Ma première chasse
Dans ma famille, la chasse est très pratiquée, petit ou gros gibier, c’est une tradition! Depuis toute petite, même dans une poussette je suivais mon papa pour aller à la perdrix! J’ai appris beaucoup de chose à notre camp situé dans le coin de Chibougamau au Lac Rohault. C’est un très bon endroit pour la pèche aux dorés et la chasse aux perdrix. Malheureusement, à cause du braconnage il n’y a plus beaucoup d’orignaux. À l’âge de 12 ans, j’ai passé mon cours de manipulation et port d’arme et je l’ai réussi! J’étais très contente, surtout que j’ai eu un fer plat en cadeau! Et oui parce que je suis tout de même une fille! En tradition nous allons, mes parents, mon frère, mes grands-parents et parfois mes cousins, mon oncle et ma tante au camp à tous les St-Jean Baptiste et à toutes les Actions de Grâce, nous ne pouvons pas toujours y aller car nous habitons loin. À chaque fois, j’en profite pour aller voir mes amis de Chibougamau car après être déménagée, j’ai gardé contact avec eux! Parfois notre famille de Chibougamau nous rend aussi visite au camp! Mais cette année, nous n’avons pu aller à la chasse à la perdrix et aux lièvres car j’ai eu la chance d’être pigée à la chasse de relève aux chevreuils et à l’orignal. Tout un hasard, aux nombres de personnes qui s’inscrivent, j’ai eu de la chance, on peut le dire. On m’a même conseiller d’acheter un billet de loto!
Ma première chasse cet automne dans la réserve de Port-Daniel, c’est-à -dire celle aux chevreuils n’a pas été très fructueuse puisque nous avons vu plus d’orignaux que de chevreuils. Les chevreuils que nous avons vus étaient des femelles alors que nous avions seulement droit aux males. Les paysages étaient très beaux et montagneux, de plus, il y avait une très grande diversité animale. Nous avons eu la chance d’avoir un employé de la réserve qui nous a accompagnés à certains moments de cette chasse, il s’y connaissait beaucoup. Il m’a appris un grand nombre de chose sur la nature. En sa compagnie, j’ai même entendue une femelle en chaleur avec son mâle, ce que, apparemment peu de gens ont la chance d’entendre dans leur vie. Par la suite, une autre femelle est venue au site appâté pour le chevreuil à environ 30 mètres. Malheureusement, ce n’était pas encore le moment de la chasse à l’orignal pour moi puisque nous y allions la semaine d’après. La seule chose que j’espérais en allant à la réserve Matane était de ne pas seulement voir des chevreuils!
Et mon cauchemar a failli se réaliser quand 5 minutes après notre arrivée sur le chemin de notre zone de chasse à Matane, deux chevreuils se sont montrés le bout du nez devant nous dont un beau quatre pointes à porter de tir. Quelle ironie du sort! En arrivant, nous devions monter les tentes puisque, et oui, nous étions en camping. Je dois dire que j’appréhendais mal mon séjour en camping d’autant plus que nous étions à une période froide. Les températures durant notre voyage ont oscillées entre 5 et -5 degrés la nuit avec de la neige par moment. Quel plaisir de casser la glace à 5 heures du matin pour se faire un chocolat chaud! La première journée a commencé tranquillement jusqu’au midi où nous vîmes une femelle et son veau qui se sont sauvés à notre vue. Il faut dire que se fût choquant puisque nous avions justement droit seulement aux femelles et aux veaux. Après un bon diner avec mon frère, mes parents et mes grands-parents, nous sommes repartis pour chasser. Ce soir là , nous avons seulement vu des mâles. Choquant vous dites ? Le pire est que dans un beau bucher, ma mère et mon grand-père guettait pendant que moi et mon père marchions dans un chemin et que ma grand-mère et mon frère marchait dans un autre. Soudainement, un mâle s’est approché