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REPORTAGE AIR MONT-LAURIER : Aux confins du Gouin
REPORTAGE AIR MONT-LAURIER : Aux confins du Gouin
15/03/2010 | Par Serge Bricault

Au dĂ©but juillet, un sĂ©jour Ă  la pourvoirie du lac du MĂąle en quĂȘte de dorĂ©s et de brochets.


C’est Ă  bord d’un hydravion de type Beaver que nous avons atteint la portion nord-ouest du rĂ©servoir Gouin nommĂ©e le lac du MĂąle Ă  partir de l’hydrobase d’Air Mont-Laurier, Ă  Ste-VĂ©ronique dans les hautes Laurentides. Tim Allard, qui collabore au magazine depuis quelques annĂ©es dĂ©jĂ  en plus d’ĂȘtre un grand amateur de pĂȘche au dorĂ©, m’accompagnait pour ce reportage.

 

En cette premiĂšre semaine de juillet, en nous dirigeant vers le camp de la pourvoirie du lac du MĂąle situĂ© dans une baie du lac du mĂȘme nom, rĂȘveusement j’observais dĂ©filer la forĂȘt mixte sous nos ailes, puis se composer de plus en plus de conifĂšres avant de se transformer en forĂȘt borĂ©ale Ă  la fin de notre vol d’environ une heure.

 

À l’amerrissage, le soleil Ă©tait radieux et l’accueil du personnel nous recevant au quai, tout Ă  fait sympathique et chaleureux. Le chalet qui nous avait Ă©tĂ© attribuĂ© surplombait la baie de belle façon, donnant l’illusion que le «lac» devant nous Ă©tait tout petit et paisible. Pourtant, les vastes Ă©tendues du Gouin n’étaient qu’à plus ou moins 300 m du quai oĂč Ă©tait amarrĂ©e notre chaloupe de pĂȘche Starfish de 16 pi en aluminium Ă©quipĂ©e de bancs et dossiers pivotants ainsi que d’un moteur quatre temps de 20 chevaux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pourvoirie du lac du MĂąle se trouve sur une pointe d’une des baies du lac, et celle-ci la protĂšge des pires vents et des vagues provenant du rĂ©servoir par mauvais temps. On garde aussi les lieux bien aĂ©rĂ©s, pour limiter la prĂ©sence d’insectes piqueurs.

 

 

 

On va Ă  la pĂȘche

À notre rĂ©veil le premier matin, le ciel Ă©tait de bĂ©ton. La pluie ne tombait pas encore et le vent n’était que brise quand, revĂȘtus de nos habits de pluie, nous avons entrepris de traverser de l’aire ouverte du lac du MĂąle pour nous rendre de l’autre cĂŽtĂ© oĂč nous entendions prospecter les nombreuses structures que nous avions Ă©tudiĂ©es sur la carte qu’on nous avait remise Ă  notre arrivĂ©e. À peine les lignes Ă©taient-elles Ă  l’eau pour notre premiĂšre passe de pĂȘche Ă  la traĂźne que les premiers grains de pluie commençaient dĂ©jĂ  Ă  tomber. Mais c’était une pluie fine, presque de la bruine, et Tim et moi savions que ce genre de conditions pouvait nous procurer une bonne journĂ©e de pĂȘche.

Comme si les poissons avaient lu dans nos pensĂ©es, aprĂšs 15 minutes de traĂźne je subis l’attaque d’un premier dorĂ© qui saisit agressivement mon poisson-nageur Hot ‘N Tot bleu de Storm. Notre stratĂ©gie de dĂ©part Ă©tait de dĂ©buter en pĂȘchant prĂšs des pentes moyennement abruptes dans des profondeurs de 3 Ă  4 m. Nous avions visĂ© juste. Peu aprĂšs, Tim souleva sa canne brusquement en ferrant un joli dorĂ©, sa ligne Ă©tant munie d’un Tail Dancer bleu de Rapala. DĂ©cidĂ©ment, le bleu semblait en demande et nous avons continuĂ© de la mĂȘme maniĂšre, parfois un peu plus profondĂ©ment et parfois moins, pour vĂ©rifier si des sujets plus gros ne se tenaient pas aux alentours.

