Suivez le gagnant du concours de lâAnnuel de pĂȘche 2009 dans une expĂ©dition de pĂȘche Ă la baie dâUngava Ă la poursuite de lâomble chevalier.
Lorsquâon arrive Ă
En arrivant devant les bĂątiments de la pourvoirie, on aperçoit des embarcations de pĂȘche qui gisent apparemment au beau milieu de nulle part dans un champ de roches, le bord de lâeau Ă©tant Ă presque 300 m des bateaux. AprĂšs ce constat, les commentaires et blagues Ă©videntes passent gĂ©nĂ©ralement dâun client Ă lâautre, et câest Ă ce moment quâon se sent un peu comme DorothĂ©e se rĂ©veillant dans le pays du magicien dâOz; nous sommes loin de chez nous!


Pour atteindre
Pour Daniel Verrell, de Val-David, câĂ©tait comme dĂ©barquer dans un rĂȘve. Il avait gagnĂ© le tirage au sort de la promotion de lâAnnuel de pĂȘche 2009 et avait aussitĂŽt entrepris de se prĂ©parer pour le plus grand voyage de pĂȘche de sa vie. Ă lâaĂ©roport, le service des douanes avait confisquĂ© tous les leurres quâil apportait avec lui (les hameçons sont aiguisĂ©s et coupants, et donc proscrits sauf dans la soute de lâavion), mais cela ne lâavait pas empĂȘchĂ© dâaller de lâavant avec un sourire aux lĂšvres en imaginant lâexpĂ©rience quâil allait vivre. «Des leurres, ça se rachĂšte!», mâavait-il lancĂ©.
Nous avons défait nos bagages sommairement, puis le chef guide nous a rassemblés dans la salle à manger pour esquisser les grandes lignes du déroulement de

Lâomble de lâArctique est certainement lâespĂšce vedette de la rĂ©gion, mais les truites de mer y Ă©voluaient aussi en grand nombre, sans compter les morues qui sâemparaient de nos leurres si nous pĂȘchions trop prĂšs de fond.
De plus, Ă cet endroit les marĂ©es sont parmi les plus impressionnantes au monde et rivalisent avec celles de la baie de Fundy. Cela peut causer certains problĂšmes, et il Ă©tait primordial dâobĂ©ir aux guides si ceux-ci dĂ©cidaient de quitter tel ou tel endroit. Mais câĂ©tait le milieu de lâaprĂšs-midi, et Daniel et moi nâavions quâune idĂ©e en tĂȘte, aller faire un tour Ă la pĂȘche!
Daniel le «king»
Pour ajouter au dĂ©paysement, quelques instants aprĂšs la session dâinformations nous avons suivi la route du bord de la mer pour pĂȘcher de la rive. Ă cet endroit, nous avons pu observer un petit iceberg qui dĂ©rivait dans la baie oĂč se trouvait
Le gagnant Daniel Verrell, de Val-David avec une superbe prise
Ces quelques heures de pĂȘche sous le soleil nous ont permis de prendre quelques jolies truites de mer, et dâautres clients ont mĂȘme pris quelques ombles arctiques de belle taille. Que demander de mieux?
Le lendemain, aprĂšs un dĂ©jeuner des plus copieux, nous sommes enfin embarquĂ©s sur lâeau aprĂšs que lâĂ©pais brouillard se fut lĂ©gĂšrement dissipĂ©. Le vent du nord Ă©tait de la partie et ne nous aidait aucunement. Il fallait ĂȘtre bien habillĂ© en ce 26 juillet; nous portions sous-vĂȘtements longs, bas de laine, habit de laine polar, cache-cou, mitaines et tuque, tous sans exception. Un habit de pluie Ă©tait aussi de mise pour couper le vent et parer les Ă©claboussures des vagues sur la coque de la chaloupe.

Lors de notre premier aprĂšs-midi de pĂȘche Ă guĂ©, un «petit» iceberg sâavançait dans la baie oĂč se trouve le camp.
Les guides fonctionnaient toujours par paire, alors si un bateau avait un pĂ©pin, un autre se trouvait toujours aux alentours pour lui venir en aide. Chaque embarcation Ă©tait munie de radios bidirectionnelles, pour faciliter la communication entre les bateaux et transmettre lâinformation sur la qualitĂ© de pĂȘche dâun site Ă un autre. Un GPS faisait Ă©galement partie de lâĂ©quipement de base de chaque bateau et sâavĂ©rait assez commode en prĂ©sence de brume.
Comme embarcations nous utilisions des modĂšles Hudson de 19 pi de Princecraft et des moteurs hors-bord Tohatsu (anciennement sous la banniĂšre de Nissan) de 30 ch. Avec seulement trois personnes Ă bord et le matĂ©riel de pĂȘche, câĂ©tait plus que suffisant pour naviguer dans la baie.

