Vendredi 4 septembre 2009. Après avoir gravi une première colline, le guide Tony qui marche devant nous aperçoit un caribou qui broute sur le flanc de colline opposé. Lorsque Daniel Lachapelle de St-Jacques-le-Mineur, gagnant du concours Chasse 2008, et moi-même arrivons à la hauteur du guide, nous commençons à scruter en direction de la bête à l’aide de nos jumelles. Il s’agit d’une très grosse femelle qui broute paisiblement tout en progressant lentement mais sûrement vers le sud. Daniel qui la trouve pas mal à son goût, puisque son plan de chasse de départ était de récolter un beau buck pour le trophée et une femelle pour la qualité de la viande, me demande d’évaluer la distance avec mon télémètre. Mon appareil m’indique 275 verges; un tir réalisable car Daniel bénéficie d’un excellent appui, mais tout de même risqué en raison des rafales de vents qui atteignent plus de 40 km/h par moments.
Finalement, la bête disparaît sur la crête de la colline et nous convenons de poursuivre notre route dans la direction prévue au départ. Après avoir descendu et remonté le vallon qui nous séparait du caribou aperçu précédemment, Tony et moi apercevons deux caribous de l’autre côté de la montagne. Toutefois, un léger mouvement plus à droite m’indique la présence d’un autre bête et la taille de son panache ne laisse aucun doute sur son identité…
Une vue d'une partie des habitations confortables du campement Frontière. Elles sont
fabriquées de panneaux de porte de garage, ce qui procure une excellente isolation
contre le froid.
Daniel, qui marchait plus bas sur le flanc de la colline ne peut apercevoir la scène et c’est grâce à nos petites radios bidirectionnelles que je lui indique la présence du gros «bull», comme les guides se plaisent à appeler les grands caribous mâles. Grâce à la présence de nombreux gros rochers, Daniel réussit à s’approcher sans mal à moins de 100 verges de son trophée. Le reste n’est que formalité, et après le tir la bête parcourt une cinquantaine de mètres avant de s’écrouler pour le compte. Les félicitations d’usage fusent de toutes parts et nous nous empressons d’aller admirer le beau buck de plus près
Cette récolte est non seulement satisfaisante pour Daniel, mais également pour moi, car j’ai réussi à croquer toute la scène sur vidéo. En effet, pour ce voyage de rêve on m’avait confié le double mandat d’immortaliser les meilleures moments, autant en photos qu'en vidéo, et les visiteurs de notre portail peuvent visionner les différentes séquences vidéo saisies lors du reportage, dont l’abattage de ce beau mâle (Reportage du camp Frontière).
Après les photos d’usage, le guide s’empresse de procéder à la découpe de la bête et nous propose de retourner à la chasse pendant qu’il transportera les quartiers vers l’embarcation. Nous acceptons son offre et nous revoilà partis en direction du sommet de la colline, histoire d’avoir une meilleure vue d’ensemble sur le panorama des environs. D’ailleurs, en peu de temps nous repérons plusieurs caribous à bonne distance, mais rien qui ne semble atteindre les proportions recherchées dans mon cas. Pendant que je continue à scruter l’horizon, Daniel m’avise qu’il va faire une petite marche en direction de la vallée pour jeter un coup d’œil là où nous avions aperçu la grosse femelle en début de journée.
Pow! À peine quelques minutes après que Daniel m’ait quitté, je sursaute en entendant un coup de feu unique. Le radio ne met que quelques secondes à s’animer et Daniel, la voix encore tout excitée, m’annonce que sa chasse est terminée et qu’il a un autre beau buck «à terre». Je m’empresse d’aller rejoindre l’heureux chasseur sur le petit plateau lui ayant servi de poste de tir, et c’est là qu’il m’explique qu'en arrivant au bout de la crête il a aperçu le buck qui marchait dans le creux de la coulée tout en broutant ici et là . En arrivant près de la bête, je félicite mon compagnon pour la qualité de son tir. En effet, le caribou atteint au cou a été foudroyé sur place. J’en profite alors pour aviser Tony par radio qu’un deuxième caribou devra être transporté au bateau...
Voici le 2e caribou récolté par le gagnant du voyage Daniel Lachapelle
Beaucoup de camps
Outre la qualité générale des installations, le très grand nombre de camps (50) disséminés pratiquement à la grandeur du territoire de migration des deux grands troupeaux de caribous circulant dans le grand nord représente certainement un des grands avantages de faire affaire avec le club Chambeaux. En fait, ce pourvoyeur est normalement en mesure de positionner ses chasseurs autant sur les voies de déplacement du troupeau de la rivière Aux feuilles que celui de la George.
