Depuis quelques semaines, une pĂ©tition circule sur internet pour encourager le gouvernement fĂ©dĂ©ral Ă modifier sa lĂ©gislation en matiĂšre de chasse Ă la sauvagine, en abolissant le rampage. Ce nâest pas dâhier que cette forme de chasse est fortement critiquĂ©e par une grande majoritĂ© de sauvaginiers du QuĂ©bec et pour cause. Des incidents malheureux reliĂ©s au rampage, il en survient Ă chaque annĂ©e. Nous en avons mĂȘme dĂ©noncĂ© un sur ce site cet automne, alors quâun chasseur avait Ă©tĂ© blessĂ© suite Ă la dĂ©charge de fusil dâun nouveau type de rampeur utilisant son vĂ©hicule pour approcher des camps dâoutardes (4 sauvaginiers victimes dâun tireur sans scrupule). En 2007, le guide de chasse Jocelyn LĂ©ger avait Ă©tĂ© moins chanceux en pareilles circonstances et il en avait payĂ© de sa vie. Que dire de plusâŠ
Je vous invite donc Ă lire attentivement ces recommandations proposĂ©es par le sauvaginier Marc Harvey qui a pris le pouls de bien des membres du forum de discussion Sauvaginiers du QuĂ©bec avant de dĂ©poser cette pĂ©tition. Celle-ci peut ĂȘtre signĂ©e jusquâau 11 fĂ©vrier prochain et un lien figure au bas de ce texte pour y accĂ©der. Monsieur Harvey aimerait bien recueillir au moins 500 signatures avant de lâacheminer au Ministre de lâEnvironnement et responsable du Service canadien de la faune.
Puisque nous sommes dans une sociĂ©tĂ© dĂ©mocratique, je vous invite aussi Ă donner votre opinion sur ce sujet en commentant ici-mĂȘme ce sujet et aussi en rĂ©pondant Ă la question sondage de la semaine qui traite aussi de ce sujet. Ne vous gĂȘnez surtout pas car chaque personne a le droit Ă son opinion mĂȘme sâil peut y avoir dâĂ©normes divergences de points de vue dans ce dossier.
Pétition
Québec, le 17e jour de décembre 2009
Monsieur Jim Prentice,
Ministre de lâEnvironnement et responsable
du Service canadien de la faune
HĂŽtel du gouvernement du Canada
Ottawa, Ontario
Nous sommes un groupe de chasseurs dâoiseaux migrateurs et nous voulons soumettre Ă votre attention un certain nombre de commentaires qui permettront de corriger des situations que nous trouvons inacceptables.
Pour nous prĂ©senter, je vous informe que nous sommes nombreux et que nous avons lâoccasion dâĂ©changer sur des forums de discussion par le biais des liens Ă©lectroniques, internet. En outre, nous pratiquons la chasse depuis plusieurs annĂ©es, et ce, plusieurs dizaines de fois par annĂ©e. Nous le faisons Ă©galement en respectant un code dâĂ©thique rigoureux qui peut se rĂ©sumer ainsi : nous respectons la PropriĂ©tĂ© privĂ©e, nous respectons les RĂšglements, nous respectons les Oiseaux et nous respectons la SĂ©curitĂ©. Ainsi, nous pouvons nous considĂ©rer comme des PROS.
Nous souhaitons amĂ©liorer la rĂ©colte des oiseaux migrateurs, notamment lâoie des neiges et la bernache, deux espĂšces actuellement en explosion dĂ©mographique et qui occasionnent dâimportants dommages aux rĂ©coltes des agriculteurs. Ces dommages se produisent autant pendant les migrations du printemps que de lâautomne. Nous vous prĂ©sentons des suggestions et nous avons la prĂ©tention de croire que ces avenues auront pour effet de rĂ©duire les dommages aux cultures, diminuer les pertes Ă©conomiques des agriculteurs en sauvegardant les cultures et en diminuant les sommes dâargent investies dans lâeffarouchage, mĂ©thode qui jusquâĂ maintenant sâest rĂ©vĂ©lĂ©e peu efficace.
