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Gros gibier: La bonne balle (partie 1)
Gros gibier: La bonne balle (partie 1)
12/11/2011 | Par Jeannot Ruel

 

Parmi la grande variĂ©tĂ© de calibres, de munitions et de types de projectiles disponibles sur le marchĂ© d’aujourd’hui, comment peut-on choisir la combinaison idĂ©ale pour nos gibiers prĂ©fĂ©rĂ©s? Voici des recommandations prĂ©cises Ă  ce sujet.


Au QuĂ©bec, nous chassons quatre espĂšces de gros gibier, le chevreuil, le caribou, l’ours et l’orignal, ces bĂȘtes ayant une constitution corporelle trĂšs diffĂ©rente l’une de l’autre. Comme la plupart des quĂ©bĂ©cois n’utilisent – ou ne veulent utiliser – qu’une seule carabine pour affronter l’un ou l’autre de ces gibiers, la commande devient trĂšs exigeante au chapitre du projectile Ă  utiliser. Une balle capable de terrasser, ou mĂȘme de traverser de part en part un cerf ou un caribou, pourrait ne pas suffire Ă  la tĂąche d’atteindre les profondeurs de la zone vitale d’un orignal, surtout si l’angle de pĂ©nĂ©tration la force Ă  traverser une partie osseuse.

 

Le cerf peut paraĂźtre le plus frĂȘle du quatuor de nos gros gibiers, mais quand il a fait le plein d’adrĂ©naline il peut faire preuve d’une rĂ©sistance et d’une tĂ©nacitĂ© remarquables, sans compter qu’il est capable de se cacher dans un espace restreint. Pour ces raisons, je privilĂ©gie personnellement un projectile capable de traverser l’animal de part en part pour favoriser un Ă©coulement sanguin susceptible de favoriser les recherches aprĂšs le tir. Bien que le caribou soit passablement plus massif, je le considĂšre personnellement comme le plus vulnĂ©rable des quatre sous l’impact d’un projectile bien placĂ©, d’autant plus qu’il Ă©volue dans un habitat relativement ouvert qui permet de le garder Ă  l’oeil plus longtemps aprĂšs le tir, et mĂȘme d’enchaĂźner avec un ou des coups de suivi si nĂ©cessaires. Donc, je ne suis pas vraiment portĂ© Ă  me casser la tĂȘte dans le choix d’un projectile spĂ©cifique pour ce gibier.

 

L’ours reprĂ©sente un paquet de muscles enrobĂ© d’une boule de graisse, et il est dotĂ© en plus d’une grande rĂ©sistance, mais sa chasse suppose habituellement un tir posĂ© et Ă  distance relativement courte effectuĂ© Ă  partir d’un poste d’affĂ»t fixe qui facilite le placement d’un coup prĂ©cis. Pour cette raison, la sĂ©lection d’un projectile adĂ©quat ne pose guĂšre de problĂšme particulier Ă  mon avis. Quant Ă  l’orignal, c’est surtout sa masse corporelle et l’aspect massif de son ossature qui doivent ĂȘtre pris en considĂ©ration, mais d’un autre cĂŽtĂ© l’animal a des rĂ©actions plutĂŽt lentes aprĂšs avoir Ă©tĂ© atteint par un projectile d’arme Ă  feu ce qui permet souvent de doubler ou mĂȘme tripler la dose.

 

CritÚres de départ

Quoiqu’il en soit, je crois que c’est en premier lieu sur ce dernier cervidĂ© mastodonte que le chasseur polyvalent devrait porter son attention pour le choix de ses balles, car un projectile convenable pour ce cas le sera aussi pour les trois autres. Donc devant une telle nĂ©cessitĂ© de polyvalence, plutĂŽt que de chercher deux ou trois types de balles dans un mĂȘme calibre pour convenir Ă  ces diffĂ©rents gibiers (un processus qui exige habituellement un nouvel ajustement Ă  chaque changement, sans compter que le degrĂ© de prĂ©cision est souvent diffĂ©rent d’un projectile Ă  l’autre), je ciblerais mon choix sur un projectile de poids adĂ©quat (voir apartĂ© en fin d'article) et ayant des caractĂ©ristiques d’expansion progressive et contrĂŽlĂ©e, avec une capacitĂ© de cohĂ©sion et de rĂ©tention de poids susceptible d’assurer une profondeur de pĂ©nĂ©tration suffisante, idĂ©alement de part en part.

