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PÊCHE CANOT-CAMPING : La zec Martin-Valin
PÊCHE CANOT-CAMPING : La zec Martin-Valin
01/04/2010 | Par webmaster

Par Mario Viboux

 

Un périple qui nous fait découvrir une région méconnue des monts Valin pourtant accessible à tous.

 

 

L’an dernier, j’ai dĂ©couvert le grand rĂ©seau des zecs. J’ai tellement apprĂ©ciĂ© mon expĂ©rience que je me suis promis d’en explorer au moins une par annĂ©e. Dans ces territoires sauvages, les plans d’eau sont libres et complĂštement accessibles. Il suffit de payer un maigre droit d’accĂšs (autour de 200 $ pour une famille complĂšte pendant toute une saison) et le tour est jouĂ©. De plus, si je me fie aux zecs que j'ai visitĂ©es, les plans d’eau sont trĂšs bien gĂ©rĂ©s et la pĂȘche y est excellente.

 

 

Cette annĂ©e, j’ai choisis la zec Martin-Valin parce que je voulais jumeler la pĂȘche avec une autre de mes passions, le canot-camping. Cette zec offre plus de 100 km de parcours amĂ©nagĂ©s pour le canot-camping et il y a du poisson absolument partout. Je l’ai aussi choisie pour son secteur «pĂȘche Ă  la mouche seulement». Je ne suis pas un de ces puristes qui mĂ©prisent le lancer lĂ©ger, mais on observe beaucoup moins de pĂȘcheurs Ă  la mouche (un peu moins de 10 % de tous les adeptes selon certaines Ă©tudes). Ces plans d’eau sont donc beaucoup moins exploitĂ©s et plus poissonneux.

 

Une autre raison m’a conduit Ă  cette zec, soit sa population d’ombles de fontaine indigĂšnes. Ce territoire faisant partie du fameux Croissant vermeil, les ensemencements de source extĂ©rieure y sont strictement interdits et sa population d’ombles vit lĂ  depuis des millĂ©naires.

 

Mot d'ordre : rationaliser!

 

C’est donc avec beaucoup de fĂ©brilitĂ© que nous avons prĂ©parĂ© ce sĂ©jour au cƓur du massif des monts Valin, et le matin du 26 juillet nous Ă©tions fin prĂȘts. CĂŽtĂ© matĂ©riel, le mot d’ordre en canot-camping est «small is beautiful», ou si vous prĂ©fĂ©rez, plus c’est petit, mieux c’est. Au dĂ©part de MontrĂ©al, nous n’avions que sept bagages ultra compacts pour toute une semaine en forĂȘt. La Jeep Ă©tait tellement vide que Selma, qui en Ă©tait Ă  son premier canot-camping, a eu la dĂ©sagrĂ©able sensation d’avoir oubliĂ© quelque chose durant tout le trajet


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’auteur en pleine action, franchissant un des nombreux portages avec le canot sur ses Ă©paules.

 

 

Le matĂ©riel est un aspect trĂšs important du canot-camping. Comme les portages sont inĂ©vitables, il faut rationaliser l’espace, le poids et le volume le plus possible, ce qui oblige Ă  faire des choix parfois difficiles. Est-ce qu’on prend des chaises pliantes ou on se tire une bĂ»che au campement? Est-ce qu’on prend une table pliante ou on prĂ©pare les repas Ă  mĂȘme le sol? Des choix sont plus faciles, comme prendre un purificateur d’eau plutĂŽt qu’un bidon de 20 litres, ou encore de la nourriture qui ne nĂ©cessite aucune rĂ©frigĂ©ration plutĂŽt qu’une glaciĂšre avec 50 lb de glace sĂšche


 

Notre premier sac contenait trois objets que j’estime des plus importants : deux chaises pliantes et une table qu’on peut rouler. Les chaises sont tellement plus confortables aprĂšs une longue journĂ©e d’aviron et de portages, et la table est carrĂ©ment un «must» (c’est le cuisinier qui parle). Le deuxiĂšme sac contenait ma tente trois places, qui est beaucoup trop grande pour faire du canot-camping mais que je prĂ©fĂšre tout de mĂȘme pour le confort. Le troisiĂšme sac contenait nos vĂȘtements.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà le travail aprÚs une bonne journée de canotage. Un campement confortable pour profiter pleinement de la nature.

