Dans toute carabine, la constance représente un élément-clé de la précision : constance de charge, de courbe de pression suite à la mise à feu, de rythme de vibrations du canon, etc., sans compter bien sûr la constance de technique du tireur. Dans une carabine à percussion centrale, même si une bonne partie de la constance de charge est réglée d’avance, les adeptes de rechargement cherchent à améliorer encore davantage cette constance – et par conséquent la précision de leur arme – avec leurs munitions personnalisées.
Un autre élément résultant en un manque de constance dans les armes à feu est le taux de friction différent du premier coup tiré dans un canon propre et des projectiles suivants propulsés à travers une âme de canon de plus en plus encrassée. Par exemple, n’importe quel utilisateur expérimenté de carabine à percussion centrale vous dira que le point d’impact du premier coup tiré avec un canon qui vient d’être nettoyé est la plupart du temps quelque peu déporté par rapport aux coups suivants. Dans une carabine à percussion centrale, le léger encrassement demeure relativement stable pour un bon nombre de coups après le premier, ce qui fait qu’un nettoyage est rarement requis dans l’intervalle pour conserver la précision de l’arme.
Ceci a probablement contribué à l’attitude négligente envers le nettoyage chez les transfuges devenus utilisateurs d’ACB. En effet, la plupart des chasseurs à l’arme à chargement par la bouche font preuve de paresse en négligeant de nettoyer leur arme suffisamment fréquemment pour assurer une bonne constance de friction du projectile, sans compter qu’une telle négligence peut faire augmenter à des niveaux inquiétants la pression lors de la mise à feu. Comme les substituts modernes de poudre noire produisent tous (quoique à différents niveaux) des résidus de combustion beaucoup plus importants que ceux des poudres sans fumée, ceux-ci s’accumulent rapidement sur les parois internes du canon des armes à chargement par la bouche, au point d’avoir dans certains cas toutes les misères du monde à charger les balles subséquentes.
Une arme exigeante
Dans une ACB, la simple différence de compaction de la poudre lors de l’étape finale de chargement du projectile peut aussi produire des différences notables de vélocité, comme il m’a souvent été possible de le vérifier au chronographe. Par contre, il est possible d’arriver à une bonne constance par le «feeling» de pression qu’on met sur la baguette pour asseoir la balle sur la colonne de poudre. Une telle différence peut aussi exister avec les pastilles, selon que le sabot de la balle est fortement compressé sur les pastilles (parfois au point de les écraser) ou simplement appuyé sur celles-ci sans grande pression. C’est encore une fois une question de «feeling» de pression sur la baguette au moment d’asseoir la balle, mais ce qui peut complètement déjouer ce «feeling» c’est l’encrassement cumulatif rendant plus ardue la pénétration et le glissement du projectile (surtout d’une balle-sabot) à l’intérieur du canon.
Après un premier coup tiré avec un substitut comme le Pyrodex ou le TripleSeven – et surtout si on utilise une forte charge – il se forme au début de l’âme du canon un cerne d’encrassement incrusté, et cette incrustation s’accentue à chaque coup suivant. Si ce cerne n’est pas nettoyé, il peut rendre très difficile la rentrée à fond de la balle lors des chargements suivants, ce qui risque de laisser un espace d’air entre la charge de poudre et le culot du sabot, une situation potentiellement dangereuse et pour le moins nuisible à la constance de vélocité et de précision.
C’est une des raisons pour lesquelles il est important de tracer une marque sur la baguette indiquant la bonne profondeur de pénétration de celle-ci dans le canon lorsque la charge est proprement assise. D’un autre côté, si on se rend compte que la balle n’est pas tout à fait rentrée à fond à cause d’un blocage sur le cerne et si on force la poussée sur la baguette, on risque d’endommager la jupette du sabot au passage forcé sur le cerne, et si on utilise des pastilles de poudre compressée, d’écraser ces dernières par cette poussée exagérée. Dans l’un et l’autre cas, la constance de vitesse et la précision en souffriront.
En un mot, les armes à chargement par la bouche et les habitudes désinvoltes et négligentes de l’utilisateur ne font vraiment pas bon ménage, notamment au point de vue de la précision, et il faut se souvenir que rien ne sert d’avoir l’arme et la charge la plus puissante si l’ensemble manque de précision. Donc, cet article représente en quelque sorte un réquisitoire pour inciter les utilisateurs à adopter une attitude et des habitudes plus minutieuses et plus soigneuses envers ce type d’arme pour en soutirer le maximum d’efficacité. À ce chapitre, même si je ne prétends pas détenir LA solution miracle, je vous propose la procédure personnelle suivante qui m’assure des résultats très satisfaisants.
