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Orignal: Une récolte exceptionnelle au Québec
Orignal: Une récolte exceptionnelle au Québec
03/12/2011 | Par Louis Turbide
 Orignal: Une récolte exceptionnelle au Québec
Mùle 8,5 ans récolté à la pourvoirie Air Melançon le 3 octobre 2011. 64,5 pouces de panache.
Comme plusieurs d’entre vous le savent dĂ©jĂ , j’ai eu le privilĂšge de rĂ©colter cet automne au QuĂ©bec un mĂąle orignal au panache dĂ©mesurĂ©. Il figure d’ailleurs en page couverture de l’édition dĂ©cembre/janvier du magazine Sentier Chasse-PĂȘche. Vous pouvez aussi lire le rĂ©cit de ce voyage dans cette mĂȘme revue. Le texte est Ă©crit par mon collĂšgue et ami Serge Bricault qui m’accompagnait lors de cette expĂ©dition mĂ©morable Ă  la pourvoirie Air Melançon. 

 

En complĂ©ment Ă  cet article, j’ai pensĂ© vous en raconter un peu plus relativement Ă  cette rĂ©colte.  PremiĂšrement, lorsque j’ai su qu’on faisait un reportage de chasse Ă  l’orignal Ă  cette pourvoirie, j’ai tout de suite fait des recherches pour connaĂźtre le potentiel de chasse de ce territoire. J’ai Ă©tĂ©  agrĂ©ablement surpris de constater qu’il se rĂ©coltait de superbes spĂ©cimens de plus de 50 pouces de panache Ă  chaque annĂ©e. Ainsi, lorsqu’on a demandĂ© les attentes du pourvoyeur face Ă  notre reportage, je n’ai pas Ă©tĂ© surpris de constater qu’on avait comme mission de rĂ©colter un mĂąle d’au moins 40 pouces de panache. J’ai alors commencĂ© Ă  rĂȘver d’un mĂąle d’exception au point que mon collĂšgue a commencĂ© Ă  m’appeler avec une once d’ironie Monsieur 53 pouces Ă  chaque fois qu’on se parlait au tĂ©lĂ©phone ou qu’on se voyait. J’étais bien entendu trĂšs optimiste mais Serge de son cĂŽtĂ© me rappelait que lors d’un reportage, on ne peut pas risquer trop longtemps et que sans orignal de rĂ©coltĂ©, il n’y avait tout simplement pas de reportage. Il avait raison mais quand on a la chance de chasser un territoire oĂč il est sensĂ© y avoir des beaux spĂ©cimens, maudit que c’est tentĂ© d’étirer la sauce quand mĂȘme.

 

Lorsque nous sommes arrivĂ©s finalement sur notre territoire, le propriĂ©taire nous a confiĂ© qu’un trĂšs trĂšs gros mĂąle rĂŽdait dans notre secteur. J’ai pris cela avec un gros grain de sel en me disant que c’était probablement ce qu’il disait Ă  tous ses clients au dĂ©but d’un voyage. Mille excuses Daniel!!! Nous avons dĂ©butĂ© notre chasse samedi le 1e octobre en aprĂšs-midi et dĂšs la premiĂšre sĂ©ance d’appel, un mĂąle s’est montrĂ© rĂ©ceptif mais sans nous donner une occasion de tir. Le mĂȘme scĂ©nario s’est reproduit le lendemain et le lundi matin suivant. Je peux vous dire qu’aprĂšs avoir passĂ© si prĂšs Ă  trois occasions de rĂ©colter notre mĂąle, rendu en aprĂšs-midi de ce fameux lundi 3 octobre, ma vision de la suite de ce reportage avait changĂ©. Je l’avoue.

 

En effet, je connais assez la chasse Ă  l’orignal pour savoir que le vent peut tourner radicalement lors d’une semaine de chasse et l’action rĂ©pĂ©tĂ©e peut faire place Ă  un silence total en forĂȘt. MalgrĂ© que nous ayons eu de l’action Ă  chacune de non sĂ©ances d’appels, je savais pertinemment que chaque sĂ©ance non couronnĂ©e de succĂšs rendait de plus en plus  complexe l’atteinte de l’objectif ultime. En ce lundi aprĂšs-midi, la pression du reportage et de la rĂ©colte d’un trophĂ©e obligatoire venait de me rentrer de plein fouet dans le corps. Lorsque j’ai entamĂ© mes appels, je savais que j’étais dans le meilleur endroit de notre territoire mais le vent ne semblait pas vouloir baisser d’intensitĂ© et cela me dĂ©cevait au point de penser que je perdais mon temps Ă  cet endroit. Ainsi aprĂšs prĂšs d’une heure de vocalises, j’ai dĂ©cidĂ© qu’on changeait de place, question de tenter de dĂ©couvrir un endroit moins venteux et oĂč le call pourrait porter un peu plus loin. C’est ainsi que nous nous sommes dĂ©placĂ©s pour trouver un meilleur site qui  me permettait de quadriller un autre secteur avec mes appels.