 

 

 

Tout ce qui touche la nourriture et la cuisine se trouvait dans un baril Ă©tanche muni d’un harnais de portage, tandis que nos sacs de couchage et nos matelas de sol Ă©taient dans d’autres sacs Ă©tanches. Finalement, notre dernier sac contenait le reste du matĂ©riel de camping et notre Ă©quipement de pĂȘche. Pour ce pĂ©riple au pays de l’omble de fontaine, nous avons pris nos ensembles de pĂȘche Ă  la mouche #5 et #2.

 

Le canot est trĂšs important dans ce genre d’expĂ©dition. Le mien est en aluminium, mesure 16 pi et pĂšse autour de 60 lb. Je l’ai choisi non pas pour sa manƓuvrabilitĂ©, mais pour son tonnage. Il s’agit d’un canot Ă  fond plat avec trois quilles, ce qui le rend lent et balourd, mais pratiquement insubmersible. C’est loin d’un bolide de riviĂšre, mais je ne crains pas de franchir des rapides de classe 1 ou 2, et pour les plus sĂ©rieux je fais de la cordelle ou carrĂ©ment du portage.

 

Prise de contact

 

En arrivant Ă  la zec Martin-Valin, nous rencontrons la directrice Myriam Lessard qui nous prĂ©sente Ă  son Ă©quipe lors d’un bon repas : Jocelyn Gaudreau, directeur de la zec durant 25 ans et aujourd’hui prĂ©sident du conseil d’administration, François Ouellet, bras droit de la directrice, et RĂ©mi Lalancette, patrouilleur de la zec depuis plus de 25 ans. Nous rencontrons Ă©galement un usager qui est membre de cette zec depuis ses tout dĂ©buts.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Une journĂ©e de pĂȘche-camping sur le point de dĂ©buter. Une fois les bagages bien placĂ©s dans l’embarcation, il ne reste qu’à prendre quelques truites


 

 

 

Tout ce beau monde s’est alliĂ© pour nous mettre l’eau Ă  la bouche en nous parlant des mille et une merveilles de leur zec bien-aimĂ©e. Ils nous ont proposĂ© des itinĂ©raires tous plus attirants les uns que les autres et nous avons eu bien du mal Ă  choisir.

 

Le lendemain matin, les patrouilleurs Danny et Denis nous conduisent Ă  notre point de dĂ©part, le dĂ©barcadĂšre du lac Clair situĂ© dans le nord-ouest de la zec. La journĂ©e est superbe, mĂȘme s’il pleut abondamment sur la rĂ©gion depuis le dĂ©but de l’étĂ©. D’ailleurs, les prĂ©visions sont inquiĂ©tantes et incluent des alertes d’orage violent pour la fin de l’aprĂšs-midi, suivies d’un autre satanĂ© front froid.

 

Qu’à cela ne tienne, nous quittons la terre ferme avec joie et dĂšs nos premiers coups de pagaies, nous goĂ»tons Ă  la libertĂ© et Ă  l’ivresse des grands espaces propres au canot-camping. Pour ne pas perdre le nord, j’utilise ma boussole et le guide de canot-camping de la zec qui contient les cartes topographiques de tous les parcours.  J’ai placĂ© le tout dans un sac Ă©tanche que je garde Ă  portĂ©e de main. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MĂȘme si l’auteur et sa conjointe adorent la pĂȘche en lac en canot, Ă  leurs yeux rien ne peut surpasser la pĂȘche Ă  guĂ© en riviĂšre, canne Ă  mouche Ă  la main. À ce chapitre, la zec Martin-Valin les a trĂšs bien servis.