Premières précautions
Je prends pour acquis que l’arme a été proprement nettoyée à fond après la séance de tir précédente, car il faut être conscient qu’il s’agit là d’une nécessité absolue à cause du fait que les résidus de combustion de la plupart des substituts à la poudre noire attirent l’humidité comme un aimant et provoquent la corrosion du métal en un rien de temps. Et ne comptez pas trop sur l’acier soit-disant inoxydable pour empêcher complètement cette réaction, tout au plus peut-il en retarder les effets. Si ce nettoyage a été omis, vous pouvez encore «sauver les meubles» en l’effectuant le plus tôt possible, mais il faut être conscient que l’âme du canon de votre arme porte probablement déjà d’irrémédiables piqûres de rouille. Pour les explications d’une bonne procédure de nettoyage à fond, vous devrez vous référer en fin d’article.
Donc, on aborde le tir avec une âme de canon propre et sèche, et on s’assure en premier lieu qu’aucune amorce n’est présente sur la cheminée. Si vous utilisez des pastilles de Pyrodex, assurez-vous que la petite partie plus foncée de la pastille (représentant une portion de poudre d’amorçage) soit orientée vers le bas lorsque vous la déposez dans le canon; les pastilles sont orientées de la bonne façon dans leur contenant d’origine. Les pastilles de TripleSeven ne comportent pas de poudre d’amorçage et leur orientation n’a pas d’importante; si vous utilisez de la poudre granulaire, tenez le canon bien à la verticale pendant le versement de la charge, puis donnez quelques coups de la paume de la main sur le côté de l’arme pour forcer la chute de toutes les granules au fond du canon.
Généralement, une balle-sabot n’est pas trop dure à insérer à la main dans le bouche d’une canon propre, d’autant plus que plusieurs armes modernes comportent une section de bouche dépourvue de crêtes de rayures pour justement faciliter ce début de chargement et éviter l’utilisation d’un démarreur de charge. Les balles de type PowerBelt sont beaucoup plus faciles à charger, car seule la jupette s’engage dans les rayures du canon alors que la balle elle-même porte sans friction sur le dessus des arêtes. Les nouvelles balles Hornady SST-ML avec sabot Low Drag sont également beaucoup plus faciles à charger que les balles-sabots traditionnelles.
La plupart des embouts communs de baguette d’ACB ont une cavité qui ne convient bien qu’à des balles à bout rond ou plat, alors que la tendance moderne va vers des balles à bout pointu présentant un bien meilleur coefficient balistique. Si vous utilisez ce genre de balle, il est donc primordial de vous procurer un embout spécial avec cavité profonde et fuselée, de façon à ne pas endommager le projectile lors du chargement; Hornady offre par exemple l’embout SST-ML Ramrod Tip en calibre .45 ou .50.

Un autre accessoire que je considère essentiel à ajouter à la baguette est un guide de bouche que l’on peut se procurer dans le commerce ou fabriquer soi-même à partir d'un adaptateur de boyau d'arrosage en plastique. Cet accessoire servira à éliminer toute possibilité de friction de la baguette (en métal sur la plupart des armes récentes) contre les crêtes de l’âme du canon, autant lors du chargement que du nettoyage. Les parois d’une âme de canon éraflée par les frottages incessants de la baguette représentent un autre élément nuisible pour la précision.

Il faut effectuer une poussée lente et progressive de la balle jusqu’au fond, en maintenant le guide contre la bouche du canon. Souvenez-vous que le sabot de plastique doit demeurer engagé dans les rayures du canon tout au long de sa descente pendant laquelle il effectuera environ un tour complet sur lui-même à cause du pas de spirale de l’âme du canon. Conséquemment, il serait indiqué d’utiliser soit un embout à rotation libre, soit une poignée rotative pour que la baguette puisse suivre la mouvement rotatif de la balle pendant la descente.
Une fois la balle bien assise à fond sur une charge de poudre granulaire, il faut appliquer une pression raisonnable pour compresser cette charge à un niveau le plus constant possible d’un coup à l’autre; avec des pastilles, cette pression ne sert qu’à assurer le bon contact du culot du sabot sur la charge et ne doit pas écraser les pastilles. Une fois que la bonne charge aura été déterminée, une marque pourra être gravée sur la baguette à affleurement de la bouche pour servir d’indication de bon enfoncement des charges suivantes et éviter la possibilité de poche d’air entre le culot du sabot et la charge de poudre. Surtout, évitez la mauvaise manie de taper la baguette sur la balle en fin de chargement.
