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Liévre d'Amérique
 Li

 

Le lièvre d'Amérique

 

Probablement un des petits mammifères les plus connu et les plus prolifique au Canada, le lièvre d'Amérique occupe toute les provinces canadiennes et compte pas moins de 11 sous-espèces à travers le pays.

 

 

L'animal


Le lièvre se reconnaît facilement à ses grandes oreilles et à ses longues pattes postérieures touffues. D'ailleurs, la taille démesurée de ses pattes lui a valu le nom anglais de «snow shoe hare» ou si vous préférez de lièvre à raquette.

Son pelage, brun l'été et blanc immaculé l'hiver, est aussi une autre caractéristique de l'espèce. À propos de ce changement de couleur saisonnier, disons que contrairement à la croyance populaire, il n'a rien à voir avec l'apparition de la neige à l'automne et à la disparition de celle-ci au printemps. C'est simplement la diminution (ou augmentation) de la période d'ensoleillement journalière qui en est responsable. De plus, ce ne sont pas les poils qui changent de couleur, mais plutôt une mue bisannuelle qui est responsable de la variation de teinte.


Les mue d'automne et de printemps durent environ deux mois et demi et commencent vers la fin de septembre dans le premier cas et vers le début de mars dans le second cas. Durant l'hiver, seul le bout de ses oreilles, ses paupières et ses yeux foncés contrastent avec le blanc de la neige et trahissent sa présence.
L'animal pèse en moyenne environ 1,8 kg (4 lb), mais son poids varie passablement en cours d'année atteignant son maximum en novembre et en juin. Normalement, la femelle est légèrement plus grande que le mâle.

 

Moeurs


Le lièvre est surtout un animal nocturne qui commence habituellement à s'activer au crépuscule. Toutefois, cette activité est grandement relié au degré de luminosité ambiante. Par une journée très sombre par exemple, il pourra être actif toute la journée.

 

C'est un animal très rapide pour sa taille pouvant facilement atteindre une vitesse de plus de 45 km/h et effectuer des bonds de près de 3 m lorsqu'il est pourchassé. Le lièvre possède aussi un sens de l'audition extrêmement développé. On dit même qu'il peut détecter l'approche d'un prédateur par les seules vibrations des pas de ce dernier.

 

Le lièvre passe beaucoup de temps à entretenir des réseaux de sentiers complexes qu'il connaît dans les moindre détails. Cette parfaite connaissance lui permet de déjouer ses poursuivants qui finissent par se perdre dans le dédale de traces fraîches et de cachettes potentielles. Durant l'hiver, les sentiers prennent l'aspect de véritable tranchées profondes dans la neige, tandis que l'été ils sont tout de même assez visibles dans les sous-bois de mousses par exemple.

 

Durant la belle saison, les lièvres aiment bien se dissimuler au pied des buissons, près des grosses pierres ou des souches ou encore sous les branches basses d'un arbre ou d'un arbuste. Au cours de l'hiver il choisissent souvent la base des petits arbres dont les branches ploient sous le poids de la neige ou encore ils se creusent de cours tunnel dans la neige.

 

En été, le régime alimentaire du lièvre se compose principalement d'herbes et de plantes vertes tandis que durant l'hiver, ils se nourrissent surtout de bourgeons, de brindilles et d'écorce. Lorsque les populations sont extrêmement abondante et que la nourriture se fait rare, ils ont parfois des tendances adelphophages, dévorant les carcasses gelées de leur congénères. Enfin, comme le lapin, le lièvre s'adonne à la caecotrophie, c'est à dire qu'il ingurgite ses fèces pour une deuxième digestion.

Les variations de densité chez les populations de lièvre ont été le sujet de plusieurs études scientifiques. D'ailleurs les cycles d'abondance de cette espèce culminant à chaque 9 ou 10 ans font partie des premiers concepts théoriques enseignés dans les cours d'écologie. D'une façon très succincte, disons que les populations de lièvres augmentent graduellement, deviennent surabondante, ruine leur habitat et diminues de façon drastique entraînant avec des prédateur qui en dépendent directement comme le lynx par exemple. Pour donner un exemple des densités extrêmes que peuvent atteindre les populations de lièvre on a déjà répertorié des densité de plus de 1224 individus au km2 dans le grand nord canadien et des densités de 3600 lièvres au km2 dans des habitats encore plus propices. Toutefois, pour des habitats de bonne qualité, on dit que des densité de 93 à 194 lièvres par km2 représentent le maximum que peut supporter l'habitat.

 

Reproduction


C'est vers la mi-mars que débute la saison des amours et peut parfois s'étendre jusqu'en septembre. Les femelles peuvent mettre bas jusqu'à quatre fois par année et donner naissance en moyenne à près de 4 rejetons par portée après une période de gestation d'environ 36 jours. Vous imaginez sans doute l'augmentation exponentielle des populations qui peut s'en suivre rapidement. À l'approche de la mise bas, la femelle construit un lit d'herbe pour les petits. À leur naissance ces derniers sont étonnamment développés et sont déjà recouvert d'un long pelage soyeux. Contrairement à bien d'autres petits mammifères, leurs yeux s'ouvrent rapidement et trois jours après leur naissance ils commencent à sautiller. Après seulement 8 jours ils ont doublés leur poids et c'est à ce moment qu'ils commencent à se nourrir d'eux-mêmes. Les jeunes sont sevrés vers la troisième semaine et ceux qui naissent tôt en saison pourront déjà se reproduire au cours de leur première année d'existence.