 

Le vent jouait tout de mĂȘme les trouble fĂȘte mais je ne pouvais maintenant rien y faire. Rendu Ă  18h00, c’était Ă  cet endroit prĂ©cis que l’action devait se passer. La suite de l’histoire est relatĂ©e dans le rĂ©cit de Serge. L’animal s’est approchĂ© vers moi, charmĂ© par mes appels en ne flairant aucunement le piĂšge que je lui avais tendu. Lorsque je l’ai aperçu la premiĂšre fois, il devait ĂȘtre Ă  250 pieds de moi. Je l’ai visĂ© dans mon tĂ©lescope et j’aurais pu faire feu mais Ă©tant un archer avant tout, j’ai dĂ©cidĂ© de le laisser approcher le plus prĂšs possible car il s’en venait d’un bon pas. Ce n’est que lorsqu’il fut rendu Ă  moins de 30 pieds de ma position et parfaitement parallĂšle Ă  moi que j’ai fait feu.

 

À ce moment, je savais que c’était mon plus gros buck Ă  vie mais jamais je ne pensais qu’il Ă©tait aussi imposant.  GĂ©nĂ©ralement je ne crie pas aprĂšs la rĂ©colte d’un gibier mais cette fois-lĂ , ce fut trop fort pour moi. J’étais aux anges et une tonne de pression venait de tomber en mĂȘme temps que ce mĂąle.  Je n’ai pas pu savoir l’envergure du panache le soir mĂȘme. En fait, gĂ©nĂ©ralement je traĂźne toujours un ruban Ă  mesurer souple d’une longueur de
 60 pouces mais Ă©tant un peu superstitieux, je l’avais laissĂ© au chalet comme pour conjurer le mauvais sort qui semblait selon moi s’acharner sur nous
  Ce n’est donc que le lendemain matin que nous avons pu mesurer enfin le panache de notre orignal pour nous rendre compte qu’il faisait plus de 60 pouces d’envergure de panache. Ce fut l’euphorie!



 


















 

 

Mùle photographié quelques minutes aprÚs la récolte



AprĂšs les cris de joie, nous sommes revenus rapidement Ă  la rĂ©alitĂ© car il nous a fallu descendre quartier par quartier ce mastodonte de 1040 livres Ă©viscĂ©rĂ©. Puisqu’il avait Ă©tĂ© rĂ©coltĂ© en pleine forĂȘt au bout du lac Natakim, aucun VTT ne pouvait y accĂ©der. À l’aide d’un traĂźneau Animal Skidder et uniquement du jus de bras, l’exercice a pris toute la journĂ©e et la tĂȘte de ce trophĂ©e a mĂȘme sĂ©journĂ© en forĂȘt une journĂ©e de plus, Ă©tant totalement extĂ©nuĂ© d’un pareil effort dĂ©ployĂ©.  

 

Avec un panache de 64,5 pouces d’envergure, je sais que ce sera fort probablement le trophĂ©e de ma vie et je le savoure grandement! Alors que je termine ce texte, je viens de recevoir ma revue de dĂ©cembre/janvier et en le regardant trĂŽner sur la page couverture, je ne peux que rĂ©pĂ©ter pour la milliĂšme fois
 Wow!

 

 

Commentaires
Rémi Mercier | 29/11/2011
Félicitation Louis! Comme tu dis c'est la récolte d'une vie. Et c'est aussi la preuve qu'il y a encore des beaux spécimens au Quebec.
STEPHANE HENRICHON | 30/11/2011
À la lecture de ton texte Louis, je ressens tes Ă©motions vĂ©cu et la joie que ce trophĂ©e t'a procurer, ayant moi aussi vĂ©cu un reve cette annĂ©e comme tu le sais bien. Alors j'en profite pour te fĂ©liciter encore une fois, il est beau en ta ton buck, panache brun chocolat en plus! Wow.
Salut!
Stéphane Henrichon
Michel Sirois | 30/11/2011
Félicitation ! il est vraiment beau , comme tu dit c'est le reve d'une vie , je sais ce que tu doit ressentir , j'ai vécu un tel reve en 1998 , c'est formidable ! Bravo savoure ce moment , c'est le tient ...