Les percidĂ©s que nous prenions Ă©taient de belle taille, autour de 1 kg, absolument la meilleure grosseur pour la table, mais le sportif en nous souhaitait combattre avec des sujets plus imposants. Nous avons donc changĂ© d’approche pour voir ce que la dandinette nous apporterait.

 

De mon cĂŽtĂ©, j’y allai avec une tĂȘte plombĂ©e de 1/4 oz agrĂ©mentĂ©e d'un Power Minnow Realistix de teinte perchaude de Berkley, tandis que Tim tentait sa chance avec un «grub» mauve de Mister Twister. En trĂšs peu de temps, les deux leurres permirent d’attraper d’autres dorĂ©s, mais tous de la mĂȘme taille. Nous avons donc enchaĂźnĂ© avec diffĂ©rentes formes et couleurs, mouillant quasiment tout le contenu de nos coffrets de pĂȘche sans parvenir Ă  nos fins. Nous avons donc repris le chemin de la traĂźne, supposant que les plus gros se trouvaient simplement ailleurs.

 

AprĂšs un certain temps, nous sommes arrivĂ©s Ă  une petite baie Ă©troite formĂ©e par une longue pointe rejoignant quasiment une Ăźle plus au large, mais au fond de laquelle se trouvait un petit chenal communiquant avec le reste du lac de l’autre cĂŽtĂ©. Pour nous, c’était comme une enseigne au nĂ©on avec une grosse flĂšche illuminĂ©e annonçant «DorĂ©s ici!». À notre premier passage Ă  la traĂźne, Tim hissa Ă  bord un beau gros dorĂ©, et je fis de mĂȘme au second.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tim Allard avec un superbe doré

 

 

AprĂšs avoir passĂ© de bons moments Ă  cet endroit, la brunante s’amena rapidement Ă  cause du ciel couvert, et la pluie passa d’une bruine intermittente en milieu d’aprĂšs-midi Ă  une averse beaucoup plus substantielle et continue Ă  mesure que la journĂ©e avançait. Munis d’une belle brochette de poissons Ă  fileter et Ă  prĂ©parer pour le souper, nous avons dĂ©cidĂ© de retourner au chalet, question de prendre une douche bien chaude, de se rĂ©chauffer devant un bon feu de bois et de faire sĂ©cher nos vĂȘtements et notre matĂ©riel.

 

Le lendemain matin, nous avons fait la grasse matinĂ©e, car le mauvais temps Ă©tait encore plus intense, et aprĂšs une discussion avec l’intendant de la pourvoirie, il nous conseilla fortement de prendre le temps de nous reposer. Le lac du MĂąle fait plusieurs kilomĂštres de long et suit principalement un axe nord-sud, ce qui signifie que lorsqu’un fort vent souffle de l’une de ces directions, il est sage de patienter Ă  l’abri dans la baie des camps.

 

On peut parfois se rendre aisĂ©ment Ă  un site de pĂȘche, mais aussi se faire surprendre par des rafales qui soulĂšvent des vagues pour le moins impressionnantes. La pĂȘche, c’est bien, mais la sĂ©curitĂ© est plus importante. Comme le disait si bien Tim alors que nous regardions les cimes des arbres fouettĂ©es par les coups de vent : «Il n’y a pas un poisson qui mĂ©rite qu’on se mette en danger pour aller le prendre.»

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

AprĂšs quelques heures de pĂȘche avec des poissons-nageurs (pour la plupart de teinte bleue) et quelques dandinettes, nous avions amplement de quoi composer un bon souper.

 

 

 

En dĂ©but d’aprĂšs-midi le vent s’était lĂ©gĂšrement calmĂ©, et nous sommes repartis pĂȘcher pour le reste de la journĂ©e. Nous nous sommes dirigĂ©s vers le nord, dans le couloir menant au lac Lacasse un peu plus loin dans le rĂ©servoir. oĂč les dorĂ©s Ă©taient au rendez-vous. Mais cet endroit n’était pas trĂšs Ă©loignĂ© des chalets, et plusieurs autres pĂȘcheurs s’y trouvaient. Nous avons donc choisi d’aller explorer les structures autour des nombreuses Ăźles du lac plus au sud. C’est au bout de l’üle au Lapin que nous avons trouvĂ© une vĂ©ritable mine d’or.

