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Un moulage d'assise (bedding) pour votre carabine (2)
Un moulage d'assise (bedding) pour votre carabine (2)
27/03/2011 | Par Jeannot Ruel

TEXTE RALPH COLGAN - PHOTOS JEANNOT RUEL

 

 

Dans l'article précédent, les principes de moulage d’assise d’une carabine ont été passés en revue, ainsi que les produits et outils nécessaires pour ce travail. Dans ce deuxième volet, l’auteur explique et illustre les étapes de réalisation d’un tel moulage.

 

 

Votre décision a été prise après différents essais de munitions différentes, et vous avez conclu que la précision de votre carabine gagnerait à ce que cette dernière subisse un travail de moulage d’assise. Vous disposez d’un espace de travail adéquat, ainsi que des produits et outils nécessaires, et vous êtes maintenant prêt à entreprendre le travail.

 

Préparation de la crosse

 

En premier lieu, vous retirerez les vis de retenue de l’action dans la crosse, puis en remettant le mécanisme en place, vous vérifierez si les trous de la crosse sont alignés à la perfection sur les orifices correspondants sous le boîtier de culasse. Pour cette vérification, il est important de s’assurer que la butée de recul soit bien repoussée à sa place de contact contre l’arrière de la mortaise correspondante dans la crosse. La plaque de pontet étant en place, vérifiez l’alignement des trous en regardant par le dessous de la crosse, en vous aidant d’une petite lampe au besoin. Si l’alignement des trous n’est pas bon, il est important de le corriger dès le départ en les agrandissant quelque peu à l’aide d’une perceuse.

 

Ceci fait, retirez le mécanisme de la crosse et placez-le dans un endroit sécuritaire où il ne risquera pas d’être endommagé. En second lieu, il faudra enrubanner les parties extérieures de la crosse avec du ruban adhésif (masking tape), pour les protéger des égratignures en cas d’un malencontreux glissement de l’outil Dremel lors du creusage du lit original (photo 1), et aussi pour empêcher les débordements de composé de moulage de venir altérer le fini original.

 

 

 

Le principe consiste à creuser légèrement toute la surface interne du lit du boîtier de culasse dans la crosse, sur une profondeur d’un peu plus de 1/32 po, pour faire place à une couche de composé de moulage de même épaisseur, de façon à ce que l’action puisse être assise au même niveau après l’opération. La meilleure façon de s’assurer que la hauteur d’assise du mécanisme demeure la même consiste à laisser au moins deux petits points d’appui du matériau original du lit de la crosse, un à l’avant et l’autre à l’arrière du boîtier de culasse. Le creusage du lit s’effectuera donc tout autour de ces deux petites «colonnes» d’appui. Personnellement, je garde un point d’appui original d’environ 1/8 po de largeur autour de chacun des trous des vis de retenue de la crosse (photo 2).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous pouvez dès le départ tracer au crayon marqueur la position des points d’appui original à conserver pour vous guider dans l’opération de creusage tout autour. De plus, lorsque les rebords supérieurs du lit original de la crosse présentent un bon ajustement sans interstices le long des parties métalliques, je trouve préférable de conserver ce bel ajustement en gardant une mince ligne de matériau orignal intact tout au long de ces rebords. Lors de l’opération de creusage du lit, j’arrête donc le rognage à environ 1/32 po sous la ligne supérieure de ces rebords.

 

Une extension flexible installée sur votre outil Dremel est indispensable pour pouvoir travailler à l’aise dans l’espace réduit du lit de la crosse. Installez une mèche ronde de rognage de 3/16 po sur l’extension et procédez au creusage du lit original à la profondeur nécessaire, en vous guidant sur les points d’appui originaux à conserver. La profondeur de creusage mentionnée plus haut est nécessaire pour laisser place à une épaisseur suffisante de composé de moulage et pour permettre à ce dernier de bien s’étendre.

 

Vous pouvez étendre le creusage du lit jusqu’à environ 1 1/2 po devant la mortaise de la butée de recul pour que la toute première portion du canon puisse aussi être assise sur le composé de moulage. Ceci assurera à cette portion un appui solide et stable, surtout si vous possédez un canon long et/ou surdimensionné. Plus les dimensions du canon sont augmentées, plus la tension de son poids se fera sentir au niveau du boîtier de culasse. Autrement dit, l’action a tendance à «faire la banane» sous cette tension, et c’est pour éviter cet effet que je trouve préférable de mouler une section d’appui sous la portion arrière du canon, à l’avant de la butée de recul, quitte à l’enlever par la suite si non désirée.