Après le tir, certaines armes à bascule possèdent un extracteur d’amorce automatique à l’ouverture. Sur certaines ACB à verrou, l’accès au logement de l’amorce est limité et il peut être utile de recourir à un petit outil à fourchette spécialement conçu à cet effet. Dans la plupart des autres cas, il est possible de retirer la vieille amorce en se servant des ongles de l’index et du pouce.
Nettoyage ou essuyage
À cause des résidus de combustion laissés par la plupart des substituts à la poudre noire, je considère nécessaire d'effectuer un nettoyage sommaire du canon entre chaque coup pour obtenir la meilleure constance de précision. Oh, je ne dis pas que je ne pourrais pas sauter cette étape dans le cas éventuel où il me faudrait administrer rapidement le coup de grâce à un gibier, mais ce nettoyage sommaire m’apparaît incontournable dans la plupart des autres cas.

Comme de nombreux utilisateurs d’ACB semblent allergiques au mot «nettoyage», parlons plutôt de quelques passages rapides d’essuyage de canon après chaque tir. Pour cela, il ne faut qu’une petite réserve de tampons de coton (le format carré de 1 3/4 po fait bien l’affaire dans un calibre .50) et un agent nettoyeur. Pour cet usage, je n’aime pas beaucoup les solvants spéciaux à poudre noire qui ont tendance à laisser un résidu graisseux, alors que je désire que l’âme du canon soit la plus sèche possible lors du chargement suivant.
Depuis plusieurs années, j’ai recours à de l’alcool isopropylique (alcool à friction) qui dilue bien les résidus en question et qui s’évapore rapidement. Plus récemment, j’ai vu sur Internet une mixture artisanale constituée d’une part d’alcool à friction et une demi-part de savon Murphy’s Oil Soap; comme ce dernier élément n’est pas courant dans ma région, j’y ai substitué du nettoyeur Fantastik tout usage, du genre «vaporisez et essuyez, aucun rinçage nécessaire». Il existe aussi des produits commerciaux de ce genre, comme le Hornady One Shot Muzzleloader Cleaner and Protectant.
Aussitôt après le tir, j’introduis le guide de bouche sur la baguette, humecte un tampon avec la mixture de nettoyage et l’introduis dans la bouche du canon en maintenant l’arme sur les supports de tir. Le guide de bouche maintenu en place d’une main, je passe le tampon par petits mouvements de va-et-vient tout le long du canon (et surtout au niveau du cerne d’incrustation), puis je retourne le tampon et refais le même genre de passages de nettoyage. Finalement, je place un tampon propre sur l’embout et répète l’opération de passages de nettoyage avec les deux côtés du tampon.
À la fin de ces passages avec la mixture de nettoyage mentionnée ci-dessus, le deuxième côté du dernier tampon en ressort presque sec, et j’ai chronographié toute cette opération en un laps de temps de 1 minute et 15 secondes sans me hâter. Vous serez probablement étonné de la facilité de chargement du projectile suivant, même avec une balle-sabot à passage serré. Évidemment, la recherche de la charge la plus précise nécessite habituellement quelques essais et erreurs, mais vous aurez peut-être l’heureuse surprise de constater l’amélioration de précision de votre charge habituelle par ce simple processus de nettoyage sommaire entre chaque coup.
Certains tout nouveaux substituts comme le BlackHorn209 (dont Greg Guardo fait état dans un autre article présenté sur ce portail) présenteraient selon le fabricant une combustion suffisamment «propre» pour éliminer la nécessité de nettoyage entre les coups. D'ailleurs, le fabricant en question avise également de ne pas utiliser de produits de nettoyage d'armes à poudre noire solubles à l'eau, mais plutôt des solvants pour armes modernes à base de produits pétroliers. Je dois donc préciser ici que ce qui précède s'adresse surtout aux utilisateurs des substituts «traditionnels» à la poudre noire les plus connus, comme le Pyrodex et le TripleSeven, sous forme granulaire ou en bâtonnets.