Le paysage devant le camp Ă©tait Ă couper le souffle⊠et dire que quelques heures plus tard les chaloupes se retrouvaient Ă lâeau grĂące Ă la marĂ©e montante.
AprĂšs avoir fait un fameux «shore lunch» sur lâĂźle aux Oiseaux avec les quelques truites de mer et petites morues capturĂ©es en avant-midi, nous avons repris notre quĂȘte pour prendre des ombles arctiques assez difficiles Ă repĂ©rer.

Les leurres de lâheure: Ces offrandes lourdes, le Spinnow (Ă gauche) et le Zzinger (Ă droite), avaient pour but dâimiter les petits poissons-appĂąts, principalement les lançons, qui constituent la base de la diĂšte des salmonidĂ©s de la baie dâUngava.
Puis Daniel nous surprit en sâĂ©criant quâil avait un gros poisson au bout du fil! GrĂące Ă un leurre Zzinger jaune et blanc, il lâavait dĂ©jouĂ© tout juste derriĂšre lâembarcation, presque dans le scion du moteur. Il eut quelques difficultĂ©s Ă sâajuster Ă son Ă©quipement neuf au cours du dur combat, puis avec lâaide du guide AndrĂ© il parvint Ă hisser Ă bord son premier omble chevalier de belle taille.
Durant le souper, tout le monde sâempressa de fĂ©liciter Daniel de sa belle capture, et avant que ce ne soit le temps dâaller se coucher il hĂ©rita du surnom le «king», parce quâil avait pris le plus gros poisson de
Pas facile, la pĂȘche
Mise en place par Henri Poupart et en opération depuis 2001,

Lâomble chevalier est trĂšs combatif, et Daniel Verrell a livrĂ© plusieurs combats mĂ©morables Ă ces poissons agressifs.
Trois dâentre eux servent Ă hĂ©berger les clients, et chacun comprend trois chambres Ă coucher pouvant accueillir 4 Ă 6 pĂȘcheurs, une grande salle de bain avec toilette et douche Ă lâeau chaude, en plus dâun salon meublĂ© dâune table avec chaises et donnant vue sur
Les histoires en tout genre fusent de toutes parts, et Daniel en avait long Ă raconter sur les anecdotes et coups pendables rĂ©alisĂ©s durant ses nombreuses annĂ©es de travail dans lâentretien du mĂ©tro de MontrĂ©al.

Le gagnant du tirage Daniel Verrell avec une belle truite de mer
Les jours de pĂȘche se sont suivies sans toutefois se ressembler sur les bords de la baie dâUngava. Le deuxiĂšme matin, le brouillard Ă©tait encore au rendez-vous mais seule une brise soufflait. AprĂšs avoir parcouru quelques dizaines de kilomĂštres sur lâeau Ă la recherche de poissons actifs, le vent est revenu Ă la charge en soulevant des vagues bien au-delĂ de 2 m. Notre retour au camp eut toutes les apparences d'un tour en manĂšge Ă

Chaque soir, un délicieux souper était servi aux clients de
Le surlendemain, les vagues nous ont encore empĂȘchĂ© de nous rendre dans des secteurs plus Ă©loignĂ©s, mais la pĂȘche sâest poursuivie Ă un bon rythme dans des zones moins Ă©loignĂ©es comme lâĂźle aux Oiseaux et la pointe Ă Ăli. Il fallait travailler ardemment Ă plus de 10 m de profondeur pour prendre des poissons avec de trĂšs lourdes cuillĂšres Ă dandiner du genre Buzz Bomb, ou avec des imitations de lançons (une des espĂšces principales de poissons-fourrage dont se nourrissent les ombles arctiques) nommĂ©es Spinnow.
Parfois, câest par marĂ©e montante en milieu dâaprĂšs-midi que le banc de brouillard se reformait, poussĂ© par le mouvement ascendant de
Ă la poursuite des oiseaux
Lors de notre derniĂšre journĂ©e de pĂȘche Ă Inukshuk Lodge, nous avons su dĂšs le rĂ©veil quâelle serait belle et propice pour une aventure Ă plus grande distance. AprĂšs un autre excellent dĂ©jeuner, nous avons carrĂ©ment bondi dans les chaloupes et sommes partis vers lâĂźle aux Oiseaux. Comme les quatre embarcations sâagglutinaient autour de lâĂźle, je proposai Ă notre guide AndrĂ© dâessayer les alentours dâune autre Ăźle quâon voyait un peu au large dâoĂč nous Ă©tions. Il acquiesça et, une fois sur place, nous constatĂąmes quâun grand nombre dâoiseaux y avaient Ă©tabli domicile pour lâĂ©tĂ©.
AndrĂ© nous proposa de tenter notre chance en pĂȘchant Ă la dĂ©rive, en partant Ă environ 500 m de la berge et en sâapprochant tranquillement sous lâeffet des courants marins. AprĂšs quelques minutes de pĂȘche, je lançai un Spinnow en direction de lâĂźle et capturai aussitĂŽt une petite morue. Au second lancer, jâobtins un autre poisson, mais plus gros. Mon sourire se teinta dâincrĂ©dulitĂ© en le voyant dans lâĂ©puisette : un bel omble chevalier lĂ©gĂšrement plus petit que celui du «king»!
Ă ce moment, AndrĂ© nous expliqua que nous venions de trouver un Ă©lĂ©ment quâil avait cherchĂ© toute
AprĂšs nos sandwichs du midi, les guides ont choisi de nous mener encore plus loin dans le secteur connu sous le nom des Trois Ăles. Cet endroit se trouvait Ă plus de 30 km du camp, et Ă bord des embarcations nous avions tous lâair de girouettes en nous tournant dans tous les sens pour repĂ©rer des sternes en chasse. Entre-temps, la pĂȘche Ă©tait bonne et Daniel et moi prenions rĂ©guliĂšrement de belles truites de mer et quelques ombles arctiques de taille modeste. MalgrĂ© leur petitesse, ces poissons livrent tout un combat!
Au bout de quelques heures, le radio sâanima et un autre guide annonça que ses clients venaient de rĂ©ussir deux doublĂ©s d'affilĂ©e dans un banc dâombles chevaliers agressifs. Nous nous approchĂąmes rapidement et, tel quâAndrĂ© nous lâavait dĂ©crit, une douzaine de sternes plongeaient Ă rĂ©pĂ©tition pour ressortir de lâeau avec un petit poisson dans le bec. Il y avait un fort courant oĂč lâaction se passait, et jâoptai pour une mouche artificielle bleutĂ©e Ă lâimage dâun petit poisson que jâattachai au bout dâune soie calante montĂ©e sur mon ensemble de pĂȘche Ă la mouche.
AprĂšs seulement 20 minutes de pĂȘche Ă la traĂźne, un gros omble chevalier frisant les 4,5 kg prit ma mouche avant dâeffectuer un sprint qui fit crier le frein de mon moulinet durant de longues secondes. Le poisson Ă©tait bien piquĂ© dans le coin de la gueule, je disposais dâune grande quantitĂ© de ligne de rĂ©serve et nous Ă©tions loin de la rive, alors je nâavais quâĂ prendre mon temps et Ă bien contrĂŽler ma prise. AprĂšs plusieurs minutes, je parvins Ă le rapprocher dâAndrĂ© qui attendait patiemment, Ă©puisette en main. Un combat mĂ©morable!
Cependant, ma capture marqua la fin de la pĂ©riode dâactivitĂ© des poissons du secteur. Comme les conditions sâannonçaient menaçantes, dâun commun accord les guides jugĂšrent plus prudent de se rapprocher graduellement du campement.
Daniel continua Ă prendre quelques autres truites de mer et ferma le bal avec un omble chevalier moyen quâil remit Ă lâeau de belle façon. «Nous en avons pris en masse aujourdâhui et la pĂȘche a Ă©tĂ© bonne. Il nâest pas piquĂ© mortellement, alors remettons-le Ă lâeau», lança-t-il Ă AndrĂ© en apercevant sa capture dans lâĂ©puisette. AprĂšs la graciation du magnifique poisson, lors du retour au campement, toute une ribambelle dâĂ©normes icebergs a dĂ©filĂ© au loin, comme pour saluer une derniĂšre fois notre passage dans la baie dâUngava.
Saviez-vous que?
La baie dâUngava couvre une superficie dâenviron 33 000 kmÂČ, avec une largeur moyenne de 180 km et plus de 265 km Ă son embouchure. Elle fait partie de lâocĂ©an Arctique et nâest pas considĂ©rĂ©e comme profonde. Elle atteint tout de mĂȘme plus de 300 m de profondeur prĂšs de sa jonction avec lâAtlantique.
Elle comprend un grand nombre dâĂźles. La plus grande, situĂ©e dans la partie nord de la baie, se nomme lâĂźle Akpatok et serait le refuge de nombreux animaux tels que les ours polaires. Les plus hautes marĂ©es de lâUngava se trouvent dans lâembouchure de la riviĂšre aux Feuilles, oĂč elles atteignent plus de 17 m. Parmi les nombreuses riviĂšres qui sây jettent, certaines sont trĂšs cĂ©lĂšbres pour la qualitĂ© de leur pĂȘche sportive, notamment la George, la Koksoak (fusion des riviĂšres Caniapiscau et MĂ©lĂšzes), Ă la Baleine, aux Feuilles et Arnaud (qui comprend les eaux de
FICHE TECHNIQUE

INUKSHUK LODGE
149, St-Jean-Baptiste
Oka, Québec
Canada J0N 1E0
Téléphone : 1 888 434-8906 (sans frais)
450 434-8906
Télécopieur : 1 877 434-2497 (sans frais)
450 434-2497
Courriel : info@campcooper.com
Site Web : www.inukshuklodge.com
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