Les biologistes semblent avoir perdu le contrÎle de la population d'oies blanches. Leur population est évaluée à environ 1,4 million d'oiseaux, un record inégalé qui dépasse du double le nombre idéal.
Ăa fait 10 ans que les scientifiques s'inquiĂ©tent de la progression de la grande oie des neiges au QuĂ©bec. Quand la population tournait autour de 800 000 individus, ils insistaient dĂ©jĂ sur l'importance de freiner sa croissance. La mise en place de mesures de contrĂŽle, allant de l'effarouchement Ă la chasse printaniĂšre en passant par une augmentation de la limite des prises quotidiennes, a eu des effets concrets, mais temporaires.
Ce serait les conditions exceptionnelles enregistrées dans l'Arctique, au printemps 2008 et en 2009 qui auraient permis à davantage de jeunes de survivre. La population est donc passée de
Dommages possibles
Les grandes oies causent des dommages Ă l'environnement. Les craintes sont vives pour l'Ă©cosystĂšme de l'Arctique, oĂč a lieu la reproduction, mais aussi pour les marais du fleuve Saint-Laurent, oĂč les oies se nourrissent de scirpes, des hautes herbes.
Les oiseaux font également des ravages dans les champs agricoles quand ils sont en migration. La FinanciÚre agricole du Québec compense à 80 % les dommages causés aux cultures. De 2005 à 2009, le nombre de réclamations est passé de 477 à 708 et le montant des indemnités versées de 582 000 $ à plus de 1 million $.
Mesures de contrĂŽle Ă repenser
Chose certaine, plusieurs mesures de contrĂŽle ne donnent plus les rĂ©sultats escomptĂ©s. La chasse printaniĂšre, par exemple, est beaucoup moins populaire et fructueuse qu'Ă ses dĂ©buts en 1999. Les captures sont passĂ©es de 100 000, pour les meilleures annĂ©es, Ă 27 000, ce printemps. L'effarouchement est aussi plus difficile Ă organiser, car les oiseaux se sont adaptĂ©s. Ils restent moins longtemps Ă la mĂȘme place et se promĂšnent en plus petits groupes. Ils ont mĂȘme modifiĂ© leurs routes, dĂ©laissant un peu Cap-Tourmente, Baie-du-Febvre et le Bas-Saint-Laurent pour le sud du QuĂ©bec et le Saguenay-Lac-Saint-Jean.
De lâaide de nos voisins
Les scientifiques comptent maintenant sur l'instauration de la chasse printaniĂšre dans une demi-douzaine d'Ătats du nord-est des Ătats-Unis pour stabiliser la population des grandes oies des neiges. Nos voisins ont tardĂ© Ă l'adopter, car il ne s'agit pas d'une chasse traditionnelle lĂ -bas. Mais ici au QuĂ©bec, ne serait-il pas le temps dâassouplir encore plus la lĂ©gislation relative Ă la chasse Ă lâoie blanche ? Devrait-on permettre dâinsĂ©rer plus de 3 cartouches dans notre fusil? Les limites de prises devraient-elles ĂȘtre augmentĂ©es ? Devrait-on revoir Ă la baisse le nombre de refuges dâoies ? Vu que les chasseurs ne semblent pas ĂȘtre un outil assez significatif pour abaisser un nombre dâoies si Ă©levĂ©, ne devrait-on pas envisager dâautres solutions rapidement au lieu de penser que ce sont les autres qui vont redresser cette situation alarmante? Un dossier Ă suivreâŠ