Le vrai nettoyage
Au retour du champ de tir ou à la rentrée au camp après une journée de chasse où l’arme a tiré ne serait-ce qu’un coup, il est nécessaire de procéder à un nettoyage en profondeur car les résidus de combustion de la plupart des propulsifs sont hygroscopiques, c'est à dire qu'ils attirent l'humidité, et ces résidus ont des effets corrosifs. Dans ce cas, j’attends que l’arme ait pris la température de la pièce pour procéder à un essuyage de la condensation sur toutes les parties visibles et au nettoyage en profondeur de l’âme du canon. J’espère moi aussi que les résidus des nouveaux propulsifs substituts pour ACB ne démontreront aucun effet corrosif à moyen et long terme, mais en attendant je ne veux surtout pas courir de risque de voir l’âme de mon arme attaquée par la corrosion à cause d’une négligence d’entretien.
Autant que possible, je place l’arme sur un support solide (canon démonté dans le cas d’une arme à bascule) et je retire le bouchon de culasse dont je nettoie les moindres recoins avec la même mixture artisanale mentionnée plus haut (encore une fois, une arme ayant utilisé la poudre BlackHorn209 doit plutôt être nettoyée avec des solvants pour armes à feu modernes). Pour nettoyer l’orifice de cheminée, j’ai réussi à dénicher dans un magasin spécialisé dans la vente d’appareils au propane un petit outil (Tru-Flame Tip Cleaner) comprenant plusieurs petites tiges de diamètres différents conçues pour le nettoyage des buses de ce type d’appareil et qui conviennent parfaitement pour la cheminée du bouchon de culasse d’une ACB. À la rigueur, un tout petit foret de perceuse peut faire l’affaire.
Pour le nettoyage du canon par des passages d’un bout à l’autre, de la culasse vers la bouche, il faut utiliser soit une extension de la baguette de chargement ou une plus longue baguette de nettoyage spécifique (s’assurer que les filets des embouts sont compatibles), avec poignée rotative dans les deux cas. Le guide de baguette est encore ici nécessaire pour éviter que cette dernière ne frotte sur les parois internes du canon, et dans le cas d’une arme à verrou, un tube d’extension qui se visse dans les filets de la culasse empêchera les solvants et saletés de s’écouler dans le mécanisme pendant le nettoyage.
Je commence par placer sur l’embout un tampon humecté de mixture nettoyante que je passe dans le canon par petits mouvements progressifs de va-et-vient, opération que je répète une seconde fois. Puis, je remplace l’embout par la brosse de bronze que je passe à plusieurs reprises d’un bout à l’autre avant de remettre l’embout à tampon pour effectuer un essuyage par le passage de 2 ou 3 tampons des deux côtés. À la fin de cette opération, la propreté du canon est habituellement assurée (le dernier tampon devrait sortir bien propre du canon), étant donné que le nettoyage sommaire effectué entre chaque coup n’a pas permis de grande accumulation de saletés. Cependant, dans le doute je n’hésite pas à répéter au complet la procédure décrite dans ce paragraphe.
Si je dois ranger l’arme pour un certain temps, je prends soin d’effectuer une opération supplémentaire de nettoyage. La pâte de polissage Flitz Metal Polish (www.flitz.com) est ce que je connais de meilleur pour aller soutirer au plus profond des pores du métal les moindres résidus tenaces de saleté ou même de début de rouille et assurer une protection du métal contre la corrosion ultérieure. La pâte est appliquée sur un tampon qui est ensuite passé en mouvements de va-et-vient pour atteindre les moindres recoins des rayures, puis ce tampon est remplacé par un propre pour un frottage et essuyage immédiat; les tampons propres sont ensuite successivement remplacés au besoin jusqu’à ce que le dernier ressorte immaculé de son passage dans le canon.
Dernières précautions
Il reste alors à effectuer le nettoyage des filets prévus pour recevoir le bouchon de culasse à l’arrière du canon, ceux-ci ayant probablement été envahis de résidus de combustion lors des tirs précédents, ainsi que d’écoulements de saletés lors des passages de baguette pendant le nettoyage. Pour cela, j’installe sur la baguette une brosse de bronze sur laquelle j’enroule en spirale une lanière de coton imbibée de mixture nettoyante et j’introduis cette brosse par rotations dans les filets. Ensuite, le remplacement de la lanière de coton imbibée par une autre propre devrait permettre de finaliser le nettoyage de cette partie.