 

Le cĂŽtĂ© oĂč le vent souffle

Avec le vent et les vagues qui frappaient le cĂŽtĂ© ouest de l’üle, nous avons effectuĂ© quelques passages Ă  la traĂźne, entrant chaque fois en contact avec des dorĂ©s. À l’extrĂ©mitĂ© sud de cette Ăźle, cependant, se trouvait une trĂšs belle structure que j’avais aperçue en passant avec le sondeur de fond, soit une fosse de plus de 6 m tout prĂšs de la rive, avec des parois assez rĂ©guliĂšres affichant une profondeur d’environ 4 m de chaque cĂŽtĂ© le long de l’üle.

 

Les vagues Ă©tant trop importantes pour utiliser l’ancre, alors nous avons employĂ© le moteur pour nous maintenir en place pendant que nous lancions des dandinettes le long des parois de la fosse pour prendre les dorĂ©s qui s’y cachaient. Le moteur de 20 chevaux Ă©tait l’outil idĂ©al, car un plus petit aurait manquĂ© de puissance pour bien accomplir sa tĂąche en ne donnant pas assez de contrĂŽle Ă  l’opĂ©rateur. La pĂȘche a donc Ă©tĂ© bonne en cet aprĂšs-midi tumultueux, qui annonçait justement un front froid. Le lendemain, pour notre troisiĂšme journĂ©e de pĂȘche, le ciel bleu et le soleil nous attendaient dĂšs le rĂ©veil avec un bon vent du nord rafraĂźchissant.

 

Un cachet fragile

La pourvoirie du lac du MĂąle est une des cinq pourvoiries de l’entreprise familiale Air Mont-Laurier. La famille Ouellette a mis en place ce pied-Ă -terre au rĂ©servoir Gouin en 1976, et celui-ci est restĂ© le territoire de pĂȘche principal pendant toutes ces annĂ©es. Mais depuis dĂ©jĂ  un bon moment, l’empreinte humaine se fait de plus en plus sentir sur cette mer intĂ©rieure artificielle. La pression de pĂȘche a atteint un tel niveau que sa qualitĂ© a commencĂ© Ă  en souffrir, si bien que plusieurs utilisateurs de longue date ont senti le besoin d’agir pour corriger la situation. Le propriĂ©taire d’Air Mont-Laurier, Norman Ouellette, a Ă©tĂ© un des premiers Ă  sonner l’alarme, bĂ©nĂ©ficiant un coup d’Ɠil bien particulier que seul le transport aĂ©rien peut procurer.

 

Il s’inquiĂ©tait particuliĂšrement de la profusion de campements temporaires et permanents qui commençaient Ă  pousser comme des champignons un peu partout autour du rĂ©servoir. Les activitĂ©s forestiĂšres avançant lentement mais sĂ»rement, elles donnaient accĂšs Ă  de plus en plus de secteurs grĂące Ă  leurs chemins d’exploitation et de transport de bois. Par surcroĂźt, Ă  cause de l’immensitĂ© du territoire devant ĂȘtre contrĂŽlĂ© par les agents de conservation de la faune, plusieurs pĂȘcheurs mal intentionnĂ©s abusaient de la ressource en quittant les rives du Gouin avec beaucoup plus que leurs limites de prise journaliĂšres.

 

C’est en avril 2000 que l’Aire Faunique Communautaire du Gouin a vu le jour, avec comme mandat de protĂ©ger le rĂ©servoir en y instaurant une rĂ©glementation plus stricte que la loi provinciale, tout en imposant des droits de pĂȘche pour contribuer Ă  l’ensemencement du plan d’eau, en plus d’y interdire la pĂȘche avec des poissons-appĂąts morts rĂ©cemment. L’AFC a Ă©galement embauchĂ© des gardiens de territoire qui patrouillent le lac pendant toute la saison et interpellent les pĂȘcheurs, au mĂȘme titre que les agents du ministĂšre, pour tĂącher de dĂ©nicher les braconniers qui abusent de la ressource.