 

À cause de la prĂ©sence de l’orignal dans le quatuor de gibiers ciblĂ©s, mĂȘme Ă  l’intĂ©rieur des calibres «recommandables», j’hĂ©siterais Ă  essayer «d’étirer» la polyvalence de calibres comme les 7mm Mauser et 7mm-08 jusqu’à une utilisation en toutes situations. Je sais que ces calibres ont Ă©tĂ© responsables de la rĂ©colte de nombreux orignaux et ils sont parfaitement capables de faire le travail suite Ă  un coup bien placĂ©, dans de bonnes conditions et Ă  distance raisonnable, mais notre propos s’attache ici aux combinaisons calibres/munitions vraiment polyvalents et reprĂ©sentant le meilleur compromis possible, mĂȘme dans des circonstances de tir difficiles et Ă  des distances qui peuvent s’allonger de façon notable. D’un autre cĂŽtĂ©, on pourrait aussi rĂ©server ces calibres (incluant mĂȘme de plus petits comme le .260 Rem.) Ă  la tĂąche d’affronter le cerf et le caribou, et avoir recours Ă  une deuxiĂšme calibre «spĂ©cialiste» pour mieux convenir aux deux autres; c’est d’ailleurs la voie que je choisis moi-mĂȘme.

 

Ceci dit, je ne suis pas un «fan» des balles les plus lĂ©gĂšres dans les calibres restants, comme par exemple les 130 grains en .270, 140 grains en 7 mm ou 150 grains en calibres .30, Ă  moins d’utiliser un projectile de grande rĂ©sistance. D’ailleurs, pour une lĂ©gĂšre perte de vitesse Ă  la bouche, les .270 de 140 grains, 7 mm de 150 ou 160 grains et .30 de 165 ou 180 grains permettent une meilleure conservation d’énergie Ă  distance grĂące Ă  leur coefficient balistique amĂ©liorĂ©. J’apporterais cependant un bĂ©mol aux 7 mm STW, 7 mm Weatherby et 7 mm Rem. Ultra Mag, ainsi que les .300 magnums et ultra magnums, dont la plus grande vitesse nĂ©cessiterait Ă  mon avis une balle encore plus rĂ©sistante.

 

L’évaluation attribuĂ©e Ă  chaque groupe de balles prĂ©sentĂ© un peu plus loin se base Ă  la fois sur un bon nombre de tests personnels, ainsi qu’aux rĂ©sultats d’essais exhaustifs menĂ©s par des sommitĂ©s comme Rick Jamison du magazine amĂ©ricain Petersen’s Hunting et Gary Sciuchetti de la revue Handloader, ces deux derniers ayant documentĂ© en conditions contrĂŽlĂ©es prĂšs de 2500 impacts de prĂšs d’une quarantaine de balles diffĂ©rentes Ă  des vitesses diverses.

 

Le phĂ©nomĂšne d’expansion

Une balle standard est constituĂ©e d’un noyau de plomb, dense mais plutĂŽt mou, enveloppĂ© dans une chemise plus rigide en alliage de cuivre, sauf Ă  l’extrĂ©mitĂ© terminale de l’ogive qui laisse la pointe de plomb exposĂ©e. À l’impact, c’est ce bout mou qui s’écrase progressivement, provoquant une rupture partielle des parois antĂ©rieures de la chemise de cuivre. En mĂȘme temps, la rĂ©sistance de ces parois contrĂŽle l’expansion, et ce n’est que progressivement que celles-ci se fendent et se pĂšlent en se renversant Ă  mesure que le noyau de plomb s’écrase (figure 1). IdĂ©alement, en fin de course, la balle aura la forme d’un champignon, avec son noyau partiellement aplati et les «pĂ©tales» de la chemise partiellement repliĂ©es vers l’arriĂšre. C’est cette expansion progressive qui crĂ©e une onde de choc sur une surface beaucoup plus Ă©tendue que le diamĂštre original du projectile et qui rĂ©sulte en un impressionnant transfert d’énergie Ă  l’impact.

 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Illustration du principe d’écrasement progressif d’une balle expansive Ă  l’impact.

 

 

Il faut cependant bien comprendre qu’une telle balle expansive est conçue pour dĂ©montrer ce comportement idĂ©al dans certaines conditions spĂ©cifiques, notamment une certaine gamme de vitesses au moment de l’impact. Le choc auquel la balle sera soumise n’aura pas la mĂȘme brutalitĂ© si l’impact se produit Ă  courte distance, alors que la vitesse du projectile est encore Ă©levĂ©e, que si cet impact survient Ă  longue distance alors que la balle a dĂ©jĂ  perdu une bonne proportion de sa vitesse initiale; la balle pourrait se fragmenter complĂštement dans le premier cas, et ne prendre presque aucune expansion dans le deuxiĂšme.

