Les paramÚtres qui suivent sont ceux qui ont les plus grands effets sur la température de l'eau. Le ratio surface/volume. Les lacs recueillent la majeure partie de leur chaleur par les rayons du soleil et le vent, qui réchauffent la surface. Ils perdent leur chaleur par la surface. Plus la surface d'un lac est grande comparativement à son volume total, plus il se réchauffe vite au printemps et plus il se refroidit hùtivement en automne.
Si deux lacs voisins ont des tailles et des formes similaires, le lac le moins profond a le ratio surface/volume le plus Ă©levĂ©; il se rĂ©chauffe donc plus rapidement au printemps et se refroidit plus vite Ă l'automne. Ce plan d'eau est le meilleur choix pour la pĂȘche en dĂ©but de saison, alors que le plus profond est supĂ©rieur en automne.
L'exposition au vent
La plupart des lacs peu profonds et ayant la forme d'un bol sont complÚtement exposés au vent. La circulation de l'eau se fait de la surface jusqu'au fond et ils se réchauffent et se refroidissent donc plus rapidement que les lacs étroits et profonds, ceux ayant un axe perpendiculaire aux vents dominants.
La latitude
La tempĂ©rature de surface estivale maximale d'un lac du nord peut ĂȘtre presque aussi Ă©levĂ©e que celle d'un lac similaire dans le sud, mais le lac mĂ©ridional se rĂ©chauffe plus tĂŽt au printemps et demeure chaud plus tard Ă l'automne. Ătant donnĂ© que la saison de croissance y est plus longue, les poissons grandissent plus rapidement dans le lac du sud.
Dans l'Arctique, les lacs sont libres de glace durant seulement deux ou trois mois au cours de l'annĂ©e. Comme la tempĂ©rature de surface dĂ©passe rarement les 10°C (50°F), ces eaux sont idĂ©ales pour les espĂšces adaptĂ©es Ă l'eau froide, comme le touladi, qui croit trĂšs lentement et peut demeurer immature jusqu'Ă l'Ăąge de 15 ans. Le dĂ©veloppement des oeufs est si lent que les touladis peuvent ne s'y reproduire qu'Ă tous les deux ou trois ans. Dans les lacs du sud des Ătats-Unis, la tempĂ©rature de surface descend rarement en-dessous de la barre des 15°C (60°F), mĂȘme au milieu de l'hiver. Les poissons demeurent actifs tout au long de l'annĂ©e. Seulement les espĂšces d'eau chaude, comme l'achigan Ă grande bouche, sont originaires de ces lacs.
L'altitude
L'altitude affecte la tempĂ©rature de l'eau Ă peu prĂšs de la mĂȘme maniĂšre que la latitude. Les lacs de haute altitude se rĂ©chauffent plus tard et se refroidissent plus tĂŽt que les lacs similaires sis Ă faible Ă©lĂ©vation.
Les sources d'alimentation
Sauf dans les trĂšs petits lacs, les sources d'alimentation en eau ont trĂšs peu d'effet sur la tempĂ©rature aquatique. Plusieurs pĂȘcheurs croient que les lacs alimentĂ©s par des sources sont beaucoup plus froids que les autres lacs, mais c'est rarement le cas. MĂȘme si un lac est alimentĂ© par des sources, la chaleur absorbĂ©e par la surface rĂ©chauffe le lac plus rapidement que les sources ne le refroidissent. On peut retrouver des poches d'eau fraĂźche autour des sources, mais elles n'ont que peu d'effet sur la tempĂ©rature gĂ©nĂ©rale du plan d'eau.
Ceci est également valable pour les ruisseaux froids se déversant dans un lac. On peut retrouver une traßnée d'eau fraßche autour de l'embouchure du ruisseau, mais à moins qu'il ne s'agisse d'une riviÚre large se déversant dans un lac trÚs petit, le cours d'eau ne peut fournir suffisamment d'eau pour rafraßchir tout le plan d'eau.
LA STRATIFICATION D'UN LAC
Comme la majeure partie de la chaleur d'un lac provient du soleil, il serait donc normal de s'attendre à ce que la température soit plus élevée à la surface et qu'elle décroisse rapidement en profondeur. Mais c'est rarement le cas... Durant une journée calme et ensoleillée, la surface présentera quelques degrés de plus que l'eau sise juste en dessous. Mais lorsque le vent commence à souffler, le mouvement de l'eau distribue la chaleur uniformément à travers la couche supérieure du lac. L'épaisseur de cette couche supérieure, ou épilimnion, dépend principalement de la taille du lac. Dans un grand lac, l'eau se mélange généralement jusqu'à une plus grande profondeur, que dans un petit lac; considérant la plus vaste surface de balayage, le vent a une puissance de brassage supérieure.
Sous l'Ă©pilimnion, l'eau est plus fraĂźche et elle est, consĂ©quemment, plus dense. Elle rĂ©siste donc au brassage imposĂ© par le vent. La tempĂ©rature dans cette couche mĂ©diane, ou mĂ©talimnion, descend rapidement avec la profondeur; la zone oĂč elle chute le plus drastiquement est appelĂ©e la thermocline. Souvent, les deux termes sont utilisĂ©s un Ă la place de l'autre.
L'hypolimnion s'Ă©tend de la limite infĂ©rieure de la thermocline jusqu'au fond. Ătant donnĂ© que cette zone est bien isolĂ©e des effets du soleil et du vent, sa tempĂ©rature est relativement uniforme. Durant les mois chauds de l'annĂ©e, cette configuration en trois couches est typique Ă la plupart des lacs naturels de l'AmĂ©rique du Nord. Ces lacs sont dits stratifiĂ©s. Seuls les lacs trĂšs peu profonds ne se stratifient pas; le vent entraĂźne alors une circulation de l'eau de la surface jusqu'au fond.
La stratification thermique persiste en dĂ©but d'automne, jusqu'Ă ce que la tempĂ©rature de l'Ă©pilimnion approche celle de l'hypolimnion. Au fur et Ă mesure que l'eau de surface se rafraĂźchit, elle devient plus dense et cale. Lorsque les couches supĂ©rieure et infĂ©rieure sont de tempĂ©rature et de densitĂ© Ă©gales, mĂȘme un faible vent engendre la circulation de toute l'eau du lac, brassant la masse aquatique de la surface jusqu'au fond. Ce phĂ©nomĂšne est appelĂ© le renversement automnal (voir l'illustration ci-haut). Le moment prĂ©cis oĂč ce renversement automnal survient varie d'un lac Ă l'autre et d'une annĂ©e Ă l'autre. Un lac peu profond se renverse plus tĂŽt qu'un plan d'eau profond; comme la tempĂ©rature au fond est plus chaude, l'eau de surface se refroidira Ă la mĂȘme tempĂ©rature plus tĂŽt en automne. Durant un automne chaud, l'eau met plus de temps Ă se refroidir en surface, ce qui retarde le moment normal du renversement.