Bref, les installations du lac du MĂąle, qui sont Ă  plus de 85 km de Parent, confĂšrent encore toute la quiĂ©tude et la tranquillitĂ© qu’elles ont toujours connues. MĂȘme la petite famille de liĂšvres qui rĂŽde autour des chalets Ă  longueur de journĂ©e peut en tĂ©moigner.

 

Les pointes Ă  brochet

De retour Ă  la pĂȘche avec un front froid bien en place, Tim et moi avons dĂ» faire appel Ă  toute notre expĂ©rience pour dĂ©jouer les poissons. OĂč que l’on soit Ă  la pĂȘche, un front froid amĂšne automatiquement des conditions un peu plus difficiles qu’en situation contraire.

 

En cette matinĂ©e, nous n'obtenions carrĂ©ment aucun succĂšs en pĂȘchant prĂšs de la grosse structure que les habituĂ©s appelaient «le mur». ConstituĂ©e d'une falaise rocheuse immergĂ©e Ă  l’extrĂ©mitĂ© sud du lac, cette structure Ă©tait situĂ©e dans le lac principal et aurait pu ĂȘtre un point chaud pour la pĂȘche en d’autres conditions. Mais pas cete fois-ci! Alors nous avons continuĂ© notre petit bonhomme de chemin en allant pĂȘcher Ă  la traĂźne prĂšs d’une Ăźle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pĂȘcheur de brochet trouve certainement son compte dans les eaux du Gouin, et certains jours ces prĂ©dateurs sont particuliĂšrement voraces.

 

 

 

Mon approche avait Ă©tĂ© un peu maladroite, car je m’étais aventurĂ© un peu trop prĂšs de la pointe de l’üle et le sonar me montrait mon erreur en affichant une profondeur d’un peu moins de 3 m, soit pas assez creux pour que nos poissons-nageurs passent indemnes au-dessus des roches tapissant le secteur. AprĂšs quelques contacts avec des cailloux, Tim se leva brusquement avec sa canne bien pliĂ©e. Je mis donc le moteur Ă  la renverse, croyant qu’il s’était accrochĂ©, mais il me cria rapidement de ne pas reculer et qu’il avait bel et bien un poisson, et un beau Ă  part ça. AprĂšs un beau combat, le brochet qui gisait au fond de l’épuisette faisait presque 5,5 kg (12 lb).

 

Nous avons repris notre trajet de traĂźne, et cette fois je me fis surprendre par une autre pointe inattendue au beau milieu de l’üle. N’ayant perçu aucun signe topographique annonciateur d'un haut-fond en observant la conformation de l’üle, nos leurres ont encore une fois commencĂ© Ă  cogner les roches. Cette fois, lorsque Tim se releva avec la canne pliĂ©e, je compris immĂ©diatement ce qui se passait : les brochets Ă©taient «allumĂ©s»!

 

Avec un autre beau brochet dans l’embarcation, nous avons modifiĂ© nos prĂ©sentations en commençant par attacher des bas de lignes d’acier Ă  nos leurres et en remplaçant nos petits poissons-nageurs Ă  dorĂ© par un gros «bucktail» garni d’un «swimbait» pour Tim et une bonne vieille cuillĂšre ondulante pour moi. La technique Ă©tait simple : pĂȘcher Ă  la traĂźne autour des pointes en passant tantĂŽt dans un peu d’eau, tantĂŽt prĂšs des dĂ©nivelĂ©s, et nous avons ainsi capturĂ© plusieurs autres Ă©socidĂ©s.

 

Nous sommes retournĂ©s pĂȘcher le dorĂ© en aprĂšs-midi, toujours en prospectant les rives oĂč le vent soufflait. Cette mĂ©thode nous avait bien servi auparavant, et encore une fois nous avons pris quelques dorĂ©s de cette façon, mais beaucoup moins rĂ©guliĂšrement.