 

Au niveau de la paroi arrière de la mortaise de recul, il est également important de conserver un point d’appui original, afin que l’action puisse se replacer exactement dans la même position longitudinale dans la crosse lors de l’opération de moulage. Pour ce faire, on gardera intacte une petite section d’environ 1/8 po de largeur au centre de la paroi arrière de la mortaise et on creusera une cavité de chaque côté de ce point d’appui sur toute la largeur et toute la profondeur de la mortaise. Ces cavités devraient être enfoncées d’au moins 1/8 à 3/16 po vers l’arrière pour permettre au moulage subséquent d’avoir une épaisseur raisonnable et offrir ainsi à la butée de recul un appui solide.

 

Après ce creusage primaire, toujours à l’aide de l’outil Dremel, percez de multiples petites cavités peu profondes tout au long du lit du boîtier de culasse, ainsi que dans la portion de 1 1/2 po à l’avant de la mortaise de recul (photo 2). Ces cavités permettront au composé de moulage d’avoir une adhésion plus solide dans le lit la crosse, la couche représentant ainsi une espèce de «semelle à crampons». Il faut faire très attention lors du creusage de ces cavités près des rebords supérieurs de la crosse de ne pas passer droit ou de défoncer de part en part.

 

La dernière étape de préparation de la crosse consiste à pratiquer à l’arrière de la vis de retenue antérieure une «saignée Â» vers le puits interne du magasin pour permettre au surplus de résine de s’écouler vers l’intérieur de la crosse lors du moulage. Après durcissement, cet écoulement de surplus pourra être facilement rogné au Dremel ou tranché au couteau X-Acto.

 

Préparation du mécanisme

 

Dans le cas d’une arme déjà montée d’une lunette de visée, il est préférable de désassembler celle-ci ainsi que la monture, ce qui vous facilitera la manipulation des composantes et vous donnera une meilleure vue d’ensemble lors du moulage. Si vos connaissances et vos habiletés sont développées et que vous disposez des outils nécessaires, enlevez complètement la batterie de détente sous le boîtier de culasse (photo 3), pour éviter la possibilité d’introduction fâcheuse de résine à l’intérieur. Assurez-vous alors de bien identifier les pièces et de les ranger dans un endroit sûr. Si vous optez pour garder la détente en place, enrobez-la de ruban à masquer, en vous assurant de la rendre bien hermétique.

 

Enlevez le magasin, dans le cas où il est détachable; dans le cas d’un magasin non amovible, enlevez le caisson métallique qui est inséré en dessous du mécanisme. Il est aussi préférable de désassembler le ressort de la plaque de pontet basculante pour qu’il ne puisse avoir de contact avec la résine lors de l’évacuation du surplus vers le puits du magasin.

 

Une fois le mécanisme bien démonté, insérez de la pâte à modeler dans tous les orifices des parties métalliques qui seraient susceptibles d’être remplis par le composé de résine lors du moulage (photo 4). Cette étape est très importante, car si la résine époxyde s’introduisait dans des orifices du boîtier de culasse, il en résulterait ni plus ni moins que des tenons de retenue qui rendraient très difficile le désassemblage de l’action et de la crosse après durcissement du moulage. Lissez bien la surface de vos «bouchons» de pâte à modeler à affleurement avec la surface du métal.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le bon alignement du canon dans la crosse est primordial pour ne pas avoir à enlever plus de matériel sur un côté que sur l’autre lors du dégagement subséquent du canal du canon. Pour s’assurer cet alignement, on peut enrubanner le canon d’une certaine épaisseur de ruban à masquer pour augmenter quelque peu son diamètre, afin que celui-ci soit en contact serré dans son canal de la crosse (voir photo d'ouverture); de cette façon, le boîtier de culasse ne pourra faire autrement que d’être parfaitement aligné dans le bon axe lors du moulage.