 

 

 

Premier segment

 

En sortant du lac Clair, nous empruntons le bras d’eau long et Ă©troit qui le relie au lac Moncouche, oĂč nous comptons passer notre premiĂšre nuit. AprĂšs quatre heures de pur ravissement, Ă  pagayer dans plusieurs mĂ©andres et autour de nombreuses Ăźles, nous atteignons notre premier site de campement, une pure merveille! SituĂ© sur une Ăźle, Ă  l’abri des vents dominants, il comporte deux grandes plateformes en bois pour monter les tentes, un coin amĂ©nagĂ© pour le feu, une grande table Ă  pique-nique et mĂȘme une «bĂ©cosse».

 

Nous montons d’abord notre campement, puis nous nous installons pour effectuer ce que tout bon canot-campeur fait une fois rendu Ă  destination, c'est-Ă -dire rien de rien. Juste profiter du feu, Ă©couter les huards et observer les martins-pĂȘcheurs en respirant les doux parfums de la forĂȘt. Puis, le soir venu, s’endormir aux sons des grenouilles et d’une chouette qui hulule au loin.

 

Le lendemain matin, aprĂšs une bonne nuit de sommeil et un copieux petit dĂ©jeuner, nous dĂ©cidons de rester lĂ  un jour de plus pour explorer le grand lac Moncouche. Nous allons d’abord en reconnaissance vers notre premier portage que nous faisons «allĂšge» (sans matĂ©riel) jusqu’au lac de la Belle, oĂč nous pĂȘchons du bord. Nous capturons facilement de petits ombles avec des imitations de trichoptĂšres en CDC, mais en revenant vers le lac Moncouche nous avons toute une surprise.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pĂȘche en canot-camping permet Ă©galement aux passionnĂ©s de descente de riviĂšre d’y trouver leur compte.

 

 

Les vents sont dĂ©chaĂźnĂ©s et le lac est couvert de «moutons» aussi loin que porte notre regard. Comme un malheur n’arrive jamais seul, nous prenons ces vents en pleine poire et nous devons travailler comme de vĂ©ritables galĂ©riens pour revenir Ă  notre Ăźle. Il a fait mauvais toute la journĂ©e, mais cela ne nous a pas empĂȘchĂ©s de retourner sur le lac aprĂšs un dĂźner chaud au coin d’un bon feu.

 

Nous avons rencontrĂ© quelques pĂȘcheurs ici et lĂ , mais la pĂȘche n’était bonne pour personne, sauf pour les huards qui semblaient se payer un vĂ©ritable festin. Le soir venu, les vents sont tombĂ©s et les ombles se sont mis Ă  sauter dans la petite baie juste en face de notre campement. Pendant que je finissais la vaisselle, Selma a dĂ©tachĂ© le canot et s’est donnĂ© une petite poussĂ©e pour s’éloigner du bord. Elle s’est ensuite placĂ©e au centre de l’embarcation, elle a sorti quelques mĂštres de soie Ă  ses pieds, et j’ai assistĂ© Ă  un vĂ©ritable ballet.

 

Envie de changer d'air

 

Le lendemain matin, mĂȘme si le baromĂštre a continuĂ© de dĂ©gringoler toute la nuit, nous dĂ©cidons de changer d’air et partons en direction du lac Adrien. Ce site nous attire d’autant plus qu’il est complĂštement sauvage et situĂ© sur un tout petit lac. Le premier portage n’est pas trop difficile, si ce n’est que les premiers mĂštres sont trĂšs escarpĂ©s. Nous nous sommes organisĂ©s pour faire seulement deux voyages, alors nous entreprenons notre premier portage chargĂ©s comme des mules. La pluie se met de la partie et la piste devient glissante comme une patinoire. MalgrĂ© tout, nous nĂ©gocions le portage comme de vrais coureurs de bois et atteignons le lac de la Belle rapidement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Selma posant avec une des nombreuses truites mouchetées indigÚnes leurrées lors du périple.