à 10 mètres d’eux et a traversé le chemin en les regardant. Il devait savoir qu’il ne se ferait pas tirer! Quand nous arrivâmes, ils nous contèrent leur histoire et nous montrèrent les photos. Tout le monde était en extase, il était le temps de prendre le chemin du retour quand tout à coup, un autre majestueux mâle se plante devant nous et nous regardent. Un mâle d’à peu près 50 pouces d’après mon papa, nous avions à ce moment un sentiment partagé de joie et de frustration. Le lendemain, nous vîmes une dizaine d’orignaux, majoritairement des mâles ou des femelles nerveuses qui se sauvaient. Il faut dire que cette zone était chassée depuis deux mois et seuls les orignaux sans bois étaient autorisés. Le troisième midi, après avoir seulement vu des femelles non à porte de tir et plusieurs mâles, nous prîmes la décision de tirer même sur les veaux si l’occasion se présentait. Vers 14 heures, nous sommes partis dans le secteur de chasse en étant à l’affut dans les chemins pour se rendre au secteur où nous avions décidés de nous séparer afin d’avoir plus de chance tout en étant en mesure de communiquer. Ma mère, mon frère, ma grand-mère et moi étions partis dans un super beau chemin en camion où nous avions préalablement vu des pistes fraîches, des couchés et de larges chemins empruntés par nos amis les orignaux. Mon frère, sur les conseils de chasseurs habitués de venir chasser à Matane, faisait le guet dans la boîte du camion. Il nous avait dit qu’il cognerait s’il verrait quelque chose. C’était un travail difficile puisqu’il faisait très froid. Tout à coup, il cogna à la fenêtre, ma grand-mère et moi, les seules détentrices d’un permis à ce moment, sommes sorties pour voir. Je ne voyais pas puisqu’une bordure de sapins séparait les deux côtés d’un champ. Alors je pris la décision d’avancer tranquillement suivie de ma grand-mère dans le chemin pour avoir une vue sur l’autre côté du champ. C’est là que nous vîmes l’orignal, cette fois, la chance était à nos portes puisqu’il n’avait pas de bois et était à bonne distance pour tirer, environ 125 mètres. Deux problèmes se présentaient, je devais tirer debout puisqu’il y avait des foins et des genres de fleurs qui étaient d’une hauteur d’environ un mètre et je n’avais aucun endroit pour m’appuyer. Je n’avais pas le choix, j’ai ajusté mon télescope à 3 car il me fallait un plus grand angle, je me suis avancée et déplacée vers la droite et j’ai tiré. Ensuite, nous l’avons perdue de vue. Je croyais devenir sourde puisque ma 308 avait un anti-recul, et le son du tir était vraiment fort. Mais je devais me concentrer sur l’orignal que je venais de tirer. Nous avons attendu un petit peu et ma mère et mon frère sont venus nous voir pour savoir si l’orignal était bien mort. Nous ne le savions pas mais je me doutais que je l’avais touché car il a sursauté lors de l’impact. En s’avançant, nous avons vu du sang sur les foins. Ma maman, accompagné de mon frère est donc tout de suite parti cherché mon père et mon grand-père. Pendant ce temps, environ 15 minutes après le tir, moi et ma grand-mère avons suivi les traces de sang laissées par l’orignal blessé. Ma grand-mère a aperçu la première la bête étendue par terre et me cria de regarder. Elle était folle de joie, tout comme moi, nous nous sommes mises à sauter et à se coller tout en criant. Nous avions enfin le droit de parler un petit peu! Quand les autres sont arrivés, nous leur faisions des grands signes, ils ont vite compris que nous l’avions trouvé. Nos efforts ont portés fruit, j’allais enfin pouvoir prendre une douche! Haha, en fait, j’avais enfin abattu mon premier gros gibier! Il ne restait plus qu’à l’arranger et à prendre des photos souvenirs en famille!
Maëlle Surprenant