 

En arrivant prĂšs d’une rive tout en sable, Tim a dĂ©cidĂ© de changer de prĂ©sentation en pĂȘchant avec un marcheur de fond muni d’une cuillĂšre tournante avec un ver. Pour ma part, j’avais encore confiance en mon Hot ’N Tot, mais le vent maintenant trĂšs fort m’obligeait Ă  me concentrer pour maintenir notre trajet de traĂźne sans nous retrouver SUR la plage. À l’aide de mon GPS et de mon sonar, je parvenais tant bien que mal Ă  contrĂŽler notre trajectoire, toujours dans une profondeur oscillant entre 3 et 4 m. Tim prenait quelques petits dorĂ©s, mais rien de bien convaincant, si bien qu’il changeait souvent de leurre pour tenter de dĂ©couvrir la prĂ©sentation magique de la journĂ©e.

 

À un certain moment, j’ai un peu nĂ©gligĂ© notre trajectoire et nous nous sommes retrouvĂ©s entre 7 et 8 m de profondeur. J’expliquai Ă  Tim que j’allais faire un dĂ©tour un peu plus loin pour repasser dans une profondeur de 3 et 4 m que nous recherchions depuis le dĂ©but. Tout Ă  coup, j’obtins une touche et ramenai un beau dorĂ© Ă  bord de l’embarcation. Cela me surprit, car Ă  cette profondeur mon leurre nageait au beau milieu de la colonne d’eau. J’enregistrai tout de mĂȘme un repĂšre dans mon GPS pour marquer l’endroit avant de recommencer Ă  faire de la traĂźne.

 

Le passage dans les faibles profondeurs ne donnant aucun rĂ©sultat, j’indiquai Ă  mon partenaire que j’allais me diriger, dĂ©libĂ©rĂ©ment cette fois, vers des zones plus creuses en passant par mon nouveau repĂšre. Avant d’y arriver, j’avais dĂ©jĂ  deux nouveaux dorĂ©s Ă  mon actif, et au passage suivant j’en capturai encore d’autres! Les dorĂ©s Ă©taient Ă  la mĂȘme profondeur, mais plus au large des rives que ce Ă  quoi nous Ă©tions habituĂ©s. MĂȘme en suspension, ils Ă©taient suffisamment agressifs pour s’attaquer Ă  des poissons-nageurs.

 

Plus tard en aprĂšs-midi un gros orage est remontĂ© du sud-est, ce qui fit disparaĂźtre toute trace de vent et nous permit de l’entendre grogner au loin. Nous Ă©tions dans «le calme avant la tempĂȘte», alors nous sommes retournĂ©s au chalet avant de nous faire prendre, sachant que ce genre de tempĂȘte peut se dĂ©placer plus vite qu’on pense.

 

Mais c’est au moment oĂč nous nous dirigions vers la baie des camps de la pourvoirie du lac du MĂąle que je pus vraiment apprĂ©cier toute la beautĂ© de ce grand plan d’eau avec ses mille et une Ăźles et son abondance de poissons. Combien de dorĂ©s peut-il y avoir dans le Gouin? Pas autant qu’il y a 20 ans, Ă©videmment, mais sĂ»rement assez pour que chacun puisse en capturer pour y goĂ»ter et passer des moments mĂ©morables Ă  pratiquer la pĂȘche en famille ou entre amis.


 

La soupe au poisson facile de Tim

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Lors de notre retour d’une journĂ©e froide et pluvieuse, nous avions trĂšs envie d’une bonne soupe, question de nous rĂ©chauffer mĂȘme de l’intĂ©rieur, mais nos rĂ©serves n’incluaient que de la soupe aux nouilles Lipton. Tim se mit donc Ă  l’Ɠuvre et concocta une des meilleures soupes improvisĂ©es que j’ai eu le plaisir de goĂ»ter.

Recette

Une enveloppe de soupe aux nouilles
4 tasses d’eau
4 tasses de chair de doré coupée en dés
4 tasses de légumes mélangés (carotte, brocoli, champignon et céleri) en morceaux
Sel et poivre

Faire bouillir la soupe et y ajouter les lĂ©gumes. RĂ©duire le feu Ă  intensitĂ© moyenne, puis ajouter le poisson. Remuer Ă  l’occasion et faire mijoter jusqu’à ce que les lĂ©gumes soient tendres.


