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Orignal
 Orignal

 

L'orignal

 

Le plus imposant des membres de la famille des cervidés, l'orignal représente toujours le roi de la grande forêt boréale canadienne autant par sa distribution, que par sa stature imposante qui impose le respect.

 

Alces alces, voilà le nom latin que les scientifiques ont donné à l'orignal, cette superbe bête parfaitement adaptée aux rigueurs du climat canadien. Autant à son aise dans l'eau, les tourbières que la neige profonde, l'orignal se retrouve sur la presque totalité du territoire canadien. Voilà d'ailleurs pourquoi plusieurs le considère comme l'emblème des grands espaces de la forêt boréale canadienne.

 

On retrouve 4 sous-espèces d'orignaux au Canada. Premièrement, la plus petite, Alces alces shirasi qui se retrouve uniquement dans la portion sud des montagnes rocheuses à la frontière de l'Alberta et de la Colombie-Britannique. Deuxièmement, Alces alces andersoni qui évolue principalement dans les provinces de l'ouest et le territoire du Nord-Ouest. Troisièmement, le poids lourd de la famille, Alces alces gigas qui se retrouve surtout au nord-ouest du Yukon et dans la province américaine voisine, l'Alaska. Pour cette dernière sous-espèce, les gros mâles adultes peuvent occasionnellement peser jusqu'à 1800 lb. Enfin quatrièmement, la sous-espèce que nous retrouvons au Québec, en Ontario et dans les provinces maritimes, Alces alces americana ou si vous préférez l'orignal de l'est.

 

L'animal

L'orignal se reconnaît facilement à son grand museau, ses longues pattes, et son pelage brun-noire sur le corps et la tête et blanc-gris sur la partie inférieure des pattes. De loin, il a un peu l'aspect d'un cheval, sauf que contrairement à ce dernier, il est beaucoup moins large au niveau des fesses. Le poids maximal moyen de la sous-espèce de l'est, est d'environ 1000 à 1200 livres et ne dépasse pratiquement jamais la barre des 1400. Il existe toutefois un important dimorphisme sexuel entre les mâles et les femelles, ces dernières atteigant des tailles maximales moyennes de beaucoup inférieures aux mâles (environ 750 à 800 lb).

 

Le mâle possède des bois très larges, en forme de palettes recourbées. Ce n'est toutefois que vers l'âge de 4 ou 5 ans qu'ils atteignent cet aspect typique de l'espèce. C'est vers le début d'avril que le panache commence à pousser et il est recouvert de velour jusqu'à la fin d'août ou le début de septembre période, où il commence à se détacher en larges lambeaux. Les grands mâles perdent leur bois en décembre ou au début de janvier, tandis que les plus jeunes les conservent souvent jusqu'à la fin de février. Les plus gros panaches sont produits par la sous-espèces géante Alces alces gigas et dépassent parfois les 80 pouces de largeur. Pour ce qui est de la sous-espèce de l'est, Alces alces americana, ainsi que celle de l'ouest, Alces alces andersoni, qui vivent au Québec, les gros mâles adultes portent normalement des bois d'une cinquantaine de pouces, occasionnellement une soixantaine de pouces, et exceptionnellement (lire très rarement) 70 pouces.

 

Moeurs


Au début de juin, on commence à l'apercevoir près des plans d'eau où il vient se nourrir de plantes aquatiques tels les nénuphars, les potamots et la vallisnérie. Il se nourrit également d'une grande quantité de feuilles et d'herbes de toutes sortes à mesure qu'elles font leur apparition au printemps. Ce type d'alimentation se poursuit jusqu'à ce que l'herbe et les feuilles perdent leurs attraits vers la fin de septembre ou le début d'octobre. C'est alors que leur alimentation change du tout au tout et devient principalement composée de ramilles de différents arbres et arbustes. Ce régime alimentaire se poursuit jusqu'au printemps et avec l'arrivé des premiers bourgeons printanier, il reprendra progressivement son alimentation estivale.

 

L'ouïe et l'odorat sont extrèmement efficaces chez cet animal, ce qui compense partiellement pour sa vue qui n'est pas particulièrement développée. D'ailleurs, on a qu'à regarder la taille du nez et des oreilles de l'animal, pour comprendre qu'à bon vent, il est pratiquement impossible pour un prédateur de s'approcher d'un orignal aux aguets.

 

Autant l'orignal peut se déplacer silencieusement et avec précaution en certaines circonstance dans des endroits étonnament encombrés, autant il peut être d'une rapidité déconcertante. En effet, lorsque cette grosse bête décide de prendre la poudre d'escampette elle peut filer à une vitesse de plus de 55 km/h. C'est également un nageur puissant qui peut traverser de larges étendues d'eau et même occasionnelement plonger à des prondeurs de plus d'une quinzaine de pieds et demeurer sous l'eau pendant une trentaine de secondes.

L'orignal peut être actif autant le jour que la nuit, mais il a normalement des pointes d'activité à l'aube et au crépuscule. Il aurait également tendance à se déplacer davantage lors des journées sans vents. Tard l'automne et durant l'hiver, lorsque les température froide font leur apparition, il est surtout actif durant le jour lorsque le soleil commence à réchauffer l'aire ambiant.

Normalement, l'orignal est timide et fuit la présence de l'homme. Toutefois, il y a deux exeptions à cette règle; premièrement lorsqu'une femelle accompagnée de ses rejetons est en présence d'un prédateur qui les a surpris ou encore coincés dans une impasse ou deuxièmement durant la période du rut lorsque les mâles deviennent aggressifs et imprévisibles.

 

Reproduction


La période du rut débute normalement vers la fin du mois d'août ou le début de septembre (dépendant des latitudes) lorsque les mâles perdent le velour nourricier recouvrant leur bois. Cette chute de velours étant provoquée par une poussée hormonale dans le système sanguin de la bête, elle même provoqué par la diminution du nombre d'heures d'ensoleillement journalier. Toutefois, même si à partir de ce moment les mâle sont aptent à se reproduire, il en est autrement des femelles, puisque la majorité auront leurs premières ovulations entre la troisième semaines de septembre et la première d'octobre. À ce moment, lorsqu'elles deviennent en chaleur, elles sont réceptives durant une brève période d'environ 48 heures. Dans l'éventualité où elles n'auraient pas été accouplées lors de cette première ovulation, une autre suviendra 25 jours plus tard jusqu'à concurence de trois ovulations par saisons.

La gestation dure de de 240 à 246 jours et la majorité des petits naissent vers la fin de mai ou le début de juin et pèsent normalement une trentaine de livres à la naissance. Lorsqu'elles sont sur le point de mettre bas, les femelles se retirent normalement près des rives brousailleuses, sur les îles, ou encore aux sommets des collines. Les portées sont habituellement constituées de deux rejetons, mais peuvent varier de 1 à 3. Les petits grandissent rapidement et double leur poids lors des trois premières semaines de leur vie. Ils sont sevrés en septembre et pèseront alors près de 350 livres.