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Suivi des populations de cerfs de Virginie et d’orignaux : les inventaires aĂ©riens
Suivi des populations de cerfs de Virginie et d’orignaux : les inventaires aĂ©riens
09/03/2012 | Par . MinistĂšre des Ressources naturelles et de la Faune
 Suivi des populations de cerfs de Virginie et d’orignaux : les inventaires aĂ©riens
Photo: MRNF, Marc Bélanger

Par Aurélie Renard[1] et Claude Daigle[2]

 

Bien gĂ©rer les populations et Ă©tablir le niveau de la rĂ©colte par la chasse sportive, c’est un autre dĂ©fi des gestionnaires de la grande faune au MRNF. Pour y arriver, on utilise les inventaires aĂ©riens pour estimer la taille des populations de grands mammifĂšres comme l’orignal, le cerf de Virginie et le caribou.

 

Deux mĂ©thodes permettent d’évaluer l’abondance des populations. La premiĂšre, dite mĂ©thode directe, utilise l'observation des animaux et comprend l'inventaire terrestre et aĂ©rien, oĂč l’on procĂšde en effectuant la capture, le marquage et la recapture ainsi que de l'imagerie infrarouge. La seconde, appelĂ©e mĂ©thode indirecte, quant Ă  elle, utilise des indices qui reflĂštent l'abondance des animaux tels que le dĂ©compte de crottins, les accidents routiers, les observations des chasseurs, les donnĂ©es de rĂ©colte et mĂȘme des simulations d'abondance Ă  l'aide de logiciels informatiques.

 

Une enquĂȘte rĂ©cente menĂ©e auprĂšs des responsables de la faune des territoires du nord-est de l’AmĂ©rique du Nord rĂ©vĂšle que trois mĂ©thodes sont normalement utilisĂ©es pour estimer l’abondance des populations de cervidĂ©s.

 

La premiĂšre mĂ©thode consiste Ă  cumuler les observations des chasseurs. Bien que cette mĂ©thode ne permette pas d'Ă©valuer le nombre d'animaux prĂ©sents dans les territoires, elle donne un aperçu fiable des tendances des populations. La seconde mĂ©thode se fait Ă  l'aide de logiciels informatiques et permet des simulations de populations. L’apprĂ©ciation qu’on peut en faire est variable tant de la part des spĂ©cialistes que du public.

 

Enfin, la derniĂšre mĂ©thode est l'inventaire aĂ©rien. Bien qu'elle dĂ©pende des conditions mĂ©tĂ©orologiques, cette mĂ©thode permet d'avoir un bon aperçu des densitĂ©s prĂ©sentes au moment de l’inventaire. Les donnĂ©es obtenues permettent aussi de rĂ©colter l’information sur le rapport des sexes et le recrutement pour l’orignal. Cette mĂ©thode, bien adaptĂ©e aux grands territoires souvent peu accessibles, caractĂ©ristiques du QuĂ©bec, est aussi la plus crĂ©dible tant auprĂšs des spĂ©cialistes de la faune que des citoyens. L’information ainsi recueillie, jumelĂ©e Ă  d’autres paramĂštres, permet d’évaluer la situation des populations et leurs tendances. Ces rĂ©sultats d’inventaires permettent entre autres de connaĂźtre le degrĂ© de conformitĂ© entre les objectifs relatifs aux populations Ă©tablis pour la zone et la densitĂ© sur le terrain.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Photo: MRNF, RĂ©mi Tardif

 

 

Déroulement des inventaires aériens

 

Les premiers inventaires des populations de cerfs et d'orignaux ont vu le jour il y a prÚs de 70 ans au Québec et étaient effectués à l'aide du décompte de crottins. Cette méthode utilisait notamment deux variables arbitraires, soit le taux de défécation quotidien et la période d'occupation du ravage.