 

La brutalitĂ© de ce choc sera Ă©galement diffĂ©rente selon que l’impact se produit sur une partie osseuse d’un orignal de prĂšs de 450 kg ou dans les parties charnues d’un chevreuil pesant quatre fois moins. De plus, pour un diamĂštre et un poids de balle donnĂ©s, disons en calibre .30 de 165 grains, le choc n’aura pas la mĂȘme violence si cette balle provient d’un calibre Ă  vitesse modeste comme le .308 que d’un calibre Ă  trĂšs grande vĂ©locitĂ© comme les .300 magnums ou ultra magnums. La balle choisie devrait donc ĂȘtre adaptĂ©e non seulement aux gibiers auxquels elle est destinĂ©e, mais aussi Ă  la vitesse du calibre dans lequel elle sera utilisĂ©e.

 

Dans le cas d’un impact trop violent, les parois de la chemise se fendent et se pĂšlent presque jusqu’au culot de la balle, et cette enveloppe de cuivre aux pĂ©tales Ă©vasĂ©es se trouve complĂštement freinĂ©e dans sa pĂ©nĂ©tration. Sous l’inertie, la portion de plomb Ă©crasĂ© se dĂ©tache de l’enveloppe de cuivre et ne tarde pas Ă  se fragmenter en petits morceaux (dessin d’extrĂȘme droite de la figure 1). Une fois les deux Ă©lĂ©ments ainsi sĂ©parĂ©s, c’est la fin de la pĂ©nĂ©tration. Si le poids de la balle et la rĂ©sistance de la chemise sont suffisants, cette sĂ©paration peut quand mĂȘme s’effectuer suffisamment profondĂ©ment Ă  l’intĂ©rieur des parties vitales de l’animal et prodiguer le rĂ©sultat escomptĂ©, mais si elle survient prĂ©maturĂ©ment le chasseur risque fort de ne jamais retrouver son gibier blessĂ©.

 

Il est donc trĂšs difficile pour une balle d’offrir une performance sans faille dans toutes les conditions et sur chacun de nos quatre grands gibiers. Pourtant, grĂące Ă  une technologie avancĂ©e, certains projectiles sont justement capables de rĂ©aliser ce genre de petit miracle de performance. Le problĂšme est qu’il existe une telle panoplie de ces produits souvent mal connus des chasseurs que ceux-ci peuvent se sentir complĂštement perdus dans ce vaste choix. Les lignes qui suivent s’attachent justement Ă  en faire une classification et Ă  prĂ©ciser des suggestions sur la pertinence de leur utilisation.

 

Balles expansives standard et Ă  contrĂŽle partiel

Il faut considĂ©rer cette catĂ©gorie en deux sous-catĂ©gories. Dans la premiĂšre, on compte les balles Ă  bout mou rĂ©guliĂšres comme les Winchester Soft Point, Norma Soft Point et Sierra Pro Hunter (cette derniĂšre surtout disponible aux adeptes de rechargement), ces balles fortement expansives Ă©tant surtout destinĂ©es aux gibiers plutĂŽt frĂȘles, dans des calibres Ă  vitesse modeste. À cause de sa rĂ©sistance relativement faible Ă  l’impact, cette sous-catĂ©gorie peut difficilement ĂȘtre considĂ©rĂ©e dans le contexte de notre recherche de projectiles polyvalents.

La Remington Core-Lokt a Ă©tĂ© la pionniĂšre dans le domaine des balles Ă  expansion partiellement contrĂŽlĂ©e, principalement grĂące Ă  une profonde cannelure transversale au milieu du corps qui produit un renflement interne de la chemise servant de «ceinture» pour mieux emprisonner le noyau de plomb et prĂ©venir sa sĂ©paration Ă©ventuelle. La Silvertip de Winchester comporte aussi un renflement interne de cannelure, et sa longue pointe de plomb exposĂ©e est protĂ©gĂ©e par une capsule d’un alliage de mĂ©tal plus dur. Chez la Power-Point de Winchester et la Vulkan de Norma, les rebords de l’extrĂ©mitĂ© avant de la chemise sont repliĂ©s sur la pointe de plomb; dans la Power-Point, cette pointe de plomb demeure exposĂ©e tandis que celle de la Vulkan se termine en mĂ©plat au niveau du repli de la chemise.

