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OPINION: MISE AU POINT SUR LE REGISTRE DES ARMES A FEU PAR UN POLICIER À LA RETRAITE
OPINION: MISE AU POINT SUR LE REGISTRE DES ARMES A FEU PAR UN POLICIER À LA RETRAITE
20/05/2010 | Par webmaster

Par : Roland CĂŽtĂ©   

 

Je suis un policier Ă  la retraite, spĂ©cialiste de la sĂ©curitĂ© dans le maniement sĂ©curitaire des armes et formĂ© par l’armĂ©e canadienne de 1958 Ă  1963. De 1967 Ă  1997, j’ai donnĂ© des cours de sĂ©curitĂ© dans le maniement des armes Ă  plus d’une vingtaine d’associations de chasse et de pĂȘche pour l’obtention du certificat du chasseur. Comme membre de la Gendarmerie Royale du Canada j’ai aussi Ă©tĂ© instructeur, moniteur et officier de tir pendant prĂšs de 20 ans.

 

Et pourtant, je considÚre que le registre des armes à feu est inutile et trop coûteux.

 

 

À QUOI SERT LE REGISTRE ?

 

Depuis 15 ans le registre des armes Ă  feu, mis en vigueur en 1995, a coĂ»tĂ© environ deux milliards de dollars Ă  mĂȘme nos taxes.

Le registre n’a donnĂ© aucun rĂ©sultat.

 

Selon des rapports publiĂ©s par Statistiques Canada, nous savons qu’environ 98 % des armes Ă  feu utilisĂ©es pour l’exĂ©cution d’un crime ne sont pas enregistrĂ©es. Dans une mĂȘme pĂ©riode donnĂ©e, depuis que le registre est en place, jamais dans toute l’histoire du Canada autant de policiers sont tombĂ©s sous les balles des criminels.

 

Commençons par le dernier, le policier Tessier de Ville de Laval, abattu lors d’une intervention chez des narcos-trafiquants. Son meurtrier Ă©tait propriĂ©taire de quatre armes de poings, dont trois non enregistrĂ©es et la quatriĂšme non rĂ©adressĂ©e, chargĂ©es Ă  bloc dans sa demeure. RĂ©sultats : acquittĂ© du meurtre et condamnĂ© pour possession d’armes non enregistrĂ©es. Sentence
 quelques mois de prison !

 

Autre cas : ValĂ©rie Gignac, policiĂšre de Laval abattue en service alors qu’elle rĂ©pondait Ă  un appel, pour un individu bien connu des policiers, considĂ©rĂ© comme violent et dangereux. Interdit d’armes Ă  feu, ce dernier aurait eu, semble-t-il, une permission de la Cour pour avoir une arme de chasse, pour chasser l’orignal. ValĂ©rie Gignac n’était pas en territoire de chasse. ValĂ©rie Gignac est dĂ©cĂ©dĂ©e inutilement.

 

Le bilan dans les provinces de l’ouest est trĂšs lourd. En Alberta quatre membres de la Gendarmerie Royale du Canada ont Ă©tĂ© abattus. Au Manitoba, deux autres membres de la GRC abattus, et finalement, deux de plus dans les Territoires du Nord-Ouest.

 

L’Agent L’Écuyer de la police de MontrĂ©al a lui aussi Ă©tĂ© tuĂ© au cours d’une opĂ©ration. Du cĂŽtĂ© civil, on se rappellera le cas de cette dame de Sorel-Tracy en instance de divorce qui fut abattue par son ex-mari, reconnu comme violent par son entourage de mĂȘme que par les diffĂ©rents corps policiers de la rĂ©gion. 

 

Nous avons là quelques-uns des faits qui démontrent que le registre est inutile.

 

Onze policiers sont dĂ©cĂ©dĂ©s en devoir : bien que le registre ait Ă©tĂ© consultĂ©, les rĂ©sultats sont nĂ©gatifs ! 

 

 

OÙ METTRE LES EFFORTS ?

 

Toutes les armes Ă  feu sont dĂ©jĂ  dans un processus de suivi trĂšs strict. Voici le cheminement : de l’usine aux grossistes, et ensuite des magasins aux acheteurs, donc rĂ©pertoriĂ©es Ă  quatre reprises. Ce dernier (l’acheteur) doit, lors de l’achat, possĂ©der un certificat d’acquisition et de possession d’armes Ă  feu qui confirme que le client est qualifiĂ© et a reçu la formation adĂ©quate pour possĂ©der une arme Ă  feu.

 

Tout le processus que je viens d’énumĂ©rer ne coĂ»te rien aux payeurs de taxes Cependant les utilisateurs doivent payer. De plus, toutes ces informations, importantes pour les diffĂ©rents corps de police, sont disponibles pour fin d’enquĂȘte.