 

 

Un peu plus loin, c’est un portage surprise entre deux baies et les Ă©lĂ©ments qui se dĂ©chaĂźnent. La tempĂ©rature chute abruptement et la pluie se met Ă  tomber violemment. Selma dĂ©teste le froid et commence Ă  avoir drĂŽlement hĂąte d’arriver. Une heure plus tard, c’est la consternation!

 

Avec toute cette pluie qui tombe sur le Saguenay (et sur tout le QuĂ©bec) depuis le dĂ©but de l’étĂ©, le site du lac Adrien est devenu une vĂ©ritable tourbiĂšre. AussitĂŽt qu’elle met pied Ă  terre, ma compagne s’enfonce lentement mais sĂ»rement, et son visage traduit parfaitement son dĂ©sarroi. Et comme il n’y a aucune plateforme, nous allons devoir monter notre tente dans la flotte! Il n’est que 14 h et je lui propose de sauter les lacs du Glouton et Maurice pour atteindre le site du lac Le MariĂ© avant la nuit. Ce sont de tout petits lacs, avec seulement trois portages de moins d’un kilomĂštre. Selma ne se fait pas prier.

 

Je dois avouer que cette aventure inattendue m’enchante malgrĂ© tout. Il n’y a rien que j’aime plus que de courir les bois sous la pluie, de sauter des lacs reculĂ©s, d’emprunter des pistes millĂ©naires et de glisser sur l’eau sans bruit. J’ai alors l’impression de vraiment me fondre dans la nature, de former un tout avec elle. Je m’arrĂȘte ici et lĂ  pour observer un paysage, un animal sauvage ou simplement pour prendre le temps de respirer.

 

Nous arrivons trĂšs tard au site du lac Le MariĂ©, ce qui nous laisse juste le temps d’installer notre campement avant la nuit. Heureusement, la pluie a cessĂ© et nous mangeons bien au sec au coin du feu. La journĂ©e a Ă©tĂ© rude, mais la nuit va ĂȘtre rĂ©paratrice.

 

Pas loin du paradis

 

Le lendemain, nous dĂ©couvrons tout un coin de pĂȘche Ă  quelques coups de pagaies de notre campement. C’est la riviĂšre qui coule du lac MariĂ© au lac des Trois Chutes et jusqu’au lac Marc, un plan d’eau parfait.

 

Nous adorons la pĂȘche en lac, mais nous sommes d’abord et avant tout des amateurs de riviĂšres et celle-lĂ  avait tout pour plaire. Au fur et Ă  mesure de la descente, dans les rapides comme dans les fosses, nous prenons quantitĂ© de poissons. Ce ne sont pas de trĂšs gros ombles (15 Ă  20 cm [6 Ă  8 po] tout au plus), certes, mais Ă©tant un as du couteau, ces petits filets poĂȘlĂ©s dans le beurre noisette ont Ă©tĂ© un pur dĂ©lice!

 

Cette riviĂšre sans nom nous plaĂźt tellement que nous dĂ©cidons de rester lĂ  une journĂ©e de plus pour la descendre jusqu’au bout. Nous effectuons de nombreuses captures dans les rapides de classe 2 et 3 entre les lacs des Trois Chutes et Marc, mais nos plus belles sont attrapĂ©es dans le dernier rapide de classe 1 avant le lac, dont un superbe omble d’au moins 35 cm (14 po) que nous remettons Ă  l’eau illico.

