ©lĂ©phone ou quâon se voyait. JâĂ©tais bien entendu trĂšs optimiste mais Serge de son cĂŽtĂ© me rappelait que lors dâun reportage, on ne peut pas risquer trop longtemps et que sans orignal de rĂ©coltĂ©, il nây avait tout simplement pas de reportage. Il avait raison mais quand on a la chance de chasser un territoire oĂč il est sensĂ© y avoir des beaux spĂ©cimens, maudit que câest tentĂ© dâĂ©tirer la sauce quand mĂȘme.
Lorsque nous sommes arrivĂ©s finalement sur notre territoire, le propriĂ©taire nous a confiĂ© quâun trĂšs trĂšs gros mĂąle rĂŽdait dans notre secteur. Jâai pris cela avec un gros grain de sel en me disant que câĂ©tait probablement ce quâil disait Ă tous ses clients au dĂ©but dâun voyage. Mille excuses Daniel!!! Nous avons dĂ©butĂ© notre chasse samedi le 1e octobre en aprĂšs-midi et dĂšs la premiĂšre sĂ©ance dâappel, un mĂąle sâest montrĂ© rĂ©ceptif mais sans nous donner une occasion de tir. Le mĂȘme scĂ©nario sâest reproduit le lendemain et le lundi matin suivant. Je peux vous dire quâaprĂšs avoir passĂ© si prĂšs Ă trois occasions de rĂ©colter notre mĂąle, rendu en aprĂšs-midi de ce fameux lundi 3 octobre, ma vision de la suite de ce reportage avait changĂ©. Je lâavoue.
En effet, je connais assez la chasse Ă lâorignal pour savoir que le vent peut tourner radicalement lors dâune semaine de chasse et lâaction rĂ©pĂ©tĂ©e peut faire place Ă un silence total en forĂȘt. MalgrĂ© que nous ayons eu de lâaction Ă chacune de non sĂ©ances dâappels, je savais pertinemment que chaque sĂ©ance non couronnĂ©e de succĂšs rendait de plus en plus complexe lâatteinte de lâobjectif ultime. En ce lundi aprĂšs-midi, la pression du reportage et de la rĂ©colte dâun trophĂ©e obligatoire venait de me rentrer de plein fouet dans le corps. Lorsque jâai entamĂ© mes appels, je savais que jâĂ©tais dans le meilleur endroit de notre territoire mais le vent ne semblait pas vouloir baisser dâintensitĂ© et cela me dĂ©cevait au point de penser que je perdais mon temps Ă cet endroit. Ainsi aprĂšs prĂšs dâune heure de vocalises, jâai dĂ©cidĂ© quâon changeait de place, question de tenter de dĂ©couvrir un endroit moins venteux et oĂč le call pourrait porter un peu plus loin. Câest ainsi que nous nous sommes dĂ©placĂ©s pour trouver un meilleur site qui me permettait de quadriller un autre secteur avec mes appels.
Le vent jouait tout de mĂȘme les trouble fĂȘte mais je ne pouvais maintenant rien y faire. Rendu Ă 18h00, câĂ©tait Ă cet endroit prĂ©cis que lâaction devait se passer. La suite de lâhistoire est relatĂ©e dans le rĂ©cit de Serge. Lâanimal sâest approchĂ© vers moi, charmĂ© par mes appels en ne flairant aucunement le piĂšge que je lui avais tendu. Lorsque je lâai aperçu la premiĂšre fois, il devait ĂȘtre Ă 250 pieds de moi. Je lâai visĂ© dans mon tĂ©lescope et jâaurais pu faire feu mais Ă©tant un archer avant tout, jâai dĂ©cidĂ© de le laisser approcher le plus prĂšs possible car il sâen venait dâun bon pas. Ce nâest que lorsquâil fut rendu Ă moins de 30 pieds de ma position et parfaitement parallĂšle Ă moi que jâai fait feu.
Ă ce moment, je savais que câĂ©tait mon plus gros buck Ă vie mais jamais je ne pensais quâil Ă©tait aussi imposant. GĂ©nĂ©ralement je ne crie pas aprĂšs la rĂ©colte dâun gibier mais cette fois-lĂ , ce fut trop fort pour moi. JâĂ©tais aux anges et une tonne de pression venait de tomber en mĂȘme temps que ce mĂąle. Je nâai pas pu savoir lâenvergure du panache le soir mĂȘme. En fait, gĂ©nĂ©ralement je traĂźne toujours un ruban Ă mesurer souple dâune longueur de⊠60 pouces mais Ă©tant un peu superstitieux, je lâavais laissĂ© au chalet comme pour conjurer le mauvais sort qui semblait selon moi sâacharner sur nous⊠Ce nâest donc que le lendemain matin que nous avons pu mesurer enfin le panache de notre orignal pour nous rendre compte quâil faisait plus de 60 pouces dâenvergure de panache. Ce fut lâeuphorie!

Mùle photographié quelques minutes aprÚs la récolte
AprĂšs les cris de joie, nous sommes revenus rapidement Ă la rĂ©alitĂ© car il nous a fallu descendre quartier par quartier ce mastodonte de 1040 livres Ă©viscĂ©rĂ©. Puisquâil avait Ă©tĂ© rĂ©coltĂ© en pleine forĂȘt au bout du lac Natakim, aucun VTT ne pouvait y accĂ©der. Ă lâaide dâun traĂźneau Animal Skidder et uniquement du jus de bras, lâexercice a pris toute la journĂ©e et la tĂȘte de ce trophĂ©e a mĂȘme sĂ©journĂ© en forĂȘt une journĂ©e de plus, Ă©tant totalement extĂ©nuĂ© dâun pareil effort dĂ©ployĂ©.
Avec un panache de 64,5 pouces dâenvergure, je sais que ce sera fort probablement le trophĂ©e de ma vie et je le savoure grandement! Alors que je termine ce texte, je viens de recevoir ma revue de dĂ©cembre/janvier et en le regardant trĂŽner sur la page couverture, je ne peux que rĂ©pĂ©ter pour la milliĂšme fois⊠Wow!