 

Les inventaires aĂ©riens ont Ă©tĂ© rĂ©alisĂ©s pour la premiĂšre fois au QuĂ©bec au milieu des annĂ©es 1960 et des programmes d’inventaires aĂ©riens structurĂ©s ont Ă©tĂ© mis en place par le gouvernement du QuĂ©bec au cours des annĂ©es 1970.

 

Les inventaires aĂ©riens sont rĂ©alisĂ©s Ă  l’échelle des zones de chasse. L'ampleur du territoire analysĂ© ne permet pas une couverture totale de ce dernier. Afin de dĂ©nombrer les populations de cervidĂ©s, les gestionnaires ont donc recours Ă  des comptages partiels Ă  partir d'Ă©chantillons de la population.

 

La rĂ©partition des cervidĂ©s sur le territoire est trĂšs variable. Par consĂ©quent, il est nĂ©cessaire d'inventorier un grand nombre de parcelles afin d'obtenir une bonne estimation de la population. Quoique les mĂ©thodes d’inventaire soient propres Ă  chacune des espĂšces, les principes gĂ©nĂ©raux sont similaires.

 

La dĂ©marche associĂ©e aux inventaires d’orignaux

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Photo: MRNF, Benoit Langevin

 

 

Pour cette espĂšce, les inventaires se font l'hiver, quand la neige restreint les dĂ©placements de ces animaux et que l'absence de feuilles amĂ©liore la visibilitĂ©. Tout d'abord, tous les habitats potentiels doivent ĂȘtre rĂ©partis en parcelles-Ă©chantillons de 60 km2. Puis, un Ă©chantillon de 50 Ă  100 parcelles est sĂ©lectionnĂ© au hasard (figure 1). L’inventaire consiste, dans un premier temps, Ă  survoler la parcelle sur des lignes distantes de 500 mĂštres Ă  une altitude d’environ 150 mĂštres (figure 2). Cette Ă©tape permet de localiser les rĂ©seaux de pistes, lesquels seront par la suite survolĂ©s Ă  basse altitude jusqu’à ce que les orignaux soient localisĂ©s. Leur nombre, leur Ăąge et leur sexe peuvent alors ĂȘtre dĂ©terminĂ©s selon la taille corporelle des animaux. La prĂ©sence d'une tĂąche blanche au niveau de la vulve des femelles ou les bois des mĂąles lorsque ceux-ci sont encore prĂ©sents aident Ă©galement Ă  dĂ©terminer le sexe.

 

 

Figure 1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bien entendu, les inventaires comprennent une certaine dose d’imprĂ©cision. En effet, le dĂ©nombrement direct des populations animales dĂ©pend du taux de visibilitĂ© qui est lui-mĂȘme influencĂ© par le couvert forestier, les conditions mĂ©tĂ©orologiques, l'expĂ©rience des observateurs, etc. Bien encadrĂ©s au chapitre des conditions de vol, les inventaires aĂ©riens produisent des Ă©valuations de qualitĂ© comparables les unes aux autres qui permettent de prĂ©ciser les densitĂ©s de populations et leurs tendances.

 

Figure 2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Approche complémentaire

Les rĂ©sultats d’inventaire sont grandement utiles pour la gestion Ă  long terme des populations de cervidĂ©s. Ils sont utilisĂ©s dans les systĂšmes de suivi en complĂ©mentaritĂ© Ă  d’autres variables telles que la rĂ©colte, les donnĂ©es d'accidents routiers, l'Ăąge moyen des mĂąles et des femelles ou la rigueur de l’hiver. La figure 3 illustre un exemple de ce type d’analyse.

 

Les deux courbes prĂ©sentent l’évolution du nombre de cerfs mĂąles abattus Ă  la chasse et ceux victimes d’accidents routiers ainsi que les densitĂ©s de cerfs Ă©valuĂ©es lors de trois inventaires aĂ©riens. Le point reprĂ©sente la densitĂ© estimĂ©e, et les barres verticales, la prĂ©cision statistique de chacune des Ă©valuations. La figure dĂ©montre que la population de cerfs de ce territoire a atteint un sommet Ă  la fin des annĂ©es 1990 pour diminuer par la suite.

 


 
 
 
En se dotant de mĂ©thodes de mesure valides, on peut assurer une gestion efficace des cheptels. Ces donnĂ©es permettent ainsi d’adapter les modalitĂ©s de chasse dans le but d’atteindre les objectifs convenus dans les plans de gestion de chacune des zones de chasse. D’ailleurs, Ă  titre d’exemple, les rĂ©sultats du dernier inventaire en 2007 dans la zone 5 rĂ©vĂ©laient que la densitĂ© de cerfs se chiffrait, avant la chasse, Ă  11,5 cerfs par km2 d’habitat. Cette densitĂ© s’avĂšre plus Ă©levĂ©e que l’objectif de densitĂ© prĂ©vu dans le plan de gestion du cerf dans cette zone. 

[1] Vulgarisatrice scientifique pour le compte du ministÚre des Ressources naturelles et de la Faune du Québec (MRNF)

[2] Coordonnateur des inventaires aériens au MRNF

Commentaires
andre deguire | 14/05/2011
merci pour toute ce travaille , j'aimerais bien sa voir plus encord sur la population aujourd'ui , jai remarqué une baisse inportent dans les trois dernier année
Normand Hotte | 14/05/2011
Je suis certains que plusieurs Chasseurs et Chasseuses vont ĂȘtre trĂšs intĂ©ressĂ© de lirent les rĂ©sultats des ces inventaires.
Eric Santerre | 18/05/2011
M. Deguire, je vous invite à nous indiquer pour quelle région vous avez remarqué une diminution des populations et nous tenterons de répondre à vos interrogations
Yan chalifoux | 10/10/2011
Je chasse dans la (zone 11 est) et j'ai remarquĂ© que depuis deux ans une diminution des traces d'orignaux et ce dans une bonne partie de la zone . MĂȘme chose pour le chevreuil . Que ce passe t'il ? La maladie , les loups , la sur chasse ou la tempĂ©rature ? Je ne comprends plus rien car il y a quelques annĂ©es lors de l'ouverture de la zone pour la chasse a l'arc , les traces Ă©taient trĂšs prĂ©sente et le gros gibier visible . Dans mon coin de chasse j'ai constatĂ© qu'il y avait que deux femelles dans mon spot pas de mĂąle . Pendant deux semaine de chasse aucune nouvelle trace . Je m'inquiĂšte un peu !!!!
alexandre rousseau | 12/12/2011
Bonjour je suis chasseur depuis 19 ans j ai des amis chasseurs au 4 coins du QuĂ©bec et on arrive tous a la mĂȘme conclusion baisse drastique du cheptel de chevreuil....rien pour aider avec les permis cerf sans bois
a combien de cerf au kilomĂštre carrĂ© le gouvernement vas arrĂȘtĂ© l hĂ©moragie?...un chasseur pas trop fier de la gestion de nĂŽtre cerf de virginie
yvan Blier | 12/12/2011

Depuis trois ans depuis la derniĂšre grosse hiver ou beau-
de cerfs sont morts le déclin n'en fini plus.Dans la zone 7
sud Ă  la station d'enregistrement de Plessisville Ă  la fin de la
chasse Ă  l'arc on pouvait voir une baisse de 40 pour-cent
de la récolte est-ce normal.Est-ce que les chasseurs à L'arc
abandonne ce moyen de chasse pour se concentrer sur le
fusil ou lĂ  ils pourront aller chercher l'animal plus loin.Depuis
l'ajout du fusil dans la zone 7sud anciennement réservée à l'arc forte diminution de cerfs.Trop de permis
de femelles autorisée.????? Réponse S.V.P.
l
bernardin bourget | 13/12/2011
01 le chevreuil je parle de mon coin presque rien quelque femelles mais pas plus le chevreuil est plus abondant dans le bout de new richmond