 

Accessoires quasi essentiels

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je dis bien «quasi essentiels», car un pĂȘcheur qui ne dispose pas de ces accessoires peut trĂšs bien se dĂ©brouiller et faire un beau sĂ©jour Ă  prendre du poisson sans problĂšme. Toutefois, ces trois outils nous ont rendu de fiers services durant ce voyage sur les eaux du rĂ©servoir Gouin.

 

1- GPS avec carte bathymĂ©trique Navionics du rĂ©servoir Gouin
Tel que mentionnĂ©, le rĂ©servoir est immense et comporte des centaines d’üles. Le territoire se ressemble beaucoup d’un endroit Ă  l’autre et il ne faut pas oublier que le brouillard peut se lever assez rapidement aprĂšs un changement brusque de tempĂ©rature. Le GPS est donc un outil trĂšs utile pour s’assurer de savoir oĂč on se trouve en tout temps, en plus d’ĂȘtre pratique pour marquer des sites de pĂȘche prometteurs. De plus, l’ajout de la cartographie bathymĂ©trique du rĂ©servoir dans ce mĂȘme GPS permet de naviguer de façon beaucoup plus sĂ©curitaire.

Comme tous les rĂ©servoirs du QuĂ©bec, le Gouin est truffĂ© de hauts-fonds et d’üles sous-marines, et en tant que plan d’eau artificiel, son niveau d’eau change aussi d’annĂ©e en annĂ©e. Ainsi, mĂȘme si on passait sans problĂšme Ă  un endroit lors de la derniĂšre visite, il peut en ĂȘtre autrement par la suite et apporter sa part de bris de moteur. La bathymĂ©trie ne fournit aucune information sur le niveau de l’eau et ses modifications successives, mais elle indique clairement les couloirs les plus profonds, et donc les plus sĂ©curitaires pour naviguer. Elle montre aussi les hauts-fonds et les Ăźles submergĂ©es oĂč on peut facilement s’échouer par faible visibilitĂ©.

 

2- Sonar portatif
Quand on voyage par la voie des airs, le poids que chacun peut apporter avec lui est parfois assez limitĂ©. Mais un outil trĂšs utile pour pĂȘcher, peu importe l’endroit, est un Ă©chosondeur portatif. L’appareil lui-mĂȘme est souvent assez petit, et de nos jours il se vend des blocs-piles de petite taille qui sont assez lĂ©gers pour ĂȘtre apportĂ©s avec soi, mĂȘme en aĂ©ronef. Je vous le recommande fortement pour pĂȘcher au rĂ©servoir Gouin.

 

3- Trousse de premiers soins
La pĂȘche n’est pas une activitĂ© trĂšs dangereuse en soi, mais nous avons souvent tendance Ă  oublier d’apporter une trousse de premiers soins quand vient le temps de partir en excursion ou en vacances. Pourtant, lorsqu’on y pense, Ă  la pĂȘche les occasions ne manquent pas pour s’infliger des blessures mineures. On manipule constamment des hameçons ultra pointus, des couteaux et Ă©galement des poissons.

Par exemple, lors de ce voyage, j’ai eu le malheur de m’accrocher l’auriculaire droit sur une seule dent d’un brochet que je tentais de fixer sur notre chaĂźne Ă  poisson. La dent Ă©tait si pointue qu’elle a facilement percĂ© la peau tendre de mon doigt, causant une blessure mineure mais un bon saignement. GrĂące Ă  la trousse de Tim, j’ai pu dĂ©sinfecter la coupure, appliquer un pansement en moins de deux et recommencer Ă  pĂȘcher.

 

 

Fiche technique

La Pourvoirie Air Mont-Laurier Ltée
1788 boul. F. Lafontaine
RiviÚre-Rouge (Sainte-Véronique)
Québec J0T 1T0
Téléphone : 819 275-2794
1 877 875-2794 (sans frais)
Télécopieur : 819 275-3991
Courriel :
info@airmontlaurier.com
Site Web : www.airmontlaurier.com

 

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