 

La Hornady InterLock, utilisĂ©e dans les munitions commerciales Hornady et Weatherby, va un peu plus loin avec une chemise d’épaisseur progressive dotĂ©e d’un arceau interne pour retenir plus fermement le noyau. De son cĂŽtĂ©, le noyau de plomb de la Speer Hot-Cor (utilisĂ©e dans certaines munitions Federal) est coulĂ© Ă  chaud Ă  l’intĂ©rieur de la chemise, pour mieux «souder» les deux composantes, un procĂ©dĂ© prĂ©curseur Ă  celui de la fabrication moderne de projectiles Ă  noyau et chemise liĂ©s par fusion (bonded bullets).

 


A- Sierra Pro-Hunter. B- Remington Core-Lokt. C- Winchester Sivertip. D- Winchester Power-Point. E- Norma Vulkan. F- Hornady InterLock.

 

Avec une capacité de rétention de poids allant de 60 à 70 % environ, je considÚre que les projectiles de cette derniÚre sous-catégorie présentent la polyvalence nécessaire pour nos besoins, mais en poids suffisamment important et dans des calibres pas excessivement rapides. Je pense par exemple aux 150 grains en calibre .270, 160 ou 175 grains en 7 mm Rem. Mag. ou 180 grains en .308 Win. et .30-06.

 

Balles expansives standard Ă  haut coefficient balistique

Ce n’est pas d’hier que les projectiles Ă  pointe de plomb effilĂ©e (spitzer) et Ă  culot de forme tronconique (boattail) sont offertes en misant sur leur haut coefficient balistique et leur attrayante capacitĂ© de conservation de vitesse et d’énergie Ă  longue distance. On n’a qu’à penser aux Sierra GameKing et Nosler Solid Base (cette derniĂšre avec une chemise de culot fortement Ă©paissie), disponibles dans les munitions Federal, et mĂȘme Ă  la Bronze Point de Remington, essentiellement une Core-Lokt (Ă  culot plat cependant) dotĂ©e d’une pointe dure en bronze.

C’est cependant suite Ă  l’avĂšnement de balles de ce type munies d’une pointe de matiĂšre plastique que ces projectiles sont devenus immensĂ©ment populaires. La pionniĂšre dans ce domaine, et sans doute la plus connue, est la Nosler Ballistic Tip utilisĂ©e par plusieurs munitions Federal, Norma et mĂȘme Weatherby. Ces projectiles sont caractĂ©risĂ©s par une ogive longue et profilĂ©e terminĂ©e par une pointe effilĂ©e de matĂ©riau dur (gĂ©nĂ©ralement en polymĂšre) recouvrant le bout creux du noyau de plomb, ainsi que par un culot de forme tronconique et des parois de chemise d’épaisseur progressive.

 

Dans ce domaine, Remington offre aussi son Accutip, de conception semblable mais avec une chemise de culot moins Ă©paisse, tandis que Winchester propose sa Ballistic Silvertip, essentiellement une Ballistic Tip avec un recouvrement extĂ©rieur anti-friction nommĂ© Lubalox. De son cĂŽtĂ©, la SST InterLock de Hornady allie des formes profilĂ©es Ă  pointe dure et un culot tronconique Ă  son arceau interne de retenue du noyau, ce qui lui confĂšre un lĂ©ger avantage sur les autres au point de vue capacitĂ© de rĂ©tention de poids. Bien qu’étant dotĂ©e d’un culot plat et ayant de moins grandes prĂ©tentions au point de vue coefficient balistique, la Norma Plastic Point peut Ă©galement ĂȘtre classĂ©e dans cette catĂ©gorie.

 

 

G- Sierra Gameking. H- Nosler Solid Base. I- Remington Bronze Point. J- Nosler Ballistic Tip. K- Remington Accu-Tip. L- Winchester Ballistic Silvertip. M- Hornady SST InterLock.

 

De l’une Ă  l’autre, la capacitĂ© de contrĂŽle d’expansion varie quelque peu, mais on peut dire sans trop se tromper que celle-ci est gĂ©nĂ©ralement plutĂŽt limitĂ©e lorsque l’impact se produit Ă  grande vitesse, et leur capacitĂ© de rĂ©tention de poids peut alors aller de 60 Ă  70 % environ. ConsĂ©quemment, je considĂšre que les projectiles de cette catĂ©gorie sont surtout avantageux pour Ă©tirer quelque peu la portĂ©e efficace de calibres Ă  vitesse moyenne, comme les .270 Win, .308 Win. et .30-06, en choisissant une balle dans la gamme supĂ©rieure de poids respectifs Ă  chaque calibre.