Nous souhaitons que le gouvernement fĂ©dĂ©ral reprenne le contrĂŽle et la gestion de la chasse aux oiseaux migrateurs. Sous la pression de citadins soudainement Ă©tablis en campagne, de nombreuses municipalitĂ©s rurales au QuĂ©bec ont adoptĂ© des rĂšglements qui interdisent la dĂ©charge dâarme Ă feu considĂ©rĂ©e comme une nuisance publique. Cette rĂ©glementation a eu pour effet de voir affluer dans ces localitĂ©s des troupeaux dâoiseaux migrateurs qui sâempressent de causer des dommages aux cultures, entre autres Ă la luzerne, et lâagriculteur va devoir attendre deux ans avant de pouvoir rĂ©colter une plante fourragĂšre essentielle pour lâalimentation de ses bĂȘtes.
Le cas de la bernache risque de poser des problĂšmes de sĂ©curitĂ© dans les annĂ©es qui viennent. En effet, cet oiseau, dont le poids varie de trois Ă cinq kilos et parfois plus, peut devient agressif surtout envers les enfants. Dâailleurs, aux Ătats-Unis, la bernache a Ă©tĂ© dĂ©clarĂ©e oiseau nuisible au mĂȘme titre que la corneille. Au QuĂ©bec, la ville de Terrebonne est littĂ©ralement envahie par des troupeaux de bernaches. La chasse dans le milieu pĂ©ri urbain et Ă proximitĂ© des aires de villĂ©giature des citadins incite alors lâoiseau Ă retourner dans le milieu oĂč il peut le mieux se protĂ©ger : les cours dâeau et les abris naturels en bordure, oĂč il y a peu dâactivitĂ©s humaines.
Nous souhaitons Ă©galement que vous rĂ©tablissiez une exigence qui a Ă©tĂ© abolie en 1999, soit lâobligation dâinstaller une cache avec un minimum de 12 appelants dans un rayon de moins de 100 mĂštres de la cache. Lâabolition de cette obligation a rouvert la porte Ă une pratique ancestrale et dĂ©plorable que nous appelons le «rampage». Ainsi, un individu qui voit des oies ou des bernaches (des appelants ou de vĂ©ritables oiseaux) dans un champ pĂ©nĂštre, sans autorisation du propriĂ©taire, parfois avec un vĂ©hicule moteur, pour aller faire feu sur des animaux au repos ou en phase dâalimentation. Cette technique discutable de chasse a pour effet de disperser le troupeau dâoiseaux et ainsi disperser Ă tout vent le problĂšme. Encore plus dâagriculteurs sont confrontĂ©s aux dommages occasionnĂ©s par les oiseaux dans leurs champs.
Cette forme de chasse, qui nâest pas Ă©thique, engendre une foule de problĂšmes pour lâagriculteur, notamment par lâabandon de cartouches vides qui sont laissĂ©es sur place et qui entravent le travail de la machinerie agricole. De plus, des bourres de plastique sont Ă©galement laissĂ©es sur place, car ce chasseur «voleur» doit se sauver avant de se faire prendre par le propriĂ©taire. Les bourres seront souvent mangĂ©es par les animaux de ferme ou dâĂ©levage. Elles occasionneront divers problĂšmes digestifs pouvant entraĂźner la mort dâanimaux de grande valeur. Dans ce contexte, il est facile de comprendre que les agriculteurs ne sont pas prĂȘts Ă donner lâautorisation de chasser dans leurs champs mĂȘme Ă des gens qui se veulent honnĂȘtes et respectueux de la propriĂ©tĂ© dâautrui. En effet, le code dâĂ©thique nous oblige Ă rĂ©cupĂ©rer tous les dĂ©chets du site de chasse en mĂȘme temps que nous rĂ©coltons la totalitĂ© des oiseaux abattus.
Depuis deux ou trois ans, nous avons vu apparaĂźtre une nouvelle forme de «rampage». Des individus peu scrupuleux, Ă bord de leur voiture, utilisent des carabines pour faire feu en direction dâinstallation dâappelants utilisĂ©s pour attirer les oies ou les bernaches. Dâailleurs, un cas particuliĂšrement pĂ©nible est survenu, le 11 octobre 2007 dans la rĂ©gion du Bas-Saint-Laurent, plus prĂ©cisĂ©ment Ă Sainte-Flavie, alors que M. Jocelyn LĂ©ger, guide respectĂ© et talentueux, a Ă©tĂ© atteint dâune balle de carabine en pleine tĂȘte. Il est dĂ©cĂ©dĂ© sur le coup.