Les filets sur le bouchon de culasse lui-même peuvent subir le même traitement de nettoyage en y maintenant un tampon entre les ongles du pouce et des deux premiers doigts de la main et en «vissant» le bouchon de l’autre main. Avant de remettre le bouchon en place, une bonne précaution consiste à appliquer sur les filets une couche de lubrifiant spécial en gel, comme le Wonder Lube de Traditions. Ceci devrait empêcher le bouchon de «coller» durement en place suite à l’encrassement des tirs subséquents, mais si c’était le cas malgré tout, il suffirait de laisser le canon fermement appuyé à la verticale (préférablement après l’avoir démonté et en avoir déposé la base dans un plat de plastique) et d’y verser de l’eau chaude à l’aide d’un petit entonnoir. Après une heure ou deux de ce trempage, le bouchon devrait pouvoir être retiré facilement. Évidemment, il faudra compléter par un nettoyage en profondeur.
Certains modèles d’ACB ont la manie de laisser échapper par la culasse quelques jets de retour de combustion ainsi que de possibles particules de mixture d’amorçage, déposant à la longue sous le tube du télescope une accumulation de résidus de carbone et de particules abrasives. Il existe dans le commerce des manchons protecteurs spécialement conçus à cet effet, mais l’application sous le tube de simples bandes de ruban gommé de masquage (masking tape) ou de conduit (duct tape) peut assurer cette protection tout en étant facilement remplaçables.
Au champ de tir, si vous éprouvez des difficultés à obtenir la précision désirée de vos charges, tâchez de récupérer les sabots et examinez-les minutieusement. Vous devriez y voir l’impression bien marquée des crêtes de l’âme du canon et les pétales devraient être largement ouverts, preuves que les sabots «relâchent» rapidement les balles à la sortie du canon et qu’ils n’interfèrent pas avec leur trajectoire. Des sabots aux pétales pas ou peu ouverts sont une indication qu’il vaudrait probablement mieux revoir votre choix de charge ou de projectile.

L’examen des sabots tirés peut en dire long sur le bon comportement du projectile lors du passage dans le canon et après sa sortie. Les pétales bien ouverts et les marques bien distinctes des arêtes de l’âme du canon sur les trois sabots du bas témoignent d’un comportement parfait, mais les pétales du sabot de droite en haut n’ont même pas ouvert, indiquant un problème de charge à régler.
Les baguettes de chargement qui sont fournies avec les armes à chargement par la bouche modernes sont généralement constituées d’un alliage métallique, et quand on effectue le chargement de balles-sabots ou le nettoyage par la bouche de ces armes, il est très important d’utiliser un guide de bouche pour prévenir les frictions indues de la baguette contre les parois internes de la couronne de bouche, ces frictions répétées pouvant devenir «mortelles» pour la précision de l’arme. Malheureusement, j’ai rarement vu un tireur à l’arme à chargement par la bouche utiliser un tel guide de bouche, même ceux qui doivent forcer pour faire pénétrer une balle-sabot rébarbative dans un canon crasseux au point de faire fléchir la baguette et la faire frotter fortement à l’intérieur de l’âme du canon.
Pourtant, de tels bagues-guides de bouche en laiton sont normalement assez faciles à trouver chez un marchand spécialisé en matériel pour ce type d’arme, mais je conviens que ce n’est pas nécessairement le cas pour toutes les petites boutiques en région. Cependant, on trouvera certainement à la quincaillerie locale un adaptateur en plastique pour le raccord rapide d’un boyau d’arrosage à un robinet, et cet accessoire représente la pièce-maîtresse pour la fabrication artisanale d’un excellent guide de bouche.

Il suffit d’enlever la bague de scellement (O-Ring) de caoutchouc de l’adaptateur original et de coincer une tige de foret de diamètre approprié dans son orifice central, puis en maintenant la tige dans le mandrin d’une perceuse (idéalement à colonne) d’appliquer une lime à angle sur la portion avant de l’adaptateur pendant que la perceuse tourne, de façon à lui donner une forme fuselée qui pourra pénétrer de quelques millimètres à l’intérieur de la bouche de l’arme. Finalement, il ne reste plus qu’à retirer ce forêt et à repercer l’orifice central au diamètre approprié pour que l’accessoire puisse coulisser librement sur la baguette (habituellement environ 3/8 po).
À chaque fois que vous chargez une balle-sabot (ou que vous effectuez un passage de nettoyage), assurez-vous de maintenir le guide de bouche bien en place pendant tout le temps que vous poussez sur la baguette pour descendre la balle à fond, vous assurant ainsi que la baguette ne frotte en aucun temps à l’intérieur du canon.