Autre point à considérer, le fait que le propriétaire du club Chambeaux soit également propriétaire de la compagnie de transport aérien Air Saguenay facilite probablement la logistique quand vient le temps de déplacer des chasseurs d’un camp à l’autre faute de caribous… Une sécurité supplémentaire qui réduit les risques de revenir bredouille lorsque les migrations deviennent tout à fait imprévisibles, comme c’est désormais trop souvent le cas.
Le camp frontière
Heureusement, de notre côté le territoire du camp où nous avons eu la chance de chasser durant 6 jours était fréquenté par suffisamment de bêtes pour y réussir notre chasse. Toutefois, pas de grandes migrations durant notre séjour. En fait, nous avions plutôt l’impression de poursuivre des caribous résidents qui fréquentaient le secteur depuis un certain temps. Une chasse pas désagréable du tout qui demande beaucoup d’effort en termes de marche et de temps consacré, mais qui procure une grande satisfaction.
Le gagnant du voyage de rêve et l'auteur posant fièrement avec le mâle trophée récolté
par ce dernier dans les premiers moments du séjour.
Du côté des installations, rien à redire si ce n’est que tout était d’une propreté et d’un confort irréprochable si on tient compte du fait qu’on se retrouve à des centaines de kilomètres de la ville la plus proche. Les 6 camps formant le site donnaient sur un énorme plan d’eau (le lac Chapiteau) donnant lui-même accès à un immense territoire de chasse pouvant facilement accueillir jusqu’à 18 chasseurs à la fois sans se marcher sur les pieds. Sur la photo x, les deux habitations de droite pouvaient accueillir 6 clients chacun, le camp du centre était le bloc sanitaire, le suivant la cuisine et la salle à dîner, alors que les deux derniers permettaient de loger les guides et 6 autres chasseurs. Évidemment vous avez sûrement déduit qu’il s’agissait d’un camp destiné à accueillir les clients en plan américain, privilège dont mon invité Daniel Lachapelle et moi-même avons pu bénéficier lors du séjour. À ce chapitre, nourriture de bonne qualité et un guide pour deux chasseurs étaient inclus.
Le camp portait aussi très bien son nom (frontière) puisqu’il se situait à un peu plus de 160 km à l’est de Schefferville, tout près de la limite territoriale entre le Québec et le Labrador. Notre position bien à l’est de la rivière George nous plaçait en plein dans le territoire du troupeau du même nom.
Une chasse rapide… et de dernière minute
De mon côté, j’ai eu la chance de récolter un superbe mâle après seulement quelques heures de chasse. En effet, à peine descendu de l’avion de brousse à notre arrivée, notre guide nous a offert à notre grande surprise de partir immédiatement à la chasse. La hâte aidant, Daniel et moi n’avons pas été tellement difficiles à convaincre. Donc, en moins de deux nous avions enfilé nos habits de chasseurs et nous étions prêts à débuter notre recherche.
Au cours de leur semaine de chasse, l'auteur et son compagnon ont pu admirer plusieurs
femelles, veaux et jeunes mâles. Toutefois, les grands se faisaient beaucoup plus discrets.
Le guide avait choisi de commencer notre voyage en explorant le territoire situé derrière le campement. À la file indienne, dans l’ordre Tony, mon invité Daniel et moi-même progressions depuis quelques heures le long d’un interminable esker offrant une vue imprenable sur les basses terres environnantes lorsque j’aperçus trois caribous sur un grand plateau à bonne distance de notre position. Une rapide inspection à la jumelle nous permit de repérer un grand mâle au panache particulièrement impressionnant parmi les trois bêtes.
Après un court conciliabule, nous convenons d’une approche en parallèle, Daniel avec le guide et moi légèrement en retrait vers la droite. Après avoir traversé une grande zone humide, contourné un ruisseau et remonté vers le plateau, nous commençons à chercher les bêtes du regard à travers les obstacles rocheux et arbustifs typiques à ce genre de contrée. Daniel poursuit sa progression avec le guide vers les bêtes, pendant que je prends position à genou pour scruter l’horizon.