Le retour de lâobligation de la cache et des appelants en milieu agricole devrait inciter les «rampeux» Ă plus de courtoisie, notamment en demandant lâautorisation au propriĂ©taire avant de sâinstaller dans son champ. Lâabolition du rampage devrait ĂȘtre en tĂȘte de liste des correctifs Ă apporter Ă la rĂ©glementation sur la chasse aux oiseaux migrateurs.
La chasse de pourtour permet dâavoir une chasse productive. Cette technique prĂŽnĂ©e par le Service canadien de la faune est considĂ©rĂ©e comme Ă©tant la plus efficace. Nous pouvons vous dire que nous lâavons expĂ©rimentĂ©e. Dâailleurs, la prĂ©sence de deux ou trois chasseurs dans un champ pendant quelques heures a pour effet dâĂ©loigner le troupeau dâoies ou de bernaches pour plusieurs jours alors que lâutilisation de dispendieux Ă©quipements dâeffarouchage va Ă©loigner les oiseaux pendant quelques heures seulement.
Par ailleurs, si les autoritĂ©s acceptaient de mettre sur pied des programmes de sensibilisation et dâinformation sur les retombĂ©es positives de la chasse auprĂšs des agriculteurs, nous sommes convaincus que les associations et regroupements de chasseurs dâoiseaux migrateurs des diverses rĂ©gions du QuĂ©bec se feraient un plaisir de soutenir et dâencourager de telles campagnes. Les agriculteurs redĂ©couvriraient les bienfaits dâune chasse bien faite, capable de rĂ©duire le nombre dâoiseaux qui deviennent des prĂ©dateurs de leurs productions agricoles.
Par ailleurs, plusieurs petites communautĂ©s pourraient profiter du passage des oiseaux migrateurs pour en tirer un rĂ©el profit Ă©conomique. En plus des agriculteurs, les hĂŽteliers, les restaurateurs, les dĂ©panneurs, les commerces dâessences et les boutiques de sports profiteraient aussi du passage des chasseurs dans leur rĂ©gion.
Depuis quelques années, le nombre de candidats au cours canadien de sécurité dans le maniement des armes à feu est en croissance continuelle. Les moniteurs entendent réguliÚrement les doléances des proches de ces candidats sur le nombre restreint de sites accessibles pour pratique ce sport de plein air qui relÚve de nos traditions et de notre culture de coureurs des bois.
En conclusion, nous nous sommes passĂ© le mot, vous recevrez plusieurs de ces lettres. Elles veulent former une pĂ©tition virtuelle par le biais de lâinternet et nous vous demandons de bien vouloir prendre en considĂ©ration nos dolĂ©ances et Ă©tudier nos suggestions soit :
Compte tenu de lâexplosion dĂ©mographique des troupeaux dâoies des neiges et des bernaches et des dommages que ces oiseaux occasionnent aux cultures, nous demandons :
Que le gouvernement du Canada, dans le cadre des activités du Service canadien de la faune, reprenne en main le contrÎle et la gestion de la chasse aux oiseaux migrateurs au Québec ;
Que le Service canadien de la Faune sâengage dans une campagne de sensibilisation et dâinformation auprĂšs des agriculteurs sur les bienfaits de la chasse sportive aux oiseaux migrateurs responsables de la dĂ©gradation des cultures fourragĂšres ;
RĂ©introduire lâobligation de lâinstallation dâune cache avec un minimum de 12 appelants Ă moins de 100 mĂštres sur un site de chasse en milieu agricole ;
Nous souhaitons, Monsieur de ministre, que ces commentaires et suggestions pourront ĂȘtre acceptĂ©es et devenir rĂ©alitĂ© au cours des prochaines annĂ©es.
Nous vous remercions de lâattention consacrĂ©e Ă la prĂ©sente.
Pour pouvoir signer cette pétition, cliquer sur ce lien suivant :
http://www.petitionduweb.com/lettre_de_recommandation_pour_le_scf-5803.html