 

Quand les fabricants de munitions ont rendu disponible ce genre de projectile dans des calibres magnums et super magnums Ă  grande vitesse, ils visaient sans doute la catĂ©gorie de chasseurs voulant s’attaquer aux gibiers de la taille du cerf ou de l’antilocapre (pronghorn) dans des habitats dĂ©gagĂ©s exigeant de trĂšs longs tirs. Je trouve malheureux que plusieurs de nos chasseurs croient pouvoir Ă©tirer l’avantage d’une bonne chose en choisissant ce type de balle, surtout en poids relativement lĂ©ger, pour nos gibiers quĂ©bĂ©cois dans de tels calibres Ă  grande puissance. Aux vitesses d’impact auxquelles elles ont de bonnes chances d’ĂȘtre soumises dans nos conditions de chasse, la fragmentation complĂšte de telles balles est probable sur un orignal pas trop Ă©loignĂ© mais un peu mal placĂ©, alors que sur un chevreuil, le boucher pourra probablement remercier le chasseur de lui avoir facilitĂ© la tĂąche de prĂ©paration de viande hachĂ©e.

 

S’il dĂ©sire vraiment jouir des avantages d’un trĂšs haut coefficient balistique, l’utilisateur d’un calibre Ă  grande vitesse devrait plutĂŽt se tourner vers la catĂ©gorie de balles ayant des propriĂ©tĂ©s similaires mais dotĂ©es d’une forte capacitĂ© de contrĂŽle d’expansion grĂące Ă  leur composition de noyau et chemise liĂ©s par fusion. Ce groupe, incluant les Nosler AccuBond, Hornady InterBond et Swift Scirocco, et plusieurs autres passeront sous la loupe de notre examen dans un prochain article.

(Extrait du numĂ©ro de juillet 2007 du magazine Sentier Chasse-PĂȘche)

 

 

 

 

 

 

La densité de section : un guide de poids

La densitĂ© de section, appelĂ©e sectional density en anglais, reprĂ©sente un ratio de poids par rapport au diamĂštre d’un projectile. Les balles de mĂȘme forme et de mĂȘme composition ayant un plus grand poids (donc une plus grande longueur) par rapport Ă  leur diamĂštre ont une plus grande force d’inertie (momentum), conservent leur vitesse plus longtemps et ont une meilleure capacitĂ© de pĂ©nĂ©tration. Ainsi, une balle de calibre .308 de 180 grains aura une densitĂ© de section plus grande (.271) qu’une autre de 150 grains (.226).

Avec une petite calculatrice, vous pouvez facilement dĂ©terminer la densitĂ© de section de vos projectiles. La formule consiste Ă  diviser le poids du projectile en livre (poids en grains divisĂ© par 7000) par le diamĂštre au carrĂ© du projectile. Par exemple, pour une balle de 150 grains en calibre .308, .30-06 ou .300 Win. Mag. (mĂȘme diamĂštre) : 150 Ă· 7000 = .0214285  Ă· (.308 x .308 = .094864) = .226. Pour vos besoins de calcul, le vrai diamĂštre des balles de calibre .270 est .277 et celui des 7 mm est de .284.

 

Ce facteur de densitĂ© de section peut donc servir de guide de base dans le choix d’un poids de balle adĂ©quat pour diffĂ©rents gibiers. Des experts chevronnĂ©s comme Rick Jamison recommandent une densitĂ© de section d’au moins .210 pour des gibiers de la taille du cerf et de .260 pour le wapiti ou l’orignal. Pour les besoins de polyvalence requis pour nos quatre grands gibiers quĂ©bĂ©cois, je suis d’avis qu’une densitĂ© de section de prĂšs de .260 est Ă  privilĂ©gier. Cependant, le concept de densitĂ© de section se trouve aujourd’hui quelque peu dĂ©jouĂ© par la rĂ©sistance des balles Ă  expansion contrĂŽlĂ©e. De façon empirique, je suis d’avis que l’utilisation de telles balles peut permettre de considĂ©rer comme parfaitement adĂ©quate une densitĂ© de section d’environ .250, et mĂȘme un peu moins dans le cas de balles Ă  expansion fortement contrĂŽlĂ©e.


 

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