Tout à coup, après quelques minutes à observer les alentours, j’aperçois le grand mâle accompagné d’une femelle et d’un veau beaucoup plus à droite que prévu. Le trio semble marcher d’un bon pas en continuant de s’éloigner. Même s'il avait été convenu que Daniel allait avoir l’honneur de récolter le premier beau buck, le risque de voir la bête trophée disparaître sans même avoir fait feu m’oblige à prendre la décision de tenter ma chance.
Faute d’appui intéressant à courte distance, je prends position avec un genou par terre, en appuyant mon coude sur mon autre genou, et je mets la bête en joue en l’observant à travers ma lunette de visée. J’estime rapidement la distance entre 200 et 250 verges. En même temps, comme si la bête avait eu un mauvais présage elle s’arête, se tourne et regarde en ma direction. Je suis prêt et le coup part d’une manière instinctive. Horreur, la bête ne bronche pas d’un pouce; aucun doute, le tir à raté sa cible. Pris momentanément de panique, je me ressaisis rapidement et relève légèrement le croisillon du réticule sur l’épaule de la bête pour faire feu à nouveau. Cette fois le coup porte et la bête détale comme si elle venait de rencontrer le diable…
Mes compagnons me rejoignent et comme je ne suis pas sûr que mon tir était parfaitement placé nous décidons d’attendre un peu. Lorsque Tony décide que c’est le temps, nous nous dirigeons dans la direction de fuite du caribou et rapidement nous l’apercevons couché, mais la tête encore relevée. Pendant que mes compagnons attendent, je m’approche le plus possible et donne le coup de grâce à l’animal. Les cris de joie fusent de toutes parts, d’autant plus qu'en s’approchant de la bête elle semble gagner en volume à chaque pas…
Le tir était bas. Très bas même. En fait, la balle a passé sous le cœur pour ensuite fracasser le bas de l’épaule opposée, ce qui me fait dire que j’ai peut-être sous estimé un peu la distance de la bête; de toutes façons, tout est bien qui finit bien. Bon joueur, Daniel me félicite et se prête de bon cœur à l’interminable séance de photos qui suit; la contrepartie de devoir chasser en compagnie d’un rédacteur de magazine…
Après avoir essayé vainement de récolter un deuxième trophée durant le reste de la semaine, j’ai finalement décidé de mettre un terme à ma chasse lors du matin de la 5e journée. Le guide me laisse sur un autre esker situé de l’autre côté du lac, pendant que Daniel et Tony vont pêcher. Je conviens avec le guide que si jamais Dame chance me sourit, je l’aviserai par radio et il viendra me donner un coup de main pour sortir la bête. Après les salutations d’usage et les souhaits de bonne chance, je m’enfonce dans la broussaille. Avant de quitter en embarcation, Tony propose à Daniel d’effectuer quelques lancers de la berge, puisque le secteur semble propice. Et le guide a vu juste puisqu’au premier lancer Daniel est aux prises avec une belle grise.
Pendant ce temps, tout juste au moment où je débouche de la bande de forêt plus dense en bordure du lac, j’aperçois un caribou sur le dessus de la crête qui se met à descendre rapidement devant moi à un peu plus d’une centaine de mètres de distance. Il ne s’agit pas d’un gros buck, mais comme j’avais décidé de ne pas être trop difficile en cette fin de séjour, je prends immédiatement position à plat ventre et j’aligne le réticule de ma lunette sur la zone vitale de la cible mouvante. Comme je m’apprête à faire feu, il s’arrête parfaitement de profil…
Au moment où Tony met la main sur le touladi de Daniel, le coup de feu retentit et les faits sursauter… Il faut dire que ça fait moins de 5 minutes que je suis parti. Daniel et Tony viennent me rejoindre et ce dernier est bien heureux que ma chasse soit terminée et que la bête soit tombée à moins de 300 mètres du bateau…
Un peu de pêche, pour conclure…
Bien que le lac devant le campement offrait un grand potentiel pour la pêche, son immensité jumelée à la force des vents soulevant de grosses vagues durant toute la semaine nous ont beaucoup limité dans nos sorties de pêche. Malgré tout, vers la fin du séjour, à chaque fois que nous avons mouillé nos lignes à pêche nous avons connu beaucoup de succès. J’ai eu un plaisir fou à combattre des touladis de 2 à 3 kg avec la canne à mouche.
En plus de se mesurer au caribou, Daniel Lachapelle a pu croiser le fer avec les touladis du
grand nord.
Pour visualiser le complément vidéo de cet article cliquez sur le lien suivant: Reportage du camp Frontière
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