 

Nous avons essayĂ© plusieurs mouches, mais c’est une Muddler Minnow offerte par un patrouilleur de la zec qui a le mieux fonctionnĂ©. Une mouche plutĂŽt grosse (#4), avec un corps en soie dorĂ©e assorti d’un hackle noir roulĂ© en Palmer et d’une queue rouge. Les truites attaquaient cette offrande autant en sĂšche (lancĂ©e vers l’amont) qu’en noyĂ©e (lancĂ©e Ă  travers le courant vers l’aval).

 

Ce soir-lĂ , nous sommes revenus au clair de lune, et pour souper nous nous sommes dĂ©lectĂ©s des fruits de notre pĂȘche une fois de plus. Cette fois-ci, j’ai simplement Ă©viscĂ©rĂ© les poissons, puis je les ai salĂ©s, poivrĂ©s et placĂ©s sur une grille au-dessus de la braise. Ils ont cuit lentement et nous les avons mangĂ©s avec les doigts au fur et Ă  mesure qu’ils Ă©taient prĂȘts. Nous ne disions pas un mot, Ă  part quelques onomatopĂ©es bien senties pour partager notre plaisir gustatif. De temps Ă  autre, le silence Ă©tait brisĂ© par un concert de huards qui se rĂ©pondaient de baie en baie, de lac en lac. Des choses simples, des choses vraies, voilĂ  tout le charme du canot-camping.

 

Dernier segment

 

Le lendemain, nous quittons le site de la riviĂšre sans nom pour gagner le site du lac Le MariĂ©, avec l’intention de pĂȘcher dans la riviĂšre qui arrive du lac Betsiamites. Cependant, une bien mauvaise surprise nous attend, soit un panonceau interdisant complĂštement de pĂȘcher dans cette riviĂšre. Nous pensons tenter notre chance dans la riviĂšre qui va vers le lac Maingard, mais il est impossible de traverser le lac MariĂ© avec les vents qui ont repris de plus belle. Pour terminer, nous tirons tout de mĂȘme notre Ă©pingle du jeu sur le lac MariĂ©, prĂšs du petit barrage, et dĂ©gustons un dernier repas de succulentes truites indigĂšnes des monts Valin.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Rien n’est meilleur qu’un bon repas de truites fraĂźches sur un feu de bois, et les auteurs ne se sont pas privĂ©s de ce moment magique lors de leur sĂ©jour dans les monts Valin.

 

Encore une fois, c’est la grosse Muddler avec un corps dorĂ© qui fait un tabac, mais Selma fait tout aussi bien avec ses Ă©ternels Woolly Buggers. MalgrĂ© une mĂ©tĂ©o pourrie et des fronts froids successifs qui ne nous ont pas lĂąchĂ©s, la pĂȘche a Ă©tĂ© plus que satisfaisante durant tout le voyage.

 

Le dernier jour, je me lĂšve trĂšs tĂŽt et un Ă©pais brouillard flotte sur le lac. En buvant mon cafĂ©, je m’accroupis sur la berge pour observer un porte-bois qui Ă©volue lentement dans l’eau. Un peu plus loin, une grosse libellule pond ses Ɠufs en se posant sur l’eau avec fracas pour redĂ©coller aussitĂŽt. Puis, arrive une mĂšre bec-scie flanquĂ©e de ses nombreux petits, elle leur enseigne l’art de pĂȘcher, mais les pauvres canetons ont encore des croĂ»tes Ă  manger. Le brouillard se dissiper un peu et j’aperçois quelques Ă©phĂ©mĂšres Ă  travers le soleil qui commence Ă  percer. Je prends une grande inspiration et je vais rĂ©veiller Selma avec un bon cafĂ© chaud.

 

 

Secteur pĂȘche Ă  la mouche seulement

 

Le week-end suivant, nous retournons Ă  la zec Martin-Valin pour explorer le secteur «pĂȘche Ă  la mouche seulement» qui compte quatre lacs. Samedi matin, nous jetons notre dĂ©volu sur le lac Barette, le plus grand et le plus attirant. La mĂ©tĂ©o est horrible (pour faire changement), mais nous faisons quand mĂȘme une belle pĂȘche en capturant de nombreux ombles d’environ 25 cm (une dizaine de pouces).