 

Avant le moulage, certains appliquent une ou deux épaisseurs de ruban adhésif sur le dessous, les côtés et l’avant de la butée de recul, ce qui permet de garder automatiquement un petit jeu lors du moulage des parties correspondantes de la mortaise de la crosse et d’éliminer l’étape subséquente de dégager ces parties après durcissement du moulage. Dans un tel cas, il faudra vérifier si la butée ainsi épaissie pénètre facilement dans la mortaise de la crosse, et au besoin, utiliser une mèche de rognage droite sur le Dremel pour dégager des espaces correspondants dans cette mortaise. Il est également recommandable d'introduire temporairement l'action dans la crosse et d'appliquer des lisières de ruban à masquer sur les parties métalliques qui viennent à affleurement des rebords supérieurs du lit du boîtier de culasse, cette précaution facilitant de beaucoup le nettoyage des débordements de résine après le moulage.

 

Essuyez le mécanisme au complet en prévision de l’application du produit anti-adhésion (Release Agent), ce produit empêchant le métal de se souder avec l’époxy lors du moulage. Utilisez un petit pinceau pour appliquer le plus également possible une première couche de ce produit liquide sur toutes les parties métalliques qui risquent d’être en contact avec le composé de moulage (photo 5), en considérant les parties possiblement touchées par les débordements et incluant les parties recouvertes de ruban à masquer ou de pâte à modeler. Attendez une quinzaine de minutes, puis appliquez une deuxième couche. Il est important de ne pas oublier d’appliquer le produit anti-adhésion sur la longueur totale des vis de retenue de l’action, ainsi que dans les orifices de ces vis sous le boîtier de culasse.

 

En étape finale de préparation du mécanisme, il faudra trouver des vis d’une bonne longueur (3 ou 4 po) de la même grosseur et du même pas de filet que les vis originales de retenue de la crosse. Coupez la tête de ces vis au moyen d’une scie à fer pour qu’elles aient le champ libre de passer dans les trous de la crosse et entourez-en la tige de quelques épaisseurs de ruban gommé afin que leur diamètre convienne parfaitement aux trous de la crosse, ceci assurant un alignement parfait lors de l'introduction de l'action dans la crosse pour le moulage. Appliquez le produit anti-adhésion sur les filets et la tige de vos vis, puis insérez et vissez ces dernières dans les orifices de l’action.

Application du produit et moulage

 

Dans l’intervalle de 15 minutes de la dernière application de produit anti-adhésion, le moment est venu de mélanger le composé de moulage. Si vous avez choisi l’emballage pré-mesuré, la teinte désirée y sera déjà incorporée et vous n’aurez qu’à retirer le séparateur qui divise les deux côtés de l’emballage et à bien mélanger pendant environ trois à cinq minutes, ou jusqu’à ce que le mélange soit homogène (photo 6). Coupez l’emballage et vous êtes prêt à appliquer la résine mélangée. Pour les autres types de résine, le mélange se fera toujours dans la proportion de 1 pour 1 à moins d’avis contraire (lire les instructions fournies). Au bout de deux minutes de mélange, il faudra ajouter la teinture désirée avant de continuer le mélange pendant deux ou trois minutes supplémentaires. Une très petite quantité de teinture (une goutte au bout d’une aiguille) suffit habituellement pour marier la couleur du mélange à la teinte du bois de noyer ou à celle d’un matériau synthétique gris charbon.

 

 

 

 

 

N’oubliez pas que le produit commence à durcir en 20 minutes, donc vous avez environ 15 minutes pour l’appliquer facilement. Commencez l’application avec un bâtonnet à café en partant de l’avant vers l’arrière (photo 7), car l’épaisseur qu’il y aura à mettre dans la mortaise de la butée de recul est plus facile à appliquer lorsque le mélange est frais. Dans cette cavité, il est important de ne pas négliger l’épaisseur du composé en tapotant dessus pour être sûr qu’il s’introduit dans tous les petits recoins, et surtout qu’il n’y est pas de bulles d’air dans votre mélange.

 

Étendre le mélange sur une bonne épaisseur sur toute la surface du lit d’assise que vous avez préparée, car l’excédent ressortira de toutes façons par les côtés et par la saignée inférieure si vous avez excédé la dose; je préfère avoir un surplus de composé que d’en manquer et obtenir un moulage non uniforme. Une fois le mélange bien étendu partout, de l’arrière jusqu’à environ 1 1/2 po devant la mortaise de recul, introduisez doucement le mécanisme dans son lit, en vous guidant sur l’insertion des longues vis artisanales dans les trous de la crosse. Vous remarquerez probablement un débordement du mélange de chaque côté de la crosse, mais pour l’instant ce n’est pas grave.

