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Canard Noir
 Canard Noir

D’un plumage brun fuligineux, le Canard noir (Anas rubripes) est commun dans les étangs et les marais de l’Est du Canada. Il est le seul canard commun de l’Est de l’Amérique du Nord chez qui les deux sexes sont à peu près identiques. Le mâle et la femelle du Canard noir ressemblent à la femelle du Canard colvert, quant à la taille et à l’aspect. Son corps brun est cependant plus foncé que celui du Canard colvert et, contrairement à lui, il est dépourvu de plumes blanchâtres en bordure de la queue et des bandes alaires blanches si facilement repérables. Le plumage de la tête et du cou est plus pâle que celui du reste du corps, et l’on peut remarquer sur l’aile un beau spéculum ou miroir bleu violacé. En vol, on reconnaît cet oiseau au contraste que produit le blanc du dessous des ailes avec le reste du corps.

 

Alimentation

 

À l’époque où naissent les canetons, la surface des ruisseaux, des lacs, des étangs et des marais est une soupe nutritive de larves de moustiques et d’autres invertébrés aquatiques (par exemple, des insectes et d’autres petits organismes). Ce sera la seule nourriture des canetons pendant leurs deux premières semaines de vie. À mesure qu’ils deviennent plus forts, ils passent à des proies plus grosses, comme des têtards et des escargots, avant de finalement manger, en barbotant en surface, les graines et les tubercules de diverses plantes aquatiques qui constituent alors le menu des adultes.


Les aliments d’origine animale, c.-à-d. bigorneaux, moules et escargots, deviennent de plus en plus importants pour les Canards noirs qui hivernent sur la côte. Ceux qui passent l’hiver dans les terres continuent de manger des graines et d’autres parties de diverses plantes aquatiques. Le maïs laissé après la récolte dans les champs, près des plans d’eau fréquentés par le Canard noir, est une source importante de nourriture à la fin de l’automne et en hiver.

 

Reproduction

 

La saison d’accouplement commence à l’automne et, à la mi-décembre, la plupart des couples sont formés. La période de rapprochement des immatures débute un peu plus tard, mais presque tous les Canards noirs sont appariés avant d’arriver sur les lieux de reproduction au printemps.

 

C’est la femelle qui choisit l’emplacement du nid : il est généralement situé dans une touffe d’herbes, sous un arbuste ou un arbre ou encore dans un trou ou une fourche d’arbre, près du sol. À l’aide de son bec et de ses pattes, elle creuse une dépression qu’elle garnit d’herbes, de feuilles et d’autres matières végétales sèches. Durant les 7 à 14 jours que dure la ponte des œufs blanc crème ou chamois verdâtre, au nombre de 7 à 12 (9 en moyenne), elle ajoute du duvet qu’elle s’arrache du corps.

 

La couvaison dure jusqu’à 29 jours après la ponte du dernier œuf. Lorsque la femelle s’absente du nid, elle recouvre les œufs de duvet pour les garder au chaud. Le mâle demeure à proximité du nid pendant de une à trois semaines de plus, mais ne participe pas à la couvaison. Plus la période d’incubation avance, plus les mâles deviennent agités; ils quittent les femelles couveuses pendant des périodes de plus en plus longues.

Au moment où les premiers œufs éclosent, les mâles s’envolent vers le grand plan d’eau le plus proche et se rassemblent en son centre. C’est là qu’ils muent. Incapables de voler pendant une dizaine de jours jusqu’à ce que leurs rémiges repoussent, ils sont vulnérables, et leur protection contre les prédateurs, comme les humains, rapaces diurnes et hiboux, tient alors au fait qu’il est impossible de s’approcher d’eux sur ces grandes étendues dégagées sans se faire repérer. Ils plongent alors pour échapper au danger.

 

Les canetons éclosent à quelques heures d’intervalle et, peu de temps après, la femelle les mène à l’eau pour se nourrir. Si le nid est loin de l’eau et que les ruissellements de fonte se sont taris, le voyage risque d’être long et périlleux pour les petits.

La mère surveille les canetons de près pendant sept ou huit semaines, jusqu’à ce que les premières plumes de vol apparaissent. Puis, laissant les jeunes se nourrir et apprendre à voler seuls, elle se retire dans un endroit isolé pour muer. À son tour, elle perd ses rémiges et demeure incapable de voler pendant une dizaine de jours, jusqu’à ce qu’il lui en pousse de nouvelles.

 

Dès qu’ils sont capables de voler des marais jusqu’aux vastes étendues des lacs, les jeunes quittent les femelles pour rejoindre les mâles. Plus tard, les femelles arrivent à leur tour une à une, portées par leurs plumes neuves et lustrées.