 

Le lendemain il pleut toujours, mais les vents sont enfin tombĂ©s et nous apercevons quelques gobages dans la petite baie au sud du dĂ©barcadĂšre. C’est lĂ  que nous nous installons et que commence le festival de la truite mouchetĂ©e. Nos mouches sont attaquĂ©es Ă  chacun de nos lancers et nous capturons plusieurs spĂ©cimens de 30 cm (12 po) et plus. La recette est simple : un Woolly Bugger olive sur une soie plongeante qu’on laisse couler une quinzaine de secondes, puis qu’on ramĂšne par secousses vives ponctuĂ©es de nombreuses pauses. Nous pĂȘchons sur les gobages avec notre ensemble #2, toujours avec des Muddler mais de format rĂ©duit.

 

Nous faisons une trĂšs belle pĂȘche et conservons quelques poissons pour un dernier repas que nous partageons avec un autre canot-campeur sur le magnifique site situĂ© entre les lacs Le Breton et Betsiamites. Ce repas clĂŽture de belle façon cette virĂ©e dans la zec Martin-Valin oĂč nous avons dĂ©couvert un endroit parfait pour s’initier ou initier quelqu’un aux plaisirs du canot-camping.

 

Les parcours y sont parfaitement balisĂ©s, les sites de campement sont trĂšs confortables et vous ĂȘtes toujours prĂšs d’un chemin en cas de pĂ©pin. Enfin, l’offre de pĂȘche Ă  la truite indigĂšne est carrĂ©ment phĂ©nomĂ©nale et tout cela est accessible Ă  tous. Nous disons un gros merci Ă  tous les gens qui se sont battus pour crĂ©er les zecs et aussi Ă  tous ceux qui continuent de les faire fonctionner.

 

 

FICHE TECHNIQUE

 

Site internet : http://www.zecmartinvalin.com/

Courriel : info@zecmartinvalin.com

 

Directions : route 175 jusqu’à Chicoutimi, puis route 172 en direction de Tadoussac. Le poste d’accueil est situĂ© Ă  environ 33 km du centre-ville de Chicoutimi et est ouvert 24 heures, 7 jours/semaine.

 

Une carte topographique de la zec, de mĂȘme qu’un guide de canot-camping avec cartes dĂ©taillĂ©es et informations pertinentes (longueur des segments, difficultĂ©s, durĂ©e, sites de campement, accĂšs, etc.) sont vendues au poste d’accueil de la zec.

 

Territoire à truite mouchetée (omble de fontaine) 100% indigÚne.

 

Saison de pĂȘche : mi-mai Ă  mi-septembre, la pĂȘche en ruisseaux et riviĂšres est interdite Ă  partir du 15 aoĂ»t de chaque annĂ©e.

 

Tarification pĂȘche : 17 $/jour (11 $ pour conjoint), 45 $/7 jours (20 $ pour conjoint), 127 $ pour toute l’annĂ©e (192 $ pour une famille complĂšte). Moins de 18 ans : 1 $/jour ou 24 $/annĂ©e.

 

RĂ©glementation spĂ©ciale pour la pĂȘche : au poste d’accueil, obtenez la liste des lacs dont la date d’ouverture est reportĂ©e, dont les quotas sont diffĂ©rents ou modifiĂ©s ou encore qui sont fermĂ©s (il y en avait 44 en 2009).

 

Location de canot : 22 $/jour, 34 $/2 jours, 49 $/3 jours et 71 $/7 jours.

 

Tarification du canot-camping : 10 $/nuit, 17 $/3 nuits, 25 $/7 nuits, 35 $/8 nuits et +.

 

Un service de navette est proposĂ© aux canot-campeurs (25 $/h).

 

 

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