 

Pourquoi alors ajouter un autre registre coûteux ?

 

 

RETIRER LES ARMES LONGUES (de chasse) DU REGISTRE

 

ConsidĂ©rant qu’approximativement 90 % des crimes sont commis avec des armes blanches et qu’au-delĂ  de 95 % des armes Ă  feu utilisĂ©es sont des armes Ă  autorisations restreintes, (armes de poings) pourquoi avoir un registre pour les armes longues qui sont utilisĂ©es par les chasseurs et tireurs sportifs, alors qu’un trĂšs faible pourcentage de crimes sont commis avec des armes longues ?

 

Ce processus complĂštement inutile et coĂ»teux n’est pas en mesure de contrer les crimes commis avec des armes Ă  feu longues.

Mon expĂ©rience de 26 ans comme policier me permet d’affirmer, sans crainte de me tromper, que ce sont des amendements au Code criminel concernant les crimes commis avec armes Ă  feu, qui serviront les policiers dans leur travail.  Dans pareil cas, des sentences d’emprisonnement ferme selon le type d’infraction pourraient avoir des effets dissuasifs.  

 

Le Gouvernement Harper a proposĂ© le retrait des armes longues du registre des armes Ă  feu, ce qui est entiĂšrement justifiĂ©. Cette mesure permettrait d’économiser environ deux cent millions de dollars annuellement.

 

Les budgets accordĂ©s au registre devraient ĂȘtre investis pour augmenter les effectifs des corps policiers qui sont nettement insuffisants pour lutter efficacement contre le crime organisĂ©, les gangs de rue et autres organisations criminelles. L’augmentation des effectifs policiers est absolument nĂ©cessaire au QuĂ©bec.

 

Mais qui aura le courage de modifier les lois, en amendant le Code criminel, afin de punir les criminels et non de faire porter le fardeau par les honnĂȘtes citoyens du pays tout entier ? Quand cesserons-nous de voir les sentences (bidons) avec des ententes entre la Couronne et la DĂ©fense ?

 

La rĂ©ponse est entre les mains du Gouvernement fĂ©dĂ©ral en place, qui, je l’espĂšre, comme tous les citoyens du pays et nous chasseurs et tireurs sportifs, passera Ă  l’action dans ce dossier urgent.

 

Voulez-vous le retrait des armes longues du registre ?

Si oui, signez la pĂ©tition : www.fedecp.qc.ca

 

Commentaires
Yvon Dionne | 26/05/2010
Mais j'ai quelques nuances... C'est le systÚme informatique mis en place pour à la fois l'enregistrement et les permis qui a coûté cher. Le régime de permis est le plus difficile à administrer.

Pour ce qui est de la mort du policier Tessier, il n'y a pas de preuve que l'auteur Ă©tait un narco-trafiquant mĂȘme si je suis d'accord pour dire qu'il a tirĂ© sans ĂȘtre certain de l'identitĂ© de sa cible (laquelle a agi sans mandat) et qu'il avait des armes dĂ©tenues illĂ©galement (mais combien de gens n'en dĂ©tiennent-ils pas ?).

Pour ce qui est de ValĂ©rie Gignac, l'individu en question Ă©tait mĂȘme connu de Mme Gignac. Cet individu avait interdiction de possĂ©der une arme de chasse en-dehors de la pĂ©riode de chasse, qui devait lui ĂȘtre prĂȘtĂ©e seulement pour la chasse. Mais le type en avait une d'un ami... C'est en fait la preuve qu'un registre ne vaut pas grand chose, mais en mĂȘme temps qu'il est nĂ©cessaire de cibler les gens Ă  problĂšmes, au lieu de leur demander dans un questionnaire Ă  chaque cinq ans s'ils ont des problĂšmes de comportement... ce qui est ridicule !
Yvon Dionne | 26/05/2010
MalgrĂ© l'affaire de Concordia (Kimveer Gill), la plupart des meurtres avec armes de poing ne viennent pas de membres de clubs de tir ou de gens qui ont des armes de poing (ce qui est prohibĂ© maintenant depuis la loi Anastasia) pour leur dĂ©fense personnelle. En fait Kimveer Gill s'est servi d'une carabine semi-auto non requise pour la chasse ou mĂȘme le tir.

Les meurtres avec armes de poing viennent réellement des criminels. Le registre des armes de poing en vigueur depuis 1934 avec des modifications n'a pas plus fonctionné que celui des armes de chasse ! Ce qu'il faut avant tout, c'est la responsabilité mutuelle. La tragédie de Plessisville d'un suicide avec en tout quatre décÚs avec une automobile nous démontre que c'est avant tout les proches qui peuvent savoir ce qui peut se produire.