Lagopède des saules
Lagopède des saules, perdrix blanche, ptarmigan, White grouse sont les noms donnés au lagopède qui en réalité n’est pas une perdrix. Membre de l’ordre des galliformes et de la famille des phasianidés, cet oiseau d’un poids oscillant autour de
Population et migration
Les lagopèdes des saules d’Amérique effectuent une migration. Il ne s’agit évidemment pas d’une migration au même titre que celle des canards, des oies, des bécassines et des autres sauvagines qui viennent se reproduirent dans les étendus boréales pour redescendrent vers le grand sud en automne. Non, il s’agit plutôt de longs déplacements de plusieurs centaines de kilomètres ou, comme nous l’avons vue ils peuvent se retrouver jusqu’au bord du fleuve St Laurent qui est situé beaucoup plus au sud de son aire habituel.
Les populations de lagopèdes des saules sont sujettes à des variations cycliques .Ce qui signifie que pendant une année il y a une très grande abondance d’oiseaux qui descendent au sud suivi graduellement d’années de raretés .Les scientifiques ont établi que comme dans le cas du lièvre d’Amérique et de la gélinotte huppée les pics de population des lagopèdes surviennent pratiquement à tout les dix ans.
Le mystère entoure toujours les causes véritables de ces cycles. Maladie, épidémie ou parasite ? C’est ce genre d’énigme qui impose le respect de la faune sauvage de ces contrés rude et impitoyable pour les faibles. À l’instar des caribous avec qui ils partagent les steppes nordiques c’est en novembre que les lagopèdes se regroupent pour le voyage. Historiquement, dans la mémoire des autochtones l’arrivé des perdrix blanches s’inscrit dans une suite logique du cycle des saisons. Pour les communautés Cris,Innus et Naskapis les lagopèdes étaient comme un cadeau,un bonus car ils n’avaient pas besoins de se déplacer pour en faire la chasse. Un beau matin d’hiver, comme ça sans trop de préambule il y avait des perdrix blanches partout aux alentours des maisons. À ce chapitre les premiers missionnaires Jésuites n’ont pas manqué de mentionner dans leur journal qu’ils appréciaient au plus haut point l’arriver de cette manne tout à fait délicieuse…
La chasse.
Aucune autre activité cynégétique dépend d’avantage du temps qu’il fait que la chasse du lagopède. Dans son ensemble il s’agit d’une chasse difficile à cause des distances à parcourir et de la température .Les lagopèdes sont des oiseaux du grand nord, alors il faut s’y rendre soit par la route, le train ou par la voie des airs. Il va sans dire que cette traque hivernale se pratique sans l’aide des chiens.
C’est un jeu singulier qui se joue souvent dans des conditions extrêmes. C’est pourquoi il ne faut jamais aller chasser le lagopède seul et mal équiper pour braver les conditions effroyables du grand nord québécois.
Rémi Ouellet