 

Comme mentionné l'article précédent, certains se contentent d’enserrer l’action dans la crosse en attachant les deux composantes avec des bandes élastiques du genre tube chirurgical, mais je préfère plutôt me servir des vis originales d’assemblage pour assurer un enserrage plus précis. Enlevez les deux vis artisanales qui ont servi de guide d’introduction (dévissez-les en enserrant leur longueur excédentaire avec une pince) et remplacez-les par les vis originales préalablement recouvertes de produit anti-adhésion. Serrez ces vis de façon égale jusqu’à obtention d’une légère pression, soit tout juste suffisamment pour que le composé de moulage ait envie de ressortir sur les côtés, et non pas aussi fermement que vous l’auriez fait lors d’un serrage avant un tir. Enlevez ensuite grossièrement les débordements de résine avec un essuie-tout et de l’alcool à friction, lissez les rebords de finition avec des cure-oreilles aussi humectés d’alcool et le tour est joué (photo 8).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Temps d’attente et démontage

 

Plusieurs armuriers ont leur petite idée sur le temps requis avant de démouler le montage. Certains vous diront environ quatre heures ou un peu plus; la compagnie Brownells suggère pour sa part 10 heures. Depuis le temps, j’ai essayé plusieurs formules pour en venir à la conclusion qu’un temps de prise de 7 à 8 heures à la température de la pièce (environ 20o C) m’apparaît adéquat. Un temps plus court peut vous causer des maux de tête lors du démoulage, car si la résine n’a pas une assez bonne emprise dans la crosse elle se décollera et suivra le mécanisme, tout étant alors à recommencer. En plus, une attente d’environ 7 heures vous permettra de faire immédiatement une partie du travail complémentaire qui consiste à enlever les surplus de composé qui se retrouvent à l’intérieur de la crosse. En effet, la dureté du moulage (semi-solide) est alors parfaite pour permettre les coupes de rognage final au couteau X-Acto, ce qui est plus précis et moins risqué que le rognage à l’outil Dremel.

 

Pour le démontage, retirez les vis de retenue de l’action et essayez de séparer l’action de la crosse en insérant un bout de goujon de bois de 5/8 po à la place du verrou, et avec une force constante, faites des mouvements de torsion vers le haut et vers le bas en alternance pour décoller le moulage. Si celui-ci ne veut rien entendre, réintroduisez vos longues vis sans tête, retournez le tout la tête en bas et frappez doucement sur l’extrémité des vis artisanales avec un marteau (photo 9), tout en appuyant le devant et l’arrière de la crosse sur des pièces de bois recouvertes d’un bout de tapis ou de caoutchouc pour ne pas l’endommager. Aussitôt le moulage décollé, arrêtez tout et utilisez le goujon de bois introduit dans le boîtier de culasse comme mentionné plus haut pour la sortie finale de l'action (photo 10).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec le couteau X-Acto enlevez tout surplus de composé de moulage sur ou dans la crosse et laissez durcir le tout pendant environ 48 heures. Entre temps, vous pourrez retirer les bandelettes de protection de ruban masqué et utiliser un petit grattoir de plastique pour enlever les filets de composé qui auraient pu adhérer au métal; vous pourrez aussi enlever la pâte à modeler, ainsi que la couche de produit anti-adhésion à l’aide d’un chiffon humecté d’eau chaude.

 

Après durcissement

 

Une fois le moulage bien durci, si on n’a pas préalablement opté pour le recouvrement de la butée de recul avec du ruban à masquer, l’outil Dremel est une fois de plus appelé en renfort pour effectuer le dégagement nécessaire de la mortaise (photo 11). Il est très important d’enlever une épaisseur d’environ 1/32 po ou un peu plus sur les côtés, le devant et le dessous de la mortaise, afin que la butée ne s’y appuie que sur la paroi arrière. Cette dernière partie ne doit être aucunement touchée, car la butée doit s’appuyer à la perfection contre le moulage de résine.

 

Lors du moulage, l’introduction et le serrage partiel des vis de retenue repousse souvent une petite motte d’époxy au fond des orifices correspondants du boîtier de culasse, et après durcissement complet (au moins 24 heures) il est important de dégager ces surplus, surtout dans l’orifice de la vis antérieure où la petite motte se retrouve à l’intérieur de la mortaise du tenon de verrouillage de la culasse. L’utilisation d’un petit poinçon introduit par le dessous de l’orifice du boîtier de culasse suffit pour faire sauter et retirer ce petit bouchon sec.

 

Avec une perceuse, agrandissez finalement d’au moins 1/32 po les trous de la crosse qui laissent passer les vis de retenue. Ces trous doivent avoir un certain jeu pour que les vis ne puissent pas faire contact latéral avec le matériau de la crosse. Rappelons que le seul contact longitudinal qui doit exister entre l’action et la crosse est celui de la butée de recul contre la paroi arrière de sa mortaise. Autrement, il en résultera de mauvaises vibrations et votre carabine ne tirera pas bien à coup sûr, moulage d’assise ou pas. Rognez les bavures de moulage qui pourraient entraver le remontage du magasin et de la batterie de détente, puis assemblez les composantes au complet pour vérifier si tout fonctionne bien.

 

Dégagement du canon

 

Malgré l’enrobage de ruban à masquer sur le canon lors du moulage, celui-ci n'aura pas été automatiquement dégagé d’un espace suffisant pour assurer une condition de canon flottant, et si cette condition est désirée il faudra procéder au dégagement du lit du canon dans le fût en étape finale pour que la carabine soit au meilleur de sa forme.

 

Pour ce faire, vous recouvrirez la partie extérieure du fût avec un ruban à masquer pour éviter de l’endommager au cours de l’opération. Utilisez un bout de tube de métal ou de goujon de bois recouvert de papier abrasif, le tout au diamètre de l’agrandissement désiré du canal, et par un mouvement de va-et-vient, sablez le canal sur toute la longueur du fût (photo 12). Vérifiez souvent la progression du travail en remettant le mécanisme dans la crosse et en passant un billet de banque replié sur lui-même en dessous du canon; il faudra sabler jusqu’à ce que ce billet de banque passe librement d’un bout à l’autre (jusqu’au début du moulage à 1 1/2 po devant la butée de recul). S’il s’agit d’une crosse de bois, une fois l’opération terminée il est très important d’appliquer deux ou trois couches de vernis clair dans le canal du fût pour imperméabiliser le bois.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vous êtes dès lors prêt à faire le test ultime au champ de tir. Vous devriez obtenir ainsi une carabine dont la transmission de vibrations entre le canon, l’action et la crosse sera beaucoup plus égale et harmonieuse, d’autant plus que la stabilité d’assise devrait vous éviter les changements de point d’impact suite aux variations de taux d’humidité.

Conseils et petits trucs

 

Bien sûr le travail terminé, il est intriguant de savoir si notre assise est réussie et il existe deux façons de vérifier le travail. La première consiste à mettre la carabine debout sur le coussin de recul et à entourer de votre main le canon et le fût en même temps et que vous desserrez la vis antérieure de retenue de l’action. Il est important de simplement relâcher légèrement la tension et de vérifier avec votre main si le canon a tendance à se séparer de la crosse. Si aucun mouvement n’est perceptible, le travail a été effectué à la perfection, et même dans le cas contraire, cela ne veut pas dire que votre arme ne sera pas précise.

 

L’autre façon est de tout simplement tirer quelques groupements et de remarquer les changements avant et après le moulage. Probablement que vos tests avec différentes munitions seront à recommencer, car les vibrations auront été modifiées. Tout en effectuant vos groupements, vérifiez de temps à autre si les vis de retenue de l’action ne se desserrent pas lors du tir. Si après quelques vérifications, elles n’ont toujours pas bougé, il ne sera plus nécessaire de les vérifier plus longtemps.

 

Advenant le cas où vous auriez omis d’enduire certaines parties de l’action de produit anti-adhésion et que celle-ci n’a pas voulu se démouler avec la façon mentionnée auparavant, le truc que je vous donne ne doit être utilisé qu’en dernier recours. Il s’agit d’introduire la carabine sans télescope dans le congélateur pendant quelques heures pour laisser le temps aux particules de congeler. Par la suite, retournez l’arme la tête en bas et avec un marteau de caoutchouc, frappez sur le canon juste au bout du fût avec de bons coups, et ce en soutenant la carabine par la crosse; idéalement, cette opération sera effectuée avec l’aide d’un copain. Il est important par la suite de bien nettoyer l’arme pour faire disparaître toute trace d’humidité de condensation.

 

Toutes ces étapes bien accomplies ne peuvent qu’améliorer de façon notable le sort de votre carabine. Ceux qui n’auront pas osé effectuer le travail eux-mêmes seront dorénavant au moins en mesure d’évaluer si le prix chargé par un armurier pour cette